Accueil

Le livre

On en parle

Le service militaire

Vos témoignages

Voir aussi

Me contacter










Le vocabulaire   
29/10/2009    

Les bidasses utilisaient entre eux un langage curieux et coloré issu du folklore militaire en particulier et des militaires engagés en général.

Un vocabulaire riche en couleurs 

Une des premières choses qui marque en arrivant au service militaire, c'est le langage. L'armée, et surtout le service militaire c'est une langue à part entière qu'il convenait d'apprendre, ne serait ce que pour connaître les insultes qui tombaient assez régulièrement.

Le langage bidasse, c'était 50% de vocabulaire propre aux appelés, 50% de langage militaire. Les cadres avaient en effet un certain poids dans le vocabulaire utilisé : représentant l'autorité, les plus faibles ne pouvaient s'empêcher de les imiter sans même s'en rendre compte (mimétisme). Il était donc très commun de retrouver dans la bouche de certains jeunes les mots d'oiseaux utilisés par les cadres instructeurs. En somme, les cadres militaires faisaient la mode.

Il est à noter dans ce domaine l'importance des styles verbaux de chaque cadre. Chacun avait sa phrase clé qu'il ressortait le plus possible pour marquer les esprits. La phrase la plus intéressante est certainement celle de ce sergent (un engagé) qui nous répliquait quand on lui disait "mon sergent" à la place de "sergent" (une erreur due au fait qu'il fallait dire "Mon lieutenant...") : "je ne suis pas votre sergent, mon cul ne vous appartient pas". Un vrai morceau d'anthologie...

Les expressions usuelles

Certaines expressions sont incontournables. J'ai essayé d'en mettre quelques unes ci dessous parmi celles que j'ai le plus appréciées.

Zéro dans ta face de bitos Ma préférée... Cette expression était utilisée par les libérables pour exprimer leur joie de terminer le service, par rapport à celui qui le commence (la face de bitos). Un gars me l'a hurlé en plein visage un jour dans une gare : c'était mon dernier jour de service, j'étais plié de rire. On pouvait aussi trouver comme expression : " calvados dans ta face". Calvados étant le nom du département. Son code de département (14) indiquait le nombre de jours restant. L'intérêt pédagogique ici est d'avoir à apprendre les départements français...

Ramenez le papier qui va bien : expression militaire par excellence. Cette expression est utilisée plusieurs fois par jour, dans toutes les circonstances : ranger dans l'armoire qui va bien, appeler au numéro qui va bien, etc...

Combien tu pètes au jus ? Très imagée, cette expression est aussi l'une de mes préférées. En langage clair, celui qui pose la question souhaite savoir combien de jours il vous reste avant la libération. Evidemment, si vous ne connaissez pas la signification, difficile de l'inventer !

Ca vous fera la bite ! Un classique... Cette expression nous était servie pour nous stimuler avant un exercice difficile. Le parallèle entre le service militaire et la "bite" est une chose récurrente à l'armée.

Sortez les doigts de vot' cul ! Superbe image : expression utilisée pour demander aux appelés de se dépêcher. Le plus amusant, c'est que les appelés l'ont reprise pour leur usage personnel : c'est ce qu'ils hurlaient dans les trains de bidasse pour pousser les autres à sauter en marche lorsque l'on arrivait dans une gare. L'armée leur aura au moins appris quelque chose. Après tout, ce n'est pas pire que Loft Story quand on y pense!

Ma parole, il a été fini à la pisse ! Superbe expression qu'un cadre a hurlé en se marrant tout en pointant du doigt un pauvre type qui ne parvenait pas à marcher au pas. Ce jour là, l'armée venait de perdre un peu plus de son crédit auprès de ses appelés. Ce n'était qu'un début.

La bite au cirage Chez certains bidasses, les "anciens" réservaient aux "bleubs" (les nouveaux) un accueil très chaleureux. Le "bleub" était immobilisé tandis que d'autres lui baissaient le pantalon. Les "anciens" maculaient ensuite de cirage la "bite" du "bleub"... Tout un programme...

 




Ce site rappelle l'épopée du service militaire au travers d'un livre témoignage bourré d'humour. A lire de toute urgence !