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Historique   
24/10/2009    

Connaissez vous l'histoire du service national? Depuis son instauration en 1799 et jusqu'à sa suppression, tous les jeunes hommes français étaient intégrés dans l'armée française.

Historique

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, l'idée de l'armée de métier n'est pas si neuve. Si l'armée féodale était constituée de sujets réquisitionnés, ce système n'a pas survécu à la guerre de cent ans. Ainsi, jusqu'à la fin du 18 ieme l'armée était principalement une armée de métier entretenue par le roi grâce à l'impôt. Le soldat était donc principalement un professionnel qui touchait une solde, même si le recours à la réquisition pouvait avoir lieu selon les besoins.

Le recrutement était réalisé par les " sergents recruteurs " qui sillonnaient le territoire à la recherche de volontaires. Les officiers étaient issus de la noblesse, tandis que les soldats étaient issus de la classe pauvre. Ces sergents attiraient les jeunes hommes par de belles promesses d'aventures ou recrutaient plus facilement parmi les paysans exploités. D'autres encore, criminels, s'enrôlaient pour échapper à la potence et en profitaient de leur nouveau statut pour continuer leurs exactions en toute impunité. La solde des soldats est alors maigre. Ils sont souvent obligés de compléter leurs revenus par des vols, ce qui conduit certains bourgeois à leur interdire l'accès à certains lieux publics. Le militaire n'a pas bonne réputation.

Le début de la conscription

En 1798 le général Jourdan instaura le service militaire obligatoire, ce que l'on appela la "conscription". On l'imagine, cette loi fut impopulaire. Les conscrits étaient tirés au sort : les heureux élus gagnaient un enrôlement dans l'armée pour 7 à 8 ans. Il existait un moyen d'y échapper : l'argent. Les plus nantis pouvaient payer un autre pour prendre leur place, au prix d'une somme rondelette pour l'époque.

Les conscrits sélectionnés passaient ensuite la visite d'aptitude, le "conseil de révision": les édentés, les éclopés étaient déclarés inaptes au service. Paradoxalement, cette épreuve du passe du "conseil de révision" revêtait une importance toute autre : ne pas être retenu signifiait aussi que l'on est un "sous homme". Néanmoins, nombreux furent tout de même les subterfuges pour ne pas partir : mutilations volontaires, prières, pèlerinages, ou... la désertion !

Déjà à cette époque, les réfractaires étaient nombreux : les autorités leur firent une chasse sans pitié. La plupart préfère s'enfuir à l'étranger, ou préfère mener une vie clandestine pleine de risques. Ces derniers grossirent les rangs des bandits errants.

La guerre de 14/18 : un électrochoc

La grande guerre fut un exemple assez horrible de l'utilisation faite des conscrits. On a du mal à imaginer ce que ces jeunes hommes ont vécu dans le fond de leurs tranchées, courant vers une mort certaine à chaque assaut.

Leur sacrifice a été possible pour plusieurs raisons : la fibre patriotique attisée à l'école et par le clergé, le sens du devoir et de l'obéissance, un formidable courage, mais aussi l'absence de tout autre choix : les exécutions sommaires de soldats ayant refusé d'obéir ont été nombreux.

 L'utilisation faite des conscrits pendant la grande guerre a été un grand gâchis humain. Commandés par des généraux d'un autre âge, certains régiments d'appelés ont été envoyés à une mort certaine au cours d'assauts sans espoir. Avec le recul, on comprend que les appelés représentaient un vivier important dans lequel l'armée pouvait puiser sans état d'âme pour compenser ses insuffisances matérielles,

Cette première guerre a certainement inspiré le général de Gaulle qui publia en 1934 un ouvrage intitulé "vers une armée de métier". Il y explique sa vision d'une armée mécanisée (char, avions, ...) et surtout composée de professionnels aguerris.

La conscription moderne 

Les conditions des appelés, ainsi que la durée du service a bien changé depuis les premiers jours de la conscription. 1905 : passage du service à 2 ans, puis à 3 ans en 1913 en préparation de la guerre. En 1928, le service revient à 1 ans pour finir finalement à 10 mois dans sa version moderne.

Et les réfractaires ? Juste que là traités en déserteurs et jetés en prison, une loi spéciale est promulguée en 1963 : les réfractaires sont désormais appelés "objecteurs de conscience". Elle permet à quiconque refusant de faire un service militaire (porter les armes, l'uniforme, ...) de faire un service civile dont la durée était doublée.

Parallèlement au service militaire se développèrent des possibilités de services civiles en coopération à l'étranger. Pendant quelques années, à l'époque de la micro informatique grand public (l'époque des TO7 et de l'informatique pour tous à l'école), un poste de "formateur informatique" avait été même proposé pour être finalement rapidement supprimé.

Mais pour beaucoup d'entre nous, le service militaire fut une longue période pendant laquelle nous nous sommes vus confier des tâches subalternes que les engagés ne souhaitaient pas faire eux mêmes: le ménage, le classement, les gardes ... Le service aura été pour nous un long stage photocopieuse/balai/nettoyage/coursier de dix mois.

Le piston

Les partisans du service militaire mettent en avant l'aspect républicain du service : le service doit impliquer toute la population masculine quelque soit la classe sociale et doit être par là même une occasion unique de brasser les genres. Malgré le fait que le service militaire ait été instauré avant tout pour avoir de la chaire à canon à volonté pour les nombreuses batailles du fin du 18ieme siècle (civiles et nationales), ces sentiments sont en effet honorables.

 Malheureusement, le vent républicain n'a pas toujours soufflé sur le service militaire et nombreux ont été les passes droits pour choisir un lieu d'affectation agréable ou prestigieux, une fonction honorifique et confortable. L'astuce ne consistait pas à être le neveu d'un général, mais plutôt à être le copain d'un officier ou même d'un sous officier rattaché à l'incorporation. C'est ainsi que tandis que certains étaient envoyés en Allemagne, d'autres effectuaient un service militaire de pure forme, en civile, à quelques kilomètres de chez eux.

Si le piston pouvait vous propulser au paradis, il pouvait aussi vous envoyer en enfer. J'ai moi aussi tenté d'activer un piston (hé oui !)... Hélas, lorsque la mécanique a des ratés, vous pouvez craindre un retour de piston... ce qui a certainement expliqué mon départ à 600 Km de chez moi ! Comme quoi, il y a tout de même une justice !

La fin de la conscription

C'est le 28 mai 1996, le président Jacques Chirac annonça la fin du service militaire obligatoire. Les derniers conscrits sont sortis des casernes quelques mois plus tard, avec un peu d'avance sur le calendrier : les sursitaires se sont organisés autour de l'association "sans nous" pour ne pas être les derniers dindons d'une farce difficile à avaler.

Cette décision a été saluée par toute la classe politique. Elle s'est effectuée dans une période d'embellie économique, à un moment où le taux de chômage diminuait de lui même : coïncidence? En effet, le service aura été pendant longtemps une façon pratique de baisser artificiellement le taux de chômage des jeunes. Même en situation précaire du fait de la faible solde, les bidasses n'apparaissaient plus dans les comptes de l'ANPE.

Il reste encore ici et là quelques poches de résistances de personnes regrettant l'abandon du service militaire. Pourtant, sur un plan strictement militaire, l'arme gagne en qualité. Si les armées de conscrits apportent des effectifs importants, elle pêche cependant par la discipline et la valeur technique. L'armée de professionnel en comparaison est de plus grande valeur et de meilleure efficacité. Le problème est que pour beaucoup, le service militaire n'est pas qu'une affaire d'armée...

Une chose est sûre : ceux qui doivent s'en plaindre le plus sont les militaires engagés. Les appelés qui étaient chargés de toutes les tâches ménagères n'ont pas été remplacés par des femmes de ménage : beaucoup de sous officiers acceptent mal, aujourd'hui, de faire eux même le ménage de leur bureau. La vie est dure...




Ce site rappelle l'épopée du service militaire au travers d'un livre témoignage bourré d'humour. A lire de toute urgence !