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2 Comment as tu commencé les arts martiaux ?
A 6 ans, mon père qui avait pratiqué le judo m'y a inscrit, j'ai toujours pratiqué depuis, uniquement des arts martiaux, quasiment sans discontinuité.
3 Date à laquelle tu es rentrée dans notre école
J'ai rencontré Maître Hong Sac Kim par l'intermédiaire d'un de ses élèves asiatique (Pao Xiong) en novembre 1990.
4 Quel sont tes grades actuels ? Officiels ou autres ?
3ème degré Long Ho Hoi, 2ème dans Viet Vo Dao, 3ème degré de Kung Fu, 2ème degré de sambo, maîtrise de défense personnelle, actuellement en formation DIF et 1er Kan en boxe Thaïlandaise (FFMDA).
Quel est ton temps de pratique dans ta discipline ?
Je pratique le Long Ho Hoi depuis environ 15 ans.
5 Quels sont tes motivations actuelles ?
Maïtre Kim disait "Vo aider l'Homme", les arts martiaux font parti de moi depuis toujours, ils m'ont aidé à tous les âges de la vie et continueront à m'accompagner jusqu'au bout, grâce à l'enseignement de mon maître.
6 Quels sont les événements qui t'on marqué dans les arts martiaux, dans ta vie
Mille et un évènements ont marqué ma vie de pratiquant, mais au delà d'un souvenir ponctuel et particulier, c'est l'ouverture sur le monde, les différences, la sagesse que cela apporte, les valeurs de respect et de tolérance, l'expérience, la connaissance de soi et des autres qui me marquent dans la pratique des arts martiaux.
7 Tes techniques préférées, ton entraînement particulier, tes armes favorites, un spécial que tu affectionnes particulièrement ?
J'affectionne le travail des jambes, un spécial serait le high kick jambe gauche que je travail avec des lestes aux pieds, pratique d'entraînement que j'ai développé. Pour les techniques traditionnelles, je travail le durcissement des orteils et pique au "dan dien", le 1er quyen est mon fétiche.
8 Quels conseils peux tu donner aux débutants ?
Si je m'adresse à ceux de notre école, qu'ils pratiquent avec passion, courage et persévérance, car la méthode et les enseignants sont excelents, leur motivationsfera le reste; pour les autres, le 1er problème est de choisir une bonne école, quelle que soit la discipline qu'ils choisissent.
9 Quel est votre surnom et d'ou vient il ?
Au club, mon surnom a toujours été "chaba", avec le recul, je pense qu'il était surtout affectif, car j'ai toujours fais en sorte d'être proche des élèves, de démystifier la relation enseignant-enseigné afin d'être accessible. Le respect pour moi s'acquiert sur le tapis par la pratique commune et la pédagogie.
10 Pratique-tu toujours ?
Toujours et toujours, plutôt le ngoai công, l'aspect externe actuellement sous la forme de la boxe Vo Tu Do - Muay Thaï que j'enseigne 3 fois par semaine.
11 Quels sont tes responsabilités dans l'école ?
Responsable de la section de Belle Ile, je me sens aussi responsable de la transmission des valeurs et des techniques Long Ho Hoi.
12 As tu déjà eu à utiliser tes connaissances dans un cadre de self défense ?
Ma pratique des arts martiaux m'a permis de "désamorcer" sans avoir à passer à l'acte des situations qui allaient dégénérer, d'intervenir pour mettre fin à des conflits sans que j'en sois à l'origine.
13 Que penses-tu de la pratique de la compétition dans les arts martiaux ?
Je pense que c'est un passage utile dans une vie de pratiquant, cela motive les jeunes, mais que l'on gagne ou que l'on perde, le rôle du professeur est essentiel pour accompagner le pratiquant compétiteur, afin de l'aider à "prendre du recul" pour ne pas avoir la grosse tête, ou au contraire s'il perd, à ne pas trop accuser le coup : c'est du sport, non l'art martial, ça ne doit pas être l'unique motivation pour pratiquer, le fond n'est pas là....
14 Que penses-tu de la tendance actuelle des arts traditionnels à s'orienter massivement vers une forme sportive et/ou compétitive ?
La compétition à toujours existé, au Vietnam dans les années 1920, notre maître a combattu lors des championnats de l'Indochine de Boxe Libre.. Ce qui m'inquiète ce serait plutôt les effets homogénéisateurs des nouvelles modes telle que le K1 et le MMA car les pratiquants des styles traditionnels sont de + en + tentés par ces pratiques qui gomment les différences faisant la richesse des Arts Martiaux.
15 Que penses-tu de la pratique des enfants ?
Les arts martiaux nous accompagnent à tous les âges, de l'enfance à la vieillesse, la pratique des enfants si elle doit être progressive et adaptée est naturelle et légitime.
16 As tu déjà connu des problèmes de motivation pour aller à l'entraînement ? (syndrome du "ce soir j'ai vraiment pas envie")
J'ai connu des périodes de doute, le doute questionnait le sens de ma pratique, la pratique de al compétition n'y était pour rien...Maintenant à 30 ans la question est résolue.
17 As tu eu ou as tu des modèles dans ta pratique, des exemples, des personnages auxquels tu aimerais ressembler ?
J'estime et admire plusieurs personnes dans le monde des arts martiaux, de tous les âges et toutes les disciplines, j'ai rencontré de nombreux maîtres, experts, champion mais mon modèle reste mon défunt maître Hong Sac Kim pour qui j'ai la plus grande estime.
18 Tes conseils pour un livre, une vidéo parce que tu penses qu'elle peut améliorer la compréhension ou la progression ?
Afin d'améliorer la compréhension et favoriser la progression des pratiquants, je ne proposerais probablement pas une référence dans la littérature spécialisée des arts martiaux, mais d'autres lectures plus philosophiques. Afin de ne pas avoir à le faire, je dirai ceci : "pratiquez d'abord, c'est comme cela que l'on comprend"..
19 Que pense-tu de la démarche consistant à étudier plusieurs styles différents d'arts martiaux ?
Je suis pour l'ouverture sur les autres, même si je pense que tous les styles ne sont pas équivalents.
20 Quel art martial aurais tu aimé pratiquer si tu n'avais pas pu pratiquer celui que tu étudies aujourd'hui ?
J'ai toujours rêvé pratiquer un style traditionnel auprès d'un grand maître, c'est chose faite, quasi quotidiennement pendant 15 ans, à présent, j'enrichi cette expérience.
21 Penses-tu que l'accès à l'information (Internet, revues, rencontres amicales, ?) Peux améliorer le niveau de pratique des arts martiaux ?
Certainement, par ailleurs, cela nécessite une guidance par une personne compétente car on peut se perdre dans toutes ces informations, surtout les débutants.
22 Que penses-tu de la pratique des armes dans les arts martiaux modernes ? A t elle encore lieu d'être ?
Comme la culture les arts martiaux évoluent, c'est le processus qui questionne le sens dans pratiques dans leur contexte social, néanmoins, les armes font parti des AM, il s'agit de perpétuer la tradition.
23 Peux tu s'il te plaît, décrire pour nos lecteurs un exercice, un truc permettant d'améliorer un mouvement ou d'affiner.
Au delà des trucs, ce que j'aimerais faire passer aux lecteurs, c'est le nécessité d'interroger le sens de sa pratique, en se posant la question du pourquoi on pratique, comprendre ses réelles motivations pour mieux progresser.
24 Une qualité utile dans la pratique ?
Humilité, persévérance.
25 Quel conseil peut tu donner à un pratiquant d'art martial pour progresser dans sa discipline ?
Voir réponse 23 .
26 Quel est selon toi l'avenir des arts martiaux ?
C’est une question extrêmement complexe, et c'est avec modestie et humilité que je me risque à tenter une réflexion :
Je vois les arts martiaux comme des "pratiques culturelles", ils doivent correspondre à la société de laquelle ils émanent, il s'agit de la fonction sociale des pratiques martiales. Pour moi ce n'est pas un hasard que les UFC aient émané de la société Américaine, je les vois comme un symptôme de cette société violente et inégalitaire. Si les arts martiaux sont des pratiques culturelles, ils sont voués à évoluer en même temps que les sociétés dont ils sont issus. Ainsi, ils est légitime de questionner comme nous l'avons fait plus haut, la place des pratiques d'armes dans les arts martiaux modernes; en effet, quel sens y a t'il à pratiquer la hallebarde ou les doubles sabres en France en 2006 ? Sur un plan de la self défense, cela n'a aucun sens, car nous n'avons pas ce genre d'armes dans la rue, l'unique sens est de vouloir préserver ces pratiques, ne pas les oublier... Nous en avons déjà tellement oublié, Je ne me fais aucune illusion sur l'avenir à long terme de ces pratiques.
D'autres part, les arts martiaux subissent des influences : par exemple celle des grandes organisations professionnelles telle que le K1, Pride , MMA, UFC ...
Or qu'est ce que le K1 sinon la mise en scène spectaculaire (donc médiatique et rentable) des disciplines pieds - poings ! loin de n'être qu'un simple show, le K1 est en passe de devenir une discipline à part entière, homogénéisante, car faisant en apparence la synthèse des disciplines pieds poings.
Sans jugement, on peut faire le constat que de nombreux styles se sont récemment mis au combat au sol. Je pense qu'on peut y voir les effets d'une force d'homogénéisation issus du combat libre et qui fait complexer ceux dont la pratique martiale n'inclue pas, à l'origine, le combat au sol.
Une autre influence homogénéisante majeur est portée par l'olympisme : pour être reconnu discipline olympique, un art martial doit apparemment faire "peau neuve" des "pratiques archaïques" , comme l'existence en son sein de différentes écoles, différents styles, avec des particularismes techniques affichés. Non !! il faut que tout le monde fasse pareil, pratique les même techniques autour des mêmes règles de compétitions sportives.
Ne voyez aucun jugement de valeur dans mes propos, ce sont ceux de quelqu'un qui a eu la chance de rencontrer un maître au sens traditionnel, asiatique, du terme, et dont la formation sociologique permet, à travers certains concepts, de réfléchir les pratiques culturelles dont font parti les pratiques martiales.
En sociologie, on dit que la culture est un processus évolutif, les arts martiaux sont issus des sociétés humaines, pour perdurer, ils doivent avoir du sens, avoir une fonction sociale au sein de ces sociétés. Ce qui me semble caractéristique de l'évolution moderne des arts martiaux, c'est la tendance) l'homogénéisation (négation des différences techniques au sein des disciplines, négation de la notion d'école ou de style, catégorisation arbitraire des disciplines et cloisonement de celles ci), cette homogénéisation me semble résulter des influences des organisations professionnelles médiatiques et de la volonté de tendre vers l'olympisme.
Pour conclure je répéterai qu'il ne faut voir aucun jugement moral ou de valeur dans mes propos, mais une simple tentative de constat; je ne suis pas naïf et peux comprendre l'intérêt d'une discipline martiale de devenir sport olympique.
Pour ne pas disparaître, les pratiques martiales doivent évoluer, d'autres époques ont connu différents paradigmes, comme au 19ème siècle, le passage du jutsu (ou art de la guerre) au do (la voie) pour les arts martiaux japonais. Nous nous situons peut être à une époque de transition.
Amitiés martiales
SC.
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