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 Les grands maîtres de l'art martial vietnamien http://www.vn.refer.org/vietn_ct/med/courrier/8581426.htm
L'art martial vietnamien est comme une jungle mystérieuse, peuplée d'anecdotes légendaires sur les exploits et les activités des grands maîtres. Malgré leur portrait mystique, ne sont-ils pas simplement des hommes qui ont su génialement combiner le prodigieux au simple quotidien ?
Maître Lê Kim Hoa: Semailles et récoltes
En 1990, maître Le Kim Hoa, chef du Comité des disciplines martiales traditionnelles de Hô Chi Minh Ville fut invité à Minsk pour des stages d'entraînement. Son premier cours a réuni un assez grand nombre d'adeptes, venus des républiques CEI et pour la plupart haut gradés des arts martiaux coréens, japonais et chinois. Le Kim Hoa a déployé des techniques et des prises de maître pour faire leur conquête un par un, en un temps record. Peu après, avec sa renommée grandissante, des centaines d'adeptes se sont joints au cours. Un "événement " , que plusieurs journaux de Minsk ont relaté. Outre les disciplines de combat, le cours comprenait l'initiation à l'histoire, la tradition et la morale vietnamienne.
Ces premières semences ont évolué en plus de 30 cours de disciplines de combat traditionnel vietnamien dans les pays CEI. Les pratiquants viennent régulièrement chaque année au Vietnam pour des stages de perfectionnement. Maître Le Kim Hoa était invité à venir dans les républiques CEI pour des cours d'entraînement de 1 à 2 mois. Il est un des rares hommes à pouvoir savourer les récoltes de ses semences.
Maître Minh Canh: un champion invincible
Actuellement âgé de plus de 70 ans, maître Minh Canh vit retiré dans une modeste maison à Ho Chi Minh Ville. A 23 ans, Minh Canh fut déjà célèbre au club "Foyer Soldats " pour ses uppercuts de gauche et ses directs de droite foudroyants, mettant K.O l'adversaire. En cette époque,il participa au championnat de boxe d'Indochine. Aux compétitions organisées successivement à Phnom Penh et à Hanoi, il remporta la victoire par K.O sur Kim Sang (champion du Cambodge en poids coq), puis sur Pannuti (légionnaire, champion du Nord Vietnam) en finale, devenant champion de boxe d'Indochine.
Minh Canh remporta ensuite des victoires face à des boxeurs de renom, tels Minh Thanh ( cambodgien d'origine vietnamienne), Campagna ( "le diable " de Corse), Jean Léon des Philippines...
Il réalisa son dernier combat en 1973 à Vung Tau, à l'âge de 51 ans, face à un boxeur australien de 72 kg. Dans une atmosphère assez tendue, Maître Minh Canh monta sur le ring. Après 2 rounds en défense, il entra en contre-attaque et mit son adversaire K.O par un coup direct du droit, sous les applaudissements frénétiques du public. Ainsi s'est déroulé le dernier combat de Minh Canh, champion de boxe invaincu du Vietnam.
Maître Tran Tien: Un passé d'exploits.
Dans sa jeunesse, maître Tran Tien a voyagé à travers toute l'Asie du Sud-Est, montant sur plusieurs rings et remportant la victoire sur maint adversaires de renom: boxeurs de Malaisie grisés de violence, habitués aux coups de jambes portés aux jambes de l'adversaire, qu'on ne peut vaincre que par des coups de contre-offensive portés brusquement sur leurs points faibles; boxeurs thaïlandais aux coups violents, aux kick-boxings caractéristiques, ne s'avouant vaincus que par K.O; boxeurs singapouriens aux techniques de combat démonstratives...
A Singapour, Tran Tien se mesura à Tieu Lam Xung, un boxeur "au poing de fer " pouvant casser une planche de bois épaisse de 5 cm. Il utilisa le jiu-jitsu, la technique "hau quyen " (la boxe du singe) pour le "verrou " , puis, par surprise, passa à la prise "xa quyen " (la boxe du serpent), mettant K.O l'adversaire. Le combat de revanche, proposé par Tieu Lam Xung et prévu pour 1938, dût être annulé à cause de la guerre imminente.
Tran Tien retourna au Vietnam et participa à la Résistance en tant qu'instructeur de commando. Après la Libération du Sud, il fut désigné à participer à l'oeuvre de résurrection des disciplines de combat ancestrales. A sa retraite en 1981 il fut encore invité au Cambodge comme instructeur pour l'armée jusqu'en 1989.
Aujourd'hui, à 85 ans, ce vieillard encore leste se roule sur le sable pour entraîner ses adeptes, venus de France, d'Italie et de Russie.
Maître Mai Van Phat: un bonze vénérable de l'école d'art martial Thieu Lam Trung Son.
A près de 80 ans, maître Mai Van Phat est en très bonne santé. Il habite dans la pagode Long Hoa, cumulant à la fois les fonctions de bonze-serviteur du Bouddha, de médecin traditionnel, et d'entraîneur de combat.
Dans sa jeunesse, Mai Van Phat a passé plus de 10 ans d'entraînement sur la montagne That Son, puis a voyagé dans le pays, montant plusieurs fois sur le ring.
En 1960, après une longue période d'instruction aux adeptes, maître Mai Van Phat développa un système de disciplines de combat et fonda l'école d'art martial "Trung Son Vo Dao " . Avec le temps, Trung Son Vo Dao s'avéra être une des très rares écoles d'art martial à entraînement efficace, réunissant un grand nombre d'adeptes. Maître Mai Van Phat a participé à l'Association générale de la boxe libre (boxe aux poings non gantés) du Vietnam, en 1964, avec la collaboration des grands maîtres Tam Kien, Tu Thien, Long Hô Hoi, Kim Ke, Quach Phuoc... Il a contribué à la création de l'Association générale des Arts martiaux du Vietnam.
Maître Luu Kien Xuong: "un corps en bronze et une peau d'acier "
Tout habitant de Cho Lon (Saigon) a plus ou moins entendu parler de maître Luu Kien Xuong et de son groupe Nhon Nghia Duong, avec leurs démonstrations de "noi cong " (force interne). Ce sont des spectacles époustouflants où les "artistes " se laissent piquer les yeux de 6 lances à la fois, se laissent passer une moto sur le corps, couchés sur des pointes d'acier, se font casser au marteau un bloc de pierre de 50-60 kg posé sur leur tête....
Pour franchir "les 12 assises de force interne ", maître Luu Kiem Xuong a dû passer par différentes étapes d'entraînement. Dans son analyse sur les méthodes d'entraînement, maître Luu Kiem Xuong a suggéré la méthode "Thiet bo sam " pour avoir la "peau de fer " , la méthode "thiet dau cong " pour une "tête de fer " , la méthode "thiet sa chuong " pour les "poings d'acier " et la méthode "Dai luc than cong " , ou "Cuu dau long " (le dragon à 9 têtes), pour avoir la force de porter 8 personnes....
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