 Découvertes - Chevalier Brothers source : Libé 18 Déc. 1984
| "Et maintenant, pour la première fois, du jazz dans les "Trans", avec, venant de Londres, les Chevalier Bros ! "L'annonce aurait pu prêter à confusuion, l'accoutrement des cinq gaillards, années 40, tendance braillarde, a déjà dissipé le malentendu. Deux musiques plus tard, le décor et l'ambiance sont raccord avec les costards. Quarante ans après, les Chevalier libèrent une seconde fois Rennes. Un cocktail de Louis Jordan (leur maître, apôtre du jazz à danser, premier ancètre connu et reconnu du rock'n'roll), de Fats Waller, piano boogie maestro, et de Lionel Hampton, dont Roger Beaujolais, chevalier du Vibraphone est l'émule.
Evannouies, les pesanteurs new wave, laminées les excès de néo-techno. Les Chevaliers du tempo rond emballent, dans le même paquet cadeau, le millier de survivants de la nuit ultime. Ballotés de Trans en "transes", enjoints de reprendre en coeur "I like them fat like that ou Five guys named Moe, versets de la Bible Jordanienne. Les Bretons acclament les sujets de sa majesté, tels les "Royal Commandos" libérateurs du Territoire. Les cinq loustics au look sépia directement sortis du swing aux armées n'étaient pas nés, loin s'en faut , à l'époque qu'ils invoquent. Le chanteur saxophoniste a pourtant la voix du shouter, et le souffle de Roy Eldridge, voire de Chew Berry ; le contre-bassiste lunettu a quasiment la taille de son instrument diablement haut-perché ; en contraste violent avec le drummer, officiant à ras du sol. Au vribraphone, Roger Beaujolais ("mieux vaut avoir un nom français original, qu'un nom anglais banal !", comme le dit un de ses collègues !) fait grimper le thermomètre à chacune de ses virtuoses interventions. |  © Pierre René Worms |
| Enfin, last but not least, assis ou plutôt vautré, la guitare mollement posée sur ses abdominaux relâchés, Maurice Chevalier, (alias Patrice Sérapiglia), unique Français du gang, londonnien depuis une bonne décénie. Le préposé à la parole post-show, vu ses antécédents naturels : "jusqu'il y a deux ans, je grenouillais dans des groupes punk ; je ne connaissais même pas Louis Jordan. Et pas davantage Charlie Christian, "le" guitariste de l'époque. J'ai rencontré par hasard le saxophoniste, qui m'a fait découvrir tout ça. Un vrai don du ciel ! On a commencé à deux, dans les pubs, puis le groupe a pris sa forme actuelle. En jouant cinq fois par semaine devant un public exclusivvement rock. Le Jazz ne survit que dans quelques clubs ringards, à Londres. Notre public, c'est celui des kids... et à l'occasion de leurs parents, comme disait la pub de la tournée de Joe Jackson, à l'époque de son album "Jumpin'Jive". D'ailleurs, Joe est souvent venu nous écouter, et ses musiciens viennent à l'occasion jammer avec nous".
Dans les coulisses du rustique théâtre de la Cité, c'est autant le délire que dans la salle. Tout le monde, musiciens, organisateurs, groupies, est hilare, euphorique, y compris Pinpin, monté sur scène "scater" avec le groupe. Quatre rappels, une salle en pleine hystérie collective. L'Angleterre gagne le pompon in-extremis. Toute la presse fond sur Maurice Chevalier, nouveau héros des anglais qui fait swinguer les français".
Puis la conférence de presse pour les radios locales. Certains essaient en vain de faire parler Maurice sur le jazz français ! (...) Enfin, la question qui tue : "Pourquoi cet hommage à Janis Joplin" ? Maurice, interloqué : - "Euh !... Janis Joplin ?... Ah, vous devez faire erreur. A moins que... Non. On a chanté : "The Joint Is Jumpin", pas "Janis Joplin". Notre chanteur a dû mal prononcer !" |
Remy Kolpa Kopoul
Découvertes - The Truth
"The Truth, une révélation aux Trans. Le nouveau groupe de Dennis Greaves ex-leader/guitariste des "9 Below Zero", nous a transporté au pied du London Bridge avec des racines flamboyantes comme le Spencer Davis. Elles s'étendent aussi du côté du Rythm and Soul avec des courants proches du Style Council et de Graham Parker. Trois rappels plus tard, The Truth peut exhiber sa crédibilité toute neuve sous les ovations, c'est le triomphe de la Realpolitik". |
Découvertes - The Truth source : Ouest France - Déc. 1984
 | "Complètement inconnus (un seul album à leur actif), ils ont rapidement conquis le public rennais. Puissance et énergie ne tuent pas la mélodie de leur morceau magnifiée par la très belle voix du chanteur, un transfuge de Nice Below Zero. Ils ont certainement fait "le tabac" des Trans." |
Yvon Lechevestrier
Découvertes - Stephan Eicher
 © Pierre René Worms |
| "Hier soir, à nouveau, la magie a joué. Dès le début de la soirée, après le rennais Serguaï Papail, le suisse Stephan Eicher a fait passer un souffle d'émotion sur cette troisième soirée des Trans. A 24 ans, il n'hésite pas à répéter que sa génération est née après Elvis Presley : "on n'a rien à voir avec lui, nos compagnons ce sont plutôt des ordinateurs". Chez lui, ce ne sont pas les mots. Sur scène, il est seul avec sa machine. Et Dieu sait combien il sait rendre belle la technique !" |  © Gino Maccarinelli |
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