InfoMatin : En mettant l'accent sur les nouvelles musiques, le risque est-il plus important que les années précédentes?
Hervé Bordier : La techno est présente depuis trois ans, mais il est clair que cette année beaucoup de gens vont encore se demande ce que sont les Trans'. Il faut bien qu'à un moment ou à un autre public français soit confronté à des DJ sur une scène. Avec eux la perception de la musique a changé et le concept du concert classique, où l'on regarde passivement des musiciens, est dé passé.
Hervé Bordier: Certains musiciens de rock regardent leur pompes pendant deux heures. Les platines sont des instrument : comme les autres et les gestes des DJ sont très esthétiques.
InfoMatin : Comment décidez vous de la programmation?
J.-L. B. : Notre pari est de programmer exclusivement des gens que nous aimons, même si parfois nous devons nous battre.
InfoMatin : Quelles différences entre l'attitude des groupes rock et celle des formations techno ? H. B. : Dans la techno, la starification n'existe pas. Les infrastructures (managers, attachés de presse) non plus. Les DJ maîtrisent eux-mêmes leur planning. Si tu réserves un billet d'avion deux mois à l'avance pour un DJ, il te fera changer six fois le plan de vol. Un jour il est à New York, le lendemain il sera au Japon d'où il repartira pour Berlin.
InfoMatin : Pourquoi les groupes rock tombent-ils tous plus ou moins dans le revival ?
H. B. : Parce qu' il n'y a plus rien d'autre. Les néo-punks, c'est du pur business. Nous avons privilégié des groupes qui jouent vite, fort. Avec leurs tripes. Mais ne me faites pas dire que le rock est mort. Il est cyclothymique et, aujourd'hui, il se mord la queue. Personnellement je n'écoute plus de rock. La pop anglaise m'ennuie.
InfoMatin : Quelles difficultés avez-vous rencontrées pour votre soirée Planète où vingt DJ doivent se succéder?
H. B. : Du matériel arrive d'Angleterre ou d'Espagne. Certains veulent une mixette spéciale, d'autres des platines qui n'existent qu'aux Etats-Unis. Un vrai bonheur d'organisateur !
InfoMatin : Les forces de police ont-elles émis des réserves sur l'organisation de cette soirée?
J.-L. B. : Non, car nous travaillons avec eux depuis longtemps. Ce que je redoute le plus, ce sont tous ces mômes qui avalent des saloperies en croyant prendre leur premier ecstasy... Si les DJ que nous avons invités ont pris de l'esctasv à une époque à une époque, tous ont arrêté. Aux - Pays-Bas, devant certaines boîtes - de nuit, le public peut trouver des testeurs qui mesurent la qualité des produits. Malheureusement, la loi française ne permet pas de le faire ici. Pour prévenir tout accident, il y aura cent cinquante personnes affectées aux équipes - médicales ou de sécurité.
InfoMatin : A chaque édition, le petit jeu consiste à sortir la révélation de l'année. Quels sont vos pronostics?
H. B. : Ce n'est pas notre problème. C'est celui des médias. Lorsque nous avons programmé Nirvana, beaucoup de journalistes les ont trouvés nuls. Mais qu'attendaient-ils d'autre que trois types qui se donnent à fond sur une scène? Que Kurt Cobain se - suicide sur scène?." |