 |  | Un festival qui grandit
Les 2, 3 et 4 décembre 1999 // 20 000 spectateurs // Cité : 70 et 100 frs // Liberté : 110, 140, 130 et 150 frs Accueil public et professionnel au Village Trans Musicales, esplanade Charles de Gaulle. MDQ Villejean, Le Triangle, l'Antipode : 20 et 40 frs. // Ubu : du 20 novembre au 1er décembre, Spirale Trans / Infos Zone - Gratuit. // Carte Pass Trans : 400 frs pour la totale // Bar en Trans (concerts gratuits à l'heure de l'apéro dans 20 cafés de la ville) |
Villejean 464 entrées | Liberté 13264 entrées | Antipode 566 entrées | Le Triangle 697 entrées | Cité 857 entrées |
Il existe sur les Trans un système de badges professionnels donnant accès sans délivrance de billets à toutes les salles. De même, les techniciens et musiciens ont accès à tous les lieux. Il convient donc de rajouter à chaque chiffre de fréquentation un certain nombre de ces personnes.
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Récapitulatif fréquentation
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Billetterie
15848 entrées | Pass Payants
4390 entrées | Accréditations
5258 entrées | Billeterie Coproductions
1379 entrées | Info Zone (entrée gratuite)
2570 entrées | Village (entrée gratuite)
9000 entrées |
Festival au quotidien - Playlist source : Technikart - Décembre 1999 Ses coups de coeurs nous intéressent.
 © Alain Roux |
Jean-Louis Brossard, Créateur des inoubliables Transmusicales de Rennes, il nous livre les cinq lives qui ne l'ont pas fait regretter d'avoir lancé ce grand raout en 1979. Portishead"Salle de l'Ubu, juste 500 places, 1994. Ils venaient de sortir leur premier album, le buzz enflait. Beth Gibbon s'est pointée avec une classe fabuleuse. Leur concert a duré trois-quarts d'heure. Le public les a applaudis à tout rompre. Je suis allé les trouver à genoux : revenez ! Ils ont finalement accepté de jouer un morceau de plus. Magique." Fishbone"C'est la première fois que ces Américains venaient en Europe. Comme ils arrivaient de loin, on les gardait trois jours. Ils ont provoqué une sacrée sensation dans les rues de Rennes avec leur look lincroyable et en live ou ils dégagaient une puisssance phénoménale." Nirvana"1991 : je les ai bookés fin-août, juste à la sortie de "Nevermind", pour pas cher. Quand ils sont arrivés en décembre, c'était un phénomène mondial. Ils étaient au bout du rouleau. Kurt Cobain dormait tout le temps - l'héroïne n'arrange rien. Leur concert a pourtant été extraordinaire : Ils ont ensuite annulé toute leur tournée." Invisible Scratch Pickles"En 1997, avec Q Bert c'était rigolo de les voir bichonner leurs platines, se frotter les doigts. Un grand spectacle, vraiment nouveau. Avec leurs trois platines, ils parviennent à amener des choses autres que normales..." Jon Carter & Justin Robertson"Carter, c'était en 1997, un set presque disco. Des jeunes de Rennes l'ont branché, il ne s'est pas dégonflé et a organisé une joute de danse hip hop. Robertson c'était en 1996 : il a joué de 10h à midi : un set très funky, dansant. On ne voulait plus clore le festival." |
Festival au quotidien - Béatrice Macé Raconte source : Musique Info Hebdo - 10 Décembre 99 "Béatrice Macé, 42 ans, présidente de la Fédurock et administratrice des Trans Musicales de Rennes, raconte son parcours à quelques heures de la clôture de la 21e édition d'un festival dont elle a connu toutes les évolutions."
Pas facile d'obtenir un rendez-vous selon nos règles avec les responsables des Trans Musicales. Jean-Louis Brossard, programmateur, et Béatrice Macé, administratrice, doivent faire don d'ubiquité pendant ces trois nuits de Transes Musicales où les sollicitations et les problèmes à régler sur le feu sont légion. Il eût été envisageable un temps de croquer un portrait croisé entre ces deux personnages qui semblent être la meilleure définition de la complémentarité. Doit-on pour autant se fier aux apparences et affirmer que Brossard serait l'àme artistique et festive du festival, pendant que Macé incarnerait la gestion et la raison nécessaire à toute entreprise économique viable. Les choses heureusement ne sont pas si simples puisqu'il s'agit de retourner à la genèse de leur rencontre à l'université où ils purent assez vite mettre en commun leur passion pour la musique : "C'est le genre de relation très simple, qui a été immédiate dans sa façon de fonctionner. II n y a pas eu d'apprentissage dans la relation. L'énergie qui nous liait était la même. Et cela a été pareil lorsque Jean-Louis et Hervé Bordier se sont rencontrés. L'évidence s'imposait : nous avions des choses à faire ensemble..."  © Alain Roux |
Le fleuveA l'heure où ton parle de vocation, Béatrice Macé avoue volontiers qu'au moment de réussir son bac, elle se voyait archéologue : "Arrivée en fac je me suis rendu compte que cette passion n'était pas très enracinée. Au moment de recevoir la documentation pour m'inscrire à l'université, j'ai été très séduite par le laïus concernant la linguistique structurale. Cette filière correspondait exactement aux questions que je me posais. Comprendre les mécanismes qu'on ne voit pas mais qui existent." Béatrice Macé revient sur son milieu familial qu'elle qualifie "d'un peu bourgeois", avec une atmosphère parfois pesante et qui la poussait naturellement à être très interrogative "Quand j'étais gamine, j'ai toujours été considérée comme la plus mal élevée de toute la famille parce que j'intervenais toujours dans toutes les discussions, cherchant toujours à savoir et surtout à comprendre". Comprendre, telle est la question qui pousse Béatrice Macé à s'intéresser en premier lieu au langage et à tous les mécanismes qui révèlent (invisible, ce que fora sent et qui s'identifie pourvu qu'on prenne le temps de chercher. Parallèlement, Béatrice Macé s'implique dans Terrapin (association d'Hervé Bordier, du nom d'une chanson de Syd Barrett, qui organise des concerts sur Rennes. Elle s'y investit dès 1977 jusqu'au moment où fassodation rencontre des problèmes financiers et qu'ils dérident d'organiser un concert de soutien à l'association avec tous les artistes qu'ils avaient programmés jusqu'alors. Ainsi, sans le savoir, le 14 et 15 juin 1979, sont nées à la salle de la Cité les premières Trans Musicales. Devant le succès de l'aventure, Jean-Louis, Hervé et Béatrice décident de réitérer (histoire sans d'ailleurs y accoler le terme de festival : "Le mot festival ai venu de l'extérieur lorsque nous avons commencé à faire venir des groupes étrangers. Pour leur expliquer le concept-faire une programmation d'artistes encore peu connus ou inconnus, sur quelques jours - nous en sommes venus à dire festival." Dans la valléeAinsi Béatrice Macé s'immerge dans un monde qui la séduit tout de suite : dans ce milieu, ce qui m'a plu, c'est l'énergie, le mouvement la liberté d'action. En fait c'est davantage l'ambiance que la matière musicale en elle-même. "Les Transmusicales peu à peu vont grandir, de la scène rennaise, puis régionale, française à la diversité européenne, avec parfois le danger de friser une aventure qui ressemblerait à une usine à gaz : "C'est notre préoccupation constante d'année en année on se pose la question et toute l'équipe a envie de maîtriser l'évolution de ce festival. C'est ce qui explique qu'on ne fasse plus de rave avec 14000 personnes et que l'on cherche à retrouver une certaine chaleur humaine." Comment aussi ne pas évoquer le départ d'Hervé Bordier en 1996 qui soudain brisait l'idée de ce trio fondateur des Transmusicales : "Hervé est parti pour d'autres raisons. Il quittait Rennes avec l'envie de vivre autre chose, sans désaccord majeur avec nous. La musique n'est pas sa seule envie. Si nous sommes restés, c'est que nous n'avons pas fini de tout dire à travers cette aventure." Et puis, il y a cet attachement viscéral de Béatrice pour sa ville : "Rennes est une ville où l'on peut faire beaucoup de choses. A la fois grande et petite, proche de la mer et située sur une terre particulière, forte, chargée avec des milliers d'identités puisqu'il y a des tas de façons d'être Breton." Une affirmation qui ne confine pourtant pas à un militantisme régional : "Il est important que les populations puissent pratiquer leur langue et leur culture sans entrave et de lutter contre la gestion jacobine de ces questions par l'Etat français. Mais je ne suis pas pour autant dans la cause." La ville que j'ai tant aiméePeur du ou des drapeaux et des slogans, Béatrice Macé harponne la démesure qui accompagne souvent l'acte militant et conduit souvent et fatalement à l'enfermement, à une rupture, un isolement qui est un peu de la perte de sa propre liberté. Une affirmation qui vient contredire légèrement les différentes fondions qu'elle occupe à la Fédurock ou récemment à la présidence d'un des groupes de la Commission nationale des musiques actuelles : lorsqu'on réside 10 ans dans un projet on risque l'enfermement si l'on, ne s'ouvre pas vers l'extérieur pour se confronter à d'autres réalités et dynamiques que la sienne. Encore une fois ma motivation c'est comprendre, avant de juger." Quitte à risquer les déceptions lorsque Béatrice Macé constate que le ministère de la Culture n'a pas su enclencher une dynamique de concertation après la remise des travaux de la commission. Mais aussi beaucoup de plaisir à prendre les rênes de la Fédurock : "Je me sens plus proche des salles que des festivals." II se pourrait qu'on puisse parier encore des heures, mais la soirée de clôture se profile avec l'espoir d'emmener le public vers cette nouvelle diversité parfois risquée de styles et de rythmes qui forgent le sel de toutes les nouvelles musiques. Et ce soir, qu'importent les derniers chiffres de fréquentation qui tomberont aux alentours d'une heure du matin... Ce n'est donc pas l'administratrice qui va naviguer sur le site : "Je considère que Jean-Louis Brossard est un peu le décorateur et moi l'architecte", mais l'ordonnatrice d'une philosophie des contraires à inventer au quotidien. La transgestion dans une ruche d'utopies... |
Didier Varrod
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