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Coups de coeur - The Orb
source : Hyacinth N°10

55x91"The Orb fut tout d'avord un rendez-vous manqué pour beaucoup, le duo 'crust-ambient' étant passé pratiquement avant l'ouverture des portes, faisant écho à une salle quasi-vide. Dommage."


Coups de coeur - Dick Nixons
source : Abus Dangereux - Fév. Mars 1993
"La surprise (c'est peu dire) du maire de Rennes a été grande quand les Dick Nixons lui ont offert "la clé de l'Amérique", au nom du Président Nixon.

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Ces quatre quadragénaires texans jouent le jeu jusqu'au bout du bout et ont donné à ces transmusicales un petit air d'absurde. Car les Dick Nixons, pris dans leur délire au quatrième degré, affirment militer pour Richard Nixon et pour personne d'autre... et n'en démordent pas une seconde. Durant toute la semaine, traînant les salles de concerts, de presse ou les rues de Rennes, "Charles the Prez" Leftwing et "Cowboy" John Radical n'ont communiqué entre eux qu'au moyen de casques talkie-walkie intégrés, même à un mètre l'un de l'autre. La scène est pavoisée de drapeaux. John en cow-boy de foire, chante Kirk "The Jerk" Sprinstone, en chemise bleue, cravate bavoir et pantalon de tergal, joue de la voie et de la basse et Skip, le hippie, tape sur ses bidons. Une infortunée spectatrice remplacera un moment la cymbale, Kirk se fera éclater une guitare sur le crâne par John qui s'offrira un petit stage diving (il pèse bien 100 kilos) et chaque morceau se terminera par les lourds et rythmiques sautillements des compères. Punk parodique, rock simple et joyeusement déjanté. Grosses ficelles certes, mais ça fonctionne parfaitement. Et ce n'était pas fini. Au terme de cette semaine qui n'aura été qu'une grande campagne politique, les Dick allaient lancer leurs appels au monde lors d'une ultime folle conférence de presse : "tout le monde sera dans la même équipe sous la bannière de Nixon, personne ne se battra. Le show est à la campagne. Un monde sous Nixon, indivisible et uni. "postillonne Kirk avant de s'accrocher une nouvelle fois avec John qui lui explose une assiette en porcelaine sur la tête. Après quelques secondes de récupération, il continue : "Le message est clair, une nation sans un seul monde et tout sous Richard Nixon. Personne ne se battrait, personne ne discuterait. On lèverait les yeux vers l'homme et on lancerait : "que faut-il faire ? Il ne s'occupe pas de toi, ni de toi, ni de toi, mais du monde. Ce n'est pas tout pour un, mais un pour tous."

L'arcade est ouverte, Kirk sort une petite culotte en soie de sa poche et éponge le sang avant de reprendre sa diatribe enflammée. Les Dick Nixons se doivent d'être vus et soutenus dans leur croisade. Nixon ! Nixon !"


Philippe Richard


Coups de coeur - The Last Poets
source : Jazz Magazine - Mars 93

55x91"The Last Poet dont Wake up Niggers fut créé il y a plus de vingt ans aurait-il imaginé que ses textes incandescents deviendraient exercice d'anglais pour des lycéens de la Seine-Saint-Denis ? Trans-Musicales de Rennes, début décembre 1992. Jalaluddin Mansur Nuriddin et Sulaiman El-Hadi, les Last Poets, vont monter sur scène. Pour l'instant, dans sa chambre, Jalal (ex-Alafia Pudim avant l'islam, ex-Lightnin' Rod) soigne une extinction de voix. On écoute les maquettes d'un projet personnel. Toujours ces phrases élastiques, rapides comme la foudre, ou vicieuses comme un serpent, qui rêvent plus de Charlie Parker que de James Brown. Ce n'est pas pour rien que Jalal a écrit "Jazzoetry" ou "Bird's Word", II peut aussi vous faire exploser sous le nez, appuyé sur la structure de Night in Tunisia (so long Dizzy...), un texte vertigineux extrait de "The Roost of Rap", masse verbale inouïe (une centaine de feuillets !) qui pourrait bien constituer "l'Odyssée" du genre... Donnera-t-on jamais à Jalal les moyens d'enregistrer cette folie ? "Je l'ai écrit pour remettre les pendules à l'heure. Pour que les petits rappers sachent où tout a commencé. Ils nous samplent, ils nous pillent, sans jamais demander d'autorisation, ni nous payer, évidemment. Ils disent que nous sommes leurs maîtres, mais ils nous manquent de respect, ils manquent de respect à notre forme d'art. Ils jouent avec la tradition orale noire, sans la comprendre, ni la connaître vraiment. Nous sommes des poètes, pas eux."

Amertume, lassitude. Vingt ans que Jalal et Sulaiman se battent ensemble. Pour que vive cet art unique - ce "coltranisme" verbal dont Jalal est le maître sans égal. Sans jamais céder sur rien, c'est-à-dire l'essentiel. Les last Poets sont en mission : "Nous n'avons jamais accordé d'importance à nos egos, Personne ne nous connaissait individuellement. Nous voulions identifier et soigner les causes des maladies qui affectent l'Amérique noire, cet héritage de l'esclavage : névroses, psychoses, schizophrénie, paranoïa. On ne racontait pas combien de femmes on se tapait, combien de bagnoles on avait, combien de fric on se faisait: on faisait de la pub à la révolution." Ils ont continué et ils continueront envers et contre tout. En dépit des pressions (à partir de 1977, et jusqu'en 1984, plus personne ne voudra les faire tourner, ni les enregistrer), de la désintégration du mouvement révolutionnaire aux Etats-Unis, de l'exil (Jalal vit en Angleterre depuis le milieu des années 70). Les Last Poets sont des survivants.

Le temps est avec eux. Le temps est un cycle. La révolte de Los Angeles n'a pas surpris Jalal et Sulaiman. Ils étaient à Hollywood peu après les émeutes pour tourner dans "Poetic Justice°, le prochain film de John Singleton ("Boyz 'N the Hood"), qui leur voue une admiration sans limite. Ils en sont fiers. La génération de leurs fils reprend le flambeau. Rennes, encore. Les Last Poets entrent en scène. Flottement curieux du côté des b-boys venus voir ceux qui n'étaient jusque-là que des noms de légende. Pas de platines, ni d'échantilionages ronflants. Non, rien que deux voix nues, et les percussions d'Ayib Dieng. C'est tout. Ils écoutent Jalal qui lâche ses textes comme on improvise., allonge ou contracte les syllabes, démultiplie le tempo, rebondit, esquive, tandis que Sulaiman place ses riffs. C'est le rap d'avant le rap. Ça a l'air si fragile. II y avait sept ans que les last Poets ne s'étaient pas produits en France. La dernière fois, c'était en février 1985, à La Chapelle des Lombards. ils avaient débuté dans la boîte de la rue de Lappe le 21 février, vingt ans jour pour jour après l'assassinat de Malcolm X. Ils y avaient vu un signe du ciel."


Bernard Loupias


Coups de coeur - Me Phi Me
source : Le Monde - 6-7/12/92

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© Louis Bilien
"En fait, Me Phi Me appartient à la, longue lignée de ces musiciens afro-américains qui, de Nat King Cole à Lionel Richie, se sont rapprochés avec plus ou moins de bonheur de la pop blanche. (...) Bien entouré par un groupe sophistiqué, Me Phi Me a agacé les puristes et charmé les autres."


Thomas Sotinel


Coups de coeur - Jim Rose Circus (2)
source : Le Monde - 3/12-92

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© Frantz Hoez
"Il suffit d'un marteau à Jim Rose pour se percer le nez d'un clou. De quelques crochets plantés dans divers endroits de son anatomie pour que Mr Lifto soulève un fer à repasser ou un parpaing. De trois asticots et de quatre criquets pour rassasier Mr Slug."


Thomas Sotinel


Coups de coeur - Jim Rose Circus
source : Best Fév. 93
"Catégorie frisson dans le dos, monstres et merveilles humaines avec le Jim Rose Circus.

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© Frantz Hoez
Une troupe américaine qui perpétue la tradition du cirque de rue et des baraques foraines qui jouxtaient les chapiteaux d'antan (avaleur de sabre, clous enfoncés dans la chair...) en réjouissant le spectacle de clins d'oeil plus actuels (s'enfiler un préservatif dans le nez pour le ressortir par la bouche, avant de s'en recouvrir la tête et de le gonfler jusqu'à explosion). Attention âmes sensibles, on a recensé 25 personnes tombées dans les pommes (principalement des mecs au moment ou Mister Lifto soulève un fer à repasser à la a seule force de sa zigounette !)"


Emmanuelle Debaussart


Coups de coeur - Pascal Comelade
source : Ouest France - 3/12/92

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"Trompettes en plastique rouge et vert, harmonium à l'ancienne, accordéon d'apprentissage, xylophone miniature. Pascal Comelade a fait démonstration que les rockers ne dédaignent pas une touche fraîche, légère et entraînante."


Claudine Quiblier
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