=> moonman : manipulators (2003)
=> moonman : necessary alibis (2006)
=> moonman : letters to the dearest (2006)
=> delphine dora : confusion of myself (2006)
=> dana hilliot and his friends : misfit (2006)
=> the century of aeroplanes : two children moving in opposite directions (2006)
=> cornflakes heroes : off with your heads! (2006)
=> action dead mouse : pets and nerds attack planet earth (2007)
=> delphine dora and the unexpected : we're all of this (2007)
=> cornflakes heroes : dear mr painkillers (2008)
=> guernica : who are your songs for? (2008)
=> action dead mouse : revenge of doormats and coasters (2009)
moonman : manipulators (2003)
Avec l'album Manipulators, Moonman s'impose comme un musicien
à surveiller de près : sa musique est une sorte
de geiser électronique et acoustique de toute
beauté mêlant sonorités
synthétiques froides et incandescentes, guitares lumineuses
et rythmes hypnotiques up ou downtempo, le tout
réhaussé du chant mélodieux de Moonman.
Treize morceaux variés et cohérents à
la fois, d'égale qualité : relevons
l'obsédant Kill and Shine et son clin d'oeil à A
Silver Mont Zion (premier album) sur quelques notes ou encore Look
through the Flash Kaleidoscope While You're Building a Rainbow,
magnifique morceau instrumental survitaminé à
coup de beat épileptique et de guitares limpides.
Dans un registre plus acoustique, cet album séduit
également par la beauté de ses
mélodies, telle celle de Ruby with Wings.
Après de nombreuses écoutes le plaisir demeure
intacte et l'on ne s'étonne même plus de ce
pouvoir d'attraction qu'a Manipulators. La clef de cette
réussite ? L'émotion que procure cette musique
grâce à l'alliage harmonieux de
l'électronique et de l'acoustique sans oublier une part de
magie, évidemment.
Samples au rythmique triphop, chant envoûtant, le
décor est planté. Moonman nous amène
dans son univers avec ce 'manipulators', véritable petite
perle électro, sortie le 1er septembre 2003.
Planant au rivage d'un The Cure sous anxiolytique, cet artiste nous
transporte tout au long de ses 13 titres dans des univers sonores
variés. De la techno pure et dure, en passant par la pop
acoustique, cet artiste ne se fixe aucune barrière, aucune
limite. Variant les rythmiques et les sonorités, Moonman
parvient même à nous surprendre dans chacune de
ses chansons. Pour preuve, écoutez 'critical anxiety' balade
electro envoûtante, ou bien encore 'Ruby with wings'
magnifique chanson acoustique sobre et complexe à la fois.
Il n'y a rien de plus à ajouter que de vous conseiller de
vous procurer cet album.
"Manipulators" inaugure le bal des sorties chez Greed recordings.
Moonman est le projet d'un seul homme multi-instrumentiste et curieux
de musiques variées. La variété est
d'ailleurs ce qui séduit sur ce gallop d'essai, car Moonman
se plait à prendre constamment son auditeur à
contre pied. "Kill and Shine" est une balade électro sexy et
lascive alors que "Look through the flash kaleidoscope"
mélange guitares répétitives et beats
épileptiques. La pièce centrale de cet album
reste sans conteste "Ruby with wings", et démontre que
Moonman est tout aussi à l'aise avec les mélodies
boisées. Imaginez Lou Barlow période 91-92 avec
les guitares lo-fi en moins... Le spectre d'un Sonic Youth
apaisé et poppy plane sur l'impeccable "Serengeti". " The
illiterate " joue sur la corde sensible avec son orgue doucement
mélancolique. Au delà des comparaisons d'usage,
il faut souligner la véritable identité sonore de
ce "manipulators" qui trouve un juste milieu entre influences et
construction d'une identité artistique. Il y a d'abord la
voix particulière du bonhomme capable de transmettre les
émotions sans sombrer dans le pathos- fait rare pour le
souligner. Il y a ensuite l'art du compromis entre écriture
traditionnelle et modernité. Mission accomplie pour ce
premier album. A suivre...
Moonman doit être un perfectionniste. Environ 6-7 ans
après ses débuts musicaux, sort enfin ce premier
véritable album pressé, après pas loin
d'une cinquantaine de références, depuis les
premières K7 pop-folk, des best-of, des projets
parallèles (The Emphasis, Dragonfly), des lives et une
première démo de cet album sortie il y a un an.
Toute ses expériences lui ont permis de créer et
peaufiner un style personnel sur une somme d'influences aussi
variées que Neil Young, Bjork ou Jim O'Rourke.
Dire que l'on a été séduit par le
premier titre de cet album serait un compliment bien retenu. Le terme
le plus juste serait bluffé. On s'attendait à une
petite démo réalisée par un amateur
dans son coin, et nous voici avec ce morceau non seulement
techniquement parfaitement maîtrisé,
mêlant pop soyeuse et efficace (superbe chant, voix
magnifique, mélodie accrocheuse, guitares
aériennes) et savantes expérimentations
électroniques (décollage rythmique, superposition
de voix tronquées et feutrées). Si l'on
était producteur d'une grosse maison de disque on se serait
dit "Ouh là... on tient un gros truc là !!". Mais
on est passé au morceau suivant et puis on s'est dit qu'il
faudrait écouter tout ça au calme et dans de
bonnes conditions.
Sur le deuxième morceau des effets un peu abruptes mais pas
gênant sur la stéréo surprennent. Quant
à la voix, elle est toujours aussi douce et surprend encore
quand Moonman crée une rupture en montant dans les aigus.
Des breaks électro-noise au milieu de cette chanson pop
mélancolique confirment un artiste hors norme.
Peut-être est-ce l'effet de surprise qui s'amoindrit, mais la
suite, bien que toujours intéressante et efficace,
paraît moins originale. Disons que la suite est plus
basée sur le duo guitare-voix, avec comme souvent un son
d'orgue en guise d'accompagnement. Les arrangements sont toujours
soignés, les guitares claires et harmonieuses, parfois
l'auteur se pose et nous offre une ballade
désenchantée (Ruby with Wings) se
décide à utiliser des guitares plus rock (The
Distress of Delight), ou étale un titre sur près
de 10mn en intégrant chanson pop et clavier
rétro, post-rock avec sample de dialogue puis rythmique
saturée, et final en finger picking et boucle de batterie.
Mais même sur ces chansons pop Moonman parvient sans cesse
à attirer l'attention par quelques effets de style bien
sentis : guitares répétitives façon
Steve Reich sur Look Through the Flash Kaleidoscope..., programmation
rythmique influencé par l'electronica sur le final de Fast
Blast et Disconnected, un filtre atypique sur la batterie de Fix, ou
encore un magnifique traitement de la voix sur Deliberate Me
(…)
Fabrice Allard
(…) Des morceaux électroniques teintés
de pop mélancolique chantés par une voix
étrange, emplis de jolies mélodies tristes. Le
disque à de quoi emballer à bien des
égards avec un vrai talent de composition et un sens de la
mélodie certain (…)
Les textures sonores privilégient une ambiance
posée. Même si les rythmiques s'emballent et que
le ton monte. On est vite happé dans l'engrenage de cette
électro-pop au pouvoir ensorceleur, comme l'illustrent les
lignes mélodiques de "Serengeti" ou "The illiterate". "Look
through the flash kaléidoscope…" est
sûrement le titre le plus fascinant de ce disque : une intro
speedée qui se développe et parvient à
tenir en haleine. "Ruby with wings" est un petit bijou
éloquent joué à la guitare avec un
timbre mélancolique dans la voix. "Fast blast" palpite dans
tous les sens avec les échos des voix et la rythmique
épileptique. Moonman donne une empreinte
électronique à des compositions qui semblent
nées d'une mélodie toute simple à la
guitare folk. Jolie métamorphose.
Magazine & webzine " longueur d'ondes " - février /
mars 2004
Musique hybride à géométrie variable
et complexe, " l'homme de la lune " est un projet soliste à
dominante électro-pop, inspiré par 40 ans de pop
internationale et 5 ans de French Touch. Mais Moonman c'est aussi des
chansons à la trame parfois très folk acoustique
(Ruby with wings), des bidouillages très tripant flirtant
avec l'expérimental … Moonman rappelle parfois
Depeche Mode, parfois Radiohead, avec un son incroyable, une voix
à la fois chaleureuse et hypnotique très anglaise
(Critical Anxiety).
J'ai oublié de vous préciser tellement on a
tendance à ne pas s'en rendre compte, Moonman est un pur
produit français à 100%, originaire de l'Oise
pour être précis, mais dont les voyages ont
tellement métissé sa musique originelle, qu'elle
en est devenue universelle et intemporelle.
Sorti sur son propre label Greed Recordings Company Ltd à
seulement 500 exemplaires, Moonman attend patiemment qu'ils soient
épuisés pour donner une suite à cet
étonnant premier jet ! Moonman atteste avec ce Manipulators
d'un potentiel à devenir un phénomène
planétaire.
Autoprod du mois - mars 2004
Moonman créé un trip-hop envoûtant et
inclassable à la limite des frontières du
réel. D'une balade électronique bluffante comme
Critical Anxiety à cette composition acoustique simple comme
Ruby With Wings je suis transporté par cette sensation
bizarre de survoler en l'espace de treize morceaux, les
années cold wave mélancoliques et sombres sans
pour autant vouloir tomber dans un cliché facile. Cette
musique envoute et me laisse sans voix... quand le sublime est atteint
mieux vaut se taire (…)
A l'intérieur du livret de ce disque de Moonman, une phrase
stipule que pour apprécier pleinement la musique il est
conseillé de se munir d'un casque, comme pour mieux s'isoler
de son entourage. Ce conseil sonne comme un avertissement : nous sommes
ici dans le domaine de l'intime, l'univers de Moonman, pseudo d'une
seule personne. En effet, celui-ci fait tout : il produit, compose,
joue, chante, enregistre et mixe le tout ! Un tour de force,
même si nous sommes en présence d'un autoproduit,
domaine de la débrouille.
Moonman créé un univers assez
neurasthénique, oppressant. Ses chansons sont construites
autour d'un même postulat : un charpente de beats
électro, des sons étranges, des guitares
sinueuses et une voix (en anglais) omniprésente. Les titres
même de certaines chansons sont au diapason,
énigmatiques, à l'instar de ce " The Dark side of
static evolution ". Tout est d'abord une question d'ambiance, Moonman
prenant soin d'assembler progressivement ces
éléments pour en dévoiler la finesse.
C'est d'ailleurs quand il étire les parties instrumentales
que le talent est le plus manifeste. On trouve plein de
références à associer à
tout ceci. Disons que l'on pourrait y entendre un Pinback
angoissé ou un Blonde Redhead moins sonique. (…)
Première sortie du label indépendant Greed
Recordings Company Ltd, Manipulators est un joyau d'électro
pop-rock. Les mélodies sont à la fois simples et
riches. Elles pourraient être jouées seul
à la guitare acoustique. Moonman est justement un projet
soliste, mais qui fait appel à l'électronique
pour créer son propre orchestre imaginaire, afin de
densifier sa musique sans perdre de sa fraîcheur et en
gardant l'émotion et la fragilité de ses
chansons.
L'un des particularismes de Moonman, c'est aussi sa voix (il chante en
anglais) à la limite de la perdition, du dérapage
à l'instar de Will Oldham, ce qui la rend touchante.
Moonman est la rencontre entre la scène arty new-yorkaise
(Sonic Youth, Blonde Redhead) et l'électronica d'Autechre ou
Boards Of Canada, avec une base folk.
On espère que cet homme là décrochera
bientôt la lune
MOONMAN se réclame de BJÖRK, CAT POWER et
RADIOHEAD. On a toujours peur pour un artiste lorsqu'il affiche de
telles influences : la comparaison peut être destructrice, le
ridicule n'est jamais loin. L'appréhension se dissipe
dès la première écoute de ce
très bel album solo. MOONMAN construit son propre univers en
franchissant les frontières des genres. Ces treize titres
surprennent par leur maturité, leur richesse et leur
beauté.
http://www.interdits.net
(...)Cet album
de Moonman deviendra très vite une deuxième peau,
un t-shirt humide et collant qui à la fois
rafraîchit mais vous colle dessus. On restera admiratif face
à la simple complexité de ce disque, lui
préférant certes des disques plus abordables
directement sur le moment, mais lui donnant le statut de station de
vacances un brin sadique, vers laquelle on passera des vacances quand
les productions annexes pourfendront la simplicité mais
feront de la nouveauté un nouvel état de
stagnation. On foule la lune comme une terre connue, l'esprit moins
lourd de l'appréhension avec la certitude de ne jamais
remettre à demain ce que l'on peut faire même
à contrecœur. Ce qui heureusement n'a jamais
été le cas de cette chronique. Moonman est
à suivre.
moonman : necessary alibis (2006)
Les « Necessary Alibis » de Moonman constituent son deuxième album après « Manipulators » - 2003 qui était teinté d’electronica. Cette fois, l’invitation au voyage est tout autre puisque la pochette appelle au dépaysement, direction le Far West au moment même où l’heure du duel a sonné…Quel duel ? Eh bien simplement, le duel entre une pop-rock classieuse tirée vers la lumière « Careless Cigarette Burn » ou « Mascara Glitch » et un post-rock plus triste et forcément plus sombre qui tend l’atmosphère « Self-made man » ou « Victim of your own device » avec son parler-chanter à l’ambition hypnotique… effet garanti.
Mais heureusement, quand la tension est à son comble, Moonman nous balance un morceau à la mélodie imparable et à la tonalité plutôt gaie même si son titre proclame « Everything is kind of grey »… Vous l’aurez compris, Moonman, c’est l’as du dosage qui sait aussi faire surfer sur les courbes de l’oscilloscope… Après un slow mélancolique « Female Democracy » à l’actualité débordante, il nous signera, en effet, un titre de rock puissant et énergique, aux confins du brûlot expérimental « Lipstick Rebel »… On vous laissera découvrir seuls la teneur des derniers morceaux dont le surprenant « Team of secret rivals » en 4 parties…
Ouest Terne.
Un artwork de fin du monde. Un soleil couchant. Une jeune femme aguicheuse. Un vaisseau spatial. Deux hommes. Un duel façon Sergio Leone.
Quatorze bastos en plein cœur. Necessary Alibis est de ses albums qui fonctionnent immédiatement. Dès la première écoute, l’auditeur est happé par un univers pop anglo saxon addictif. Toujours au bord du gouffre, la tension est palpable. Les vieux démons de Sonic Youth ne sont jamais bien loin. Sur le fil du rasoir, des titres comme Mascara And Glitch tiennent en haleine de bout en bout. Les lignes de guitare assassinent les bandits qui s’aventurent dans les terres du Moonman, un être hybride et crépusculaire.
Lipstick Rebel et ses mélodies façon règlement de compte à OK Corral, nous met la corde au cou. Le nœud se resserre, la rupture est proche. Bande-son d’une apocalypse proche où la mélancolie d’une voix fragile broie tout sursis espéré, la dynamique est imparable. Au centre du gunfight, l’auditeur mort la poussière. L’harmonica - Smother- fait souffler sur le sable un vent de panique.
Le décor est posé, les plus valeureux se rueront sur ces nouvelles expériences sonores. Point de place pour les poltrons, on les pendra haut et court. Indispensable.
Venu de nulle part et atterissant presque par hasard sur nos platines [ merci Greed Records au passage !! ], Moonman fait partie de ces trop rares formations à faire passer un message avant tout par la musique, que par l'image. Car c'est sans artifice que la pop rock noisy de cette formation, arrive à nous captiver par son énergie et par l'aspect trop mathématique des mélodies, qui si elles ne sont pas des plus faciles à retenir, arrivent tout de même à nous retenir et à nous provoquer, comme "Careless cigarette burn", "Mascara And Glitch" qui évoque tout le panache de ce disque est enfin "Team Of Secret Rivals" divisé en 4 actes jouissif !!! Au final, si la pochette n'en dit pas long sur le contenu du disque, ce "Necessary Alibis" reste une agréable surprise de taille, qui nous fait penser que la France regorge de très bons musiciens, capables de créer une musique cérébrale complexe et émotive. Le tout enrobé par une production comme il faut: ni trop propre, ni trop sale, qui donne par ses imperfections cette petite touche lo-fi. A déguster sans modératon.
Si Moonman s’est imposé, depuis 2003, comme un artiste français particulièrement inventif, rappelons rapidement les grandes lignes de son CV, déjà bien garni, à ceux qui n’ont pas encore eu l’occasion de croiser sa route. Homme-orchestre, Moonman est avant tout musicien et compositeur - on lui doit à ce jour un premier album, Manipulators, et une compilation Letters to the Dearest. Il gère également son propre label, Greed Recordings, par lequel il distribue l’album qui attire notre attention aujourd’hui, Nessecary Alibis, mais également les productions de ses collègues Cornflakes Heroes.
Passionné de guitare et des potentialités sonores, sinon plastiques, de cet instrument, Moonman est également l’auteur d’une trilogie remarquée, celle des Pièces pour Guitares Préparées, aux frontières du post-rock et de la musique expérimentale. Distorsion, répétion, sampling, filtres divers : telles étaient les manipulations que Moonman imposait à son instrument de prédilection, révélant ainsi une musique hautement affective, d’où suintait par instants une colère rentrée. Car Moonman, tout comme Slint ou Windsor For The Derby avant lui, a décelé dans cet instrument, si caractéristique du rock, les prémisses de son dépassement.
La fascination américaine est toujours présente sur ce deuxième album, avec, cette fois-ci, une admiration non dissumulée pour les groupes à guitares, notamment celles de Lou Barlow ou David Pajo à leurs débuts. Le son général de cet album se veut plus abrasif, plus concis, là ou Letters to the Dearest prenait le parti d’une musique acoustique. Necessary Alibis renoue en effet avec l’immédiateté du rock, sans pour autant se laisser berner par les facilités du genre. “Necessary Alibis” s’écoute comme un inédit d’un Slint qui revendiquerait une prétention pop. Même guitare métallique aux arpèges alambiqués, même batterie feutrée, même art de la composition à tiroirs, Moonman se démarque cependant par un chant qui monte volontiers dans les aigus. Il nous épargne aussi le déluge de guitares assourdissantes souvent de rigueur dans le monde du post-rock, grâce à une progression maîtrisée. Le renvoi à Slint comme référence séminale du genre ponctue l’album, par notes plus ou moins discrètes : “Victim of Your Own Device” se présente ainsi comme le complément, forcément anachronique, de “Nosferatu Man” du groupe de Louisville.
“Careless Cigarette Burn” impose un rythme plus soutenu, avec un vrai refrain haut-perché, rappelant en filigrane Doug Martsch. “Mascara and Glitch” emboîte le pas, en délivrant un rock nerveux et carré. Le chant s’efface pendant un temps, laissant place à un set de guitares imposantes, bientôt adoucies par l’intervention de cuivres. Seules quelques accalmies acoustiques viennent tempérer cette énergie électrique qui iradie l’ensemble de l’album : Moonman opte alors pour des arpèges et un chant de haut-vol, sublimés par quelques nappes de cordes (“Female Demography”) ou par les harmonies tout en rondeur d’un clavier (“Self Made Man”). Une fois seulement, il passe en mode acoustique, pour une réminissence très réussie du précédent Letters to the Dearest (“Smother”), teintée d’harmonica.
Néanmoins, et comme pour mieux réaffirmer le parti pris de l’électricité, ces plages plus calmes sont immédiatement suivies de brûlots rock où des guitares martèlent des thèmes acérés, comme sur l’énergique “Lipstick Rebel”, qui évoque l’univers de Blonde Redhead.
En artiste intègre, sinon intégral, Moonman pousse jusqu’à son paroxysme ce même parti pris avec le final “Team of Secret Rivals”, véritable album dans l’album avec ses quatre parties enchaînées. Toujours en bon disciple de Slint, il expérimente avec ce morceau les différentes textures de la guitare électrique : arpèges nerveux ou plus dociles (Part. 1), nappes bruitistes esquissant un rock atmosphérique (Part. 2), accords métalliques et répétitifs ou brouillage aléatoire (Part. 3). Cette quadrilogie déconcertante s’achève sur un finale particulièrement complexe, renforcé par la collaboration de son camarade Lunt, qui pousse dans ses derniers retranchements la dimension expérimentale du projet. Majoritairement instrumental, à l’exception de voix samplées et de la partie chantée de “Part. 3” - et son clin d’oeil à ... Supertramp ! - “Team of Secret Rivals” dévoile une facette plus inventive, plus radicale aussi de l’univers de Moonman. Un univers contrasté, forcément passionnant, auquel Necessary Alibis confère une profondeur supplémentaire.
Une fois n’est pas coutume, commençons
cette chronique par un mea-culpa. Un énorme mea-culpa. Voire
même plus. Explication : Il y a de cela quelques mois, un
courrier de Greed Recordings informe votre serviteur de la sortie du
nouvel album de Moonman et y joint une copie de l’album. La
pochette a de la gueule avec son style bédé et
ses tons orangés, la rapide biographie plutôt bien
écrite donne envie. Et puis, contre toute attente, le disque
finit par atterrir sur la pile des disques « à
chroniquer ». Et rapidement, ce sont d’autres
albums qui viennent s’empiler sur ce Necessary Alibis qui se
fait rapidement oublier sans même avoir
été écouté (!). Un comble.
Les mois passent, 2006 tire sa
révérence, 2007 se présente
à la porte et, avec elle, son lot de résolutions,
dont celle de « chroniquer vite et mieux ». Et le
disque refait surface. Et finit par arriver dans les oreilles de
l’auteur de ses lignes. Qui prend à ce moment
là un uppercut en pleine pommette. Une fracture nette de
l’œil droit comme disait l’autre.
Ce disque est un petit chef
d’œuvre. Ni plus ni moins. Et au risque de
chagriner les esprits chafouins, ce qualificatif a
été choisi tout sauf à la
légère.
Mooman donc. Et un deuxième album pour
cet Amiénois, après un premier essai electro-pop
en 2003 (voir par ailleurs). Ici changement de registre : on passe
à un indie-rock des plus efficaces qui soit. Les guitares et
la basse sonnent clairement, la batterie est juste évidente.
Quant à la voix, même si on se rend vite compte
que notre homme est français avec ce non-accent qui nous est
cher, elle n’est pas du tout gênante. Et la
production, soignée là aussi, est assez subtile
et permet de ne pas se focaliser sur celle-ci.
Naviguant entre Sebadoh (periode Harmacy), Blonde
Redhead (les premiers albums du groupe sont ici une
référence évidente) et même
Sonic Youth – ce, aussi bien dans leurs albums les plus
« pop » (ou les moins rock) que dans leurs passages
les plus déstructurés et bruitistes (la
quadrilogie impressionnante de Team of Secret Rivals en est
l’exemple parfait), Necessary Alibis aligne les
mélodies entêtantes et les riffs
mémorables, que Moonman réhausse parfois
d’un cuivre ou de quelques cordes du meilleur effet.
Même si ce disque aurait du avoir les
honneurs d’une chronique dans ces pages bien plus
tôt, on se réjouira avant tout de la
découverte d’un tel album, même sur le
tard. Ainsi que de tenir, pour une fois, ses résolutions du
nouvel an.
Ce deuxième album de Moonman est une
claque monstrueuse. Une preuve que l’indie-rock de
qualité et qui sonne juste n’est pas que
l’apanage des anglo-saxons. Et qu’en France, il
existe des alternatives à un rock français, qui
n’arrive pas à se dépêtrer de
l’ombre toujours omniprésente de Noir
Désir.
Olivier Combes
Après deux albums qui envisageaient des pistes folk et électronica, celui-ci resserre le propos dans une optique rock indé. Dans ce rayon, il y a encore mille ouvertures possibles, preuves à l'appui : noise, shoegaze, pop, post-punk. Les variations surprennent, puis obsèdent, se nourrissant même entre elles. On est au milieu d'un joli terroir équilibré où fourmillent des guitares transcendantes (notamment dans la pièce finale déclinée en quatre parties...). L'ensemble s'articule autour d'une instrumentation riche qui ne fait que conforter le bon goût du maître d'œuvre. Ce disque à la fois mystérieux et proche, torturé et libéré, offre une profondeur de champ très grande. L'imagination peut vagabonder, Moonman s'amuse et l'auditeur décortique à l'infini.
Les Inrockuptibles (numero 573 - 21 / 27 Novembre 2006)

Avec Necessary Alibis, Moonman
s’éloigne de ses débuts (Manipulators)
en signant un album plus pop et taillé pour la
scène. À cette occasion,
il s’est entouré de plusieurs musiciens donnant
à ce disque plus de
profondeur au niveau des instruments et des arrangements.
Au programme, des pop-songs nerveuses type Pavement
ou Sebadoh (Careless Cigarette
Burn), qui parfois flirtent avec le post-rock (Mascara
and Glitch), la folk (Self-Made Man ou
la ballade Female Democracy avec son cello). Le
morceau qui résume à merveille tout cela est Everything
is Kind Of Grey : les guitares noisy et distordues
agrémentées d’un glockenspiel en font
le meilleur. Le dernier morceau, Team of Secret Rivals,
est une autre belle surprise. Il se compose de 4 parties instrumentales
: la première est brute tandis que les autres se rapprochent
de la
musique contemporaine d’un Jim
O’Rourke. Moonman nous avait
déjà habitué à cet
environnement passionnant avec ses Pièces pour
guitare préparée que vous pouvez
gratuitement télécharger sur le site de son label.
Après cela, vous n’avez aucun alibi pour ne pas
vous procurer ses albums.
Tout comme Immune
et May Fly,
artiste faisant son apparition dans nos colonnes depuis sa
participation remarquée à Nuisance sonore,
Moonman mérite en effet qu'une page lui
soit consacrée ici. Avec cet album, l'artiste tend
à se faire passer pour un touche-à-tout, loin de
sembler ridicule.
Si Moonman est l'auteur et l'interprète
des parties de guitares (électriques et acoustiques) et du
chant, cela fait de lui la tête pensante de la formation mais
il ne faut pas oublier de citer les différentes personnes
venues lui prêter main forte. Que ce soit
Sébastien Gest à la batterie, Duncan Roberts
à la basse, harmonica et batterie, Gilles Deles pour
quelques passages de guitare ou Julia Schindel au violon, tous
participent à l'élaboration d'un univers
particulier, celui tissé par Moonman.
Les 4 dernières pistes composant "Team of secret rivals"
sont à part et mériteraient qu'un article leur
soit dédié. Puisque cette dernière
demi-heure expérimentale est une confrontation de guitares,
où l'on retrouve son complice Gilles Deles (Lunt)
faisant face à Moonman avec pour
paroles, un poème de Patrick Porter conté par Sandra.
"Team of secret rivals" alterne formats classiques "couplets/refrain"
avec ambiances post-rock, guitares délitées et
déchirées à la clef, non sans rappeler
les Pièces pour guitare
préparée, Sonic Youth
ou Boris,
surtout lors de la quatrième partie ("The bloom of an
unexpected explosion").
Ayant découvert le groupe via "Bunch of liars", je ne peux
cacher que les premières écoutes de Neccessary
alibis m'ont quelques peu
dérouté. Si le titre livré sur Nuisance sonore
est féerique, subtil en tout point, assez loin de standards,
il n'en est pas de même pour d'autres titres. Mais quelques
rotations plus tard dans le lecteur, et me voilà
acclimaté avec cet album remarquable.
Moonman, le bonhomme, est tentaculaire. Nous prenant par la main pour
faire voyager sur des tronçons d'autoroute pop pas si
linéaire qu'ils en ont l'air ("Careless cigarette burn"),
bifurquant sur des sorties folk ("Self-made man") vraiment
entraînantes ou se laissant aller en roue libre ("Victim of
your own device"), Moonman n'oublie pas de
s'arrêter à une station-acoustique ("Smother")
pour faire le plein d'énergie avant de s'enflammer pour
"Mascara and glitch" ou "Lipstick rebel", pimentés de
mouvements rock, à la jointure de Sebadoh,
Placebo
et Blonde Redhead.
Si, tout comme la production, l'écriture est
soignée et néanmoins originale bien
qu'hétéroclite, personnellement j'aurais
amputé le disque de titres plutôt
"normalisés" comme "Everyhting is kind of grey", " Careless
cigarette burn" ou les aurais remplacé par des morceaux plus
orientés vers "Bunch of liars" et "Smother".
Mise à part cette petite remarque (très)
personnelle et relative à mes
préférences musicales plutôt
qu'à la qualité évidente de l'ensemble
de Necessary
alibis, il ne reste plus qu'à
vous dire qu'il est inutile de prendre Moonman pour
un extra-terrestre mais il est plus futé de
s'intéresser à sa discographie !
On avait quitté Moonman en des terres plutôt
intimes et minimalistes,
"Manipulator" faisant la part belle aux guitares accoustiques et aux
arrangements électro inquiétants. Son second
opus, "Necessary Alibis" a
changé de voie, et sonne plus électrique et
distordue, en trouvant son
inspiration dans les constructions complexes de Sonic Youth,
période
Jim O’Rourke, ou encore de Television.
Deux ans après « Manipulators », Moonman revient avec un nouvel opus moins électronique et plus pop que son prédécesseur. « Necessary Alibis » mélange les styles et les genres tel une mécanique bien huilée. Les instruments et les rythmes se superposent pour construire un tout qui bien que parfois chargé n’en demeure pas moins accessible et efficace. Cette accumulation de sonorités donne à « Necessary Alibis » une puissance naturelle qui laisse présager les meilleurs auspices pour la scène. Sans jamais céder à la tentation de la facilité les titres s’enchaînent pour ne pas se ressembler à l’image du très pop « Careless Cigarette Burn » et du très groovy « Victim Of Your Own Device ». L’album s’achève sur une quadrilogie tantôt survitaminée, tantôt hypnotique. Une très bonne surprise …
Sortie intéressante de l’album « Necessary Alibis » de Moonman sur le label Greed Recording qui s’apprête à commercialiser le plus qu’excellent premier CD des Cornflakes Heroes. Moonman serait moins un groupe qu’un musicien caché derrière ce pseudo - et plutôt prolifique dans le genre puisqu’il a déjà plusieurs albums à son actif : Manipulators, Pièces pour guitares Préparées dans des veines assez expérimentales. Sur ce troisième allbum, Mooman, outre qu’il compose, joue toutes les parties de guitare et assure le chant. Mais il est également assisté par un bassiste et un batteur, ainsi que par d’autres intervenants (harmonica, violoncelle...) - et, à la console par les efficaces Duncan Robert (Dictafone...) et Gilles Deles (Half Asleep, Melatonine, Lunt...) - d’où le "and the unlikely orchestra". L’album est bizarrement addictif. L’effet agit en plusieurs étapes. Subtilement, chaque audition apporte sa récolte de découvertes mélodiques. Etrangement l’écoute me fait penser à Calc ou Pull, enfin un de ces magnifique groupes bordelais, mais aussi à des groupes comme Pinback. C’est résolument direct, électrique, sans électronique - paradoxalement un disque de groupe. Un peu sur le même schéma que Navet Confit - seul sur CD, à 6 sur scène ! Parmi mes préférées : « Everything Is Kind Of Grey » et « Mascara and Glitch », sans oublier « Careless Cigarette Burn », pour les plus tubesques, sont des tueries point de vue mélodies catchy, guitares directes et incisives. Le plus excité « Lipstick Rebel » lorgne un peu vers Blonde Redhead, pour continuer dans les parentés classieuses. L’album se termine par une suite de 4 morceaux réunis comme s’il s’agissait d’un EP post rock rajouté en super bonus. Intéressant aussi et qui sans doute fait office de lien avec la discographie passée - à moins que ça ne soit que la préfiguration de la suite. Laissez-vous tenter, vous écouterez un album assez intemporel, valeur refuge d’une discothèque quand les skeuds à la mode du moment seront devenus inécoutables.
Après un premier album à dominante folk, doté de touches discrètes d’électronica et à l’esprit « défricheur », puis une trilogie basée sur l’expérimentation en matière de guitares (Il semblerait que Sonic Youth ne soit jamais très éloigné dans les productions de ce musicien touche à tout et talentueux, et ce pour le meilleur bien sur), Moonman sort ce troisième disque qui, lui, lorgne plus du côté de l’indie-rock folk et noisy des années 90, avec des groupes comme…Sonic Youth justement, et Sebadoh. Cet album fait suite à de nombreux concerts donnés en compagnie de groupes reconnus (dont Zita Swoon, ce qui est assez représentatif de l’esprit développé par Moonman) et sonne donc, on l’aura compris, assez « live ». De surcroît, son esprit « fouilleur » et aventureux lui donne un côté très personnel et savamment décalé fort appréciable. Si l’on reconnaît le penchant noisy des premiers et ses ambiances sombres, de même que le côté lo-fi du second, et pour en revenir au premier, une tendance assez poussée à l’ « essai », le résultat est individuel, divers, et surtout, d’une qualité inespérée. Moonman propose des climats changeants et toujours prenants, sur une musique la plupart du temps faussement tranquille et qui, en certaines occasions, part dans des petits embardées rock bienvenues. Et sur le dernier morceau de ce disque, Moonman nous offre un « Team of secret rivals » en quatre parties, rejoignant dans l’esprit, et aussi dans la forme, le Sonic Youth de « Daydream nation » et son « Trilogy » composé lui de trois parties. Un formidable trip musical , certes exigeant mais magiquement bruitiste tout en offrant, au détour de ces plages noisy, de superbes accalmies plus « lumineuses » et une variété de climats captivante et saisissante. Sur ces quatre pièces bien distinctes, l’auditeur a le privilège de voir couler entre ses oreilles toute une décennie de rock indé américain. Superbe conclusion, donc, d’un disque audacieux et 100% Moonman.
Mais revenons aux dix titres qui précédent. Ca débute par « Necessary alibis », un titre assez serein, à la fois folk et rock, doté de guitares légères mais bien présentes, au chant obsédant. Clarté et désabus font ici plus que bon ménage et les guitares ont le bon goût de hausser légèrement le rythme sur la fin du morceau, ce qui au total nous donne un titre introductif magique et avenant. Arrive ensuite un morceau alerte, à la fois fonceur et léger, mélodique et bruitiste, « Careless cigarette burn », qui montre bien à quel point notre artiste a le don de doser les climats et de les faire se télescoper, ou cohabiter, avec maestria. « Mascara and glitch » qui suit, lui aussi enlevé et orné de guitares toujours aussi plaisantes, privilégie l’option rock mais en offrant, c’est de coutume avec Moonman, des humeurs changeantes et une instrumentation enrichie par la présence d’instruments moins caractéristiques de la sphère rock. Ce qui fait que la diversité, ici, est autant dans les morceaux que dans la trame sonore élaborée sur chacun d’entre eux, à l’image, donc, de la suite et de ce disque unique. Nerveusement folk sur « Self-made man », presque ...hip-hop dans les voix sur le superbe et obscur « Victim of your own device » qui rappellerait presque un Diabologum ou un Experience s’il n’était si personnel et inétiquetable, Moonman se permet toutes les audaces et retombe immanquablement sur ses pieds. Sur la seconde de ces deux chansons, une voix narrative vient affronter des guitares très loquaces et l’alliage des deux donne un titre profond et obsédant, énième grande réussite de cet opus décidément bien plus que prometteur. Et partout ailleurs, le talent, la richesse dans les idées et dans les arrangements sont de mises, tant et si bien que si l’on voulait décrire cet album de la façon la plus accomplie qui soit, il faudrait passer chaque titre en revue. Mais au lieu de cela, je me contenterai d’évoquer la sérénité et la majesté des cordes de « Female democracy », le rock débridé de « Lipstick rebel », l’harmonica de « Smother » sur fond d’acoustique (ce titre évoque le meilleur de New Model Army, c’est dire...), et ce « Bunch of liars » qui, à l’image de son auteur, marie adroitement bruit et mélodie, douceur et rage contenue. Un album magnifique, dont on n’a pas fini de découvrir les richesses, et qui se dévoile un peu plus à chaque écoute. Superbe.
D'après ce qu'on trouve en se renseignant un peu sur Moonman, un Français dont le coeur est outre-Atlantique, le bonhomme, créateur du label "Greed recordings", a lorgné tantôt vers une indie folk lo-fi à la Will Oldham, tantôt vers des improvisations expérimentales à la Fennesz, se réclamant d'une posture d'écoute comparable à celle des minimalistes américains ("Pièces pour guitare préparée"). Voilà qui s'avère alléchant. Pourtant, à l'écoute de cet album de pop-rock subtil quoique réellement burné, c'est bien davantage vers Sonic Youth, Mogwai (pour l'électricité et l'aspect post-rock/post-punk), ou Blonde Redhead voire Radiohead (pour l'aspect pop recherchée et la touche electro) que nous sommes ramenés. Certes, il y a des références plus honteuses, mais on ne peut pas dire non plus que Moonman ait inventé le fil à couper le beurre. Cependant, bien vite, la déception s'efface devant l'évidence : ce disque est bougrement bien composé, bien produit et bien interprété ; et l'ensemble tourne si rond qu'on en oublie le petit manque d'audace (à l'exception du final "Team of secret rivals", un post-rock noisy épique en quatre parties, qui réchauffera le coeur des fans de "Daydream nation"). Des titres comme "Mascara and glitch", "Lipstick rebel" ou "Victim of your own device" sont de petites bombes calibrées indie rock. Une escapade très réussie en des territoires familiers pour certains, mais captivants ; et de la très belle ouvrage made in France.
Souvent bien utiles, les dossiers de presse se
révèlent pourtant être une arme
à double tranchant : le name-dropping, bien souvent sous
forme de matraquage, peut tout autant donner envie de
découvrir le disque que l'on tient entre les mains que de le
faire passer directement par la case "poubelle" sans toucher vingt
mille euros (on a déjà vu un tel dossier
proclamer un "rock entre Bruce Springsteen et Sonic Youth" !). La
méfiance est donc de mise avec cet album de Moonman citant
allègrement, entre autres, Sebadoh et Sonic Youth (encore
eux)...
Fort heureusement, ces références sont
utilisées à bon escient tant le disque arrive
à imposer une certaine idée de l'indie pop-rock
à la française (non, ça n'est pas
toujours une insulte), ce que la pochette laissait d'entrée
supposer (Blueberry sur la lune ?). A vrai dire, Necessary Alibis est
à deux doigts du fourre-tout touché par la
grâce. On a d'ailleurs bien du mal à croire que
l'effort précédent de Moonman donnait dans la
pop-électro, tant les guitares semblent vouloir partir dans
tous les sens, explorer tous les styles. On passe
allègrement d'une bombe pop (Everything Is Kind Of Grey)
à un titre qu'on qualifiera faute de mieux de
post-post-rock-post-punk (Lipstick Rebel). Les influences et les genres
(seraient-ce donc ça les Necessary Alibis ?) sont ici des
simples prétextes pour se faire plaisir et en prendre plein
la tronche, dans tous les sens. Victim Of Your Own Device laisse
même entrevoir l'improbable marriage que pourraient
contracter Buck 65 et Deus.
Mais voilà que je me perds dans les travers que je
dénonçais en début de chronique... Le
plus intéressant est bien sûr de se concentrer sur
la musique en elle-même sans lui associer quoi que ce soit.
Et le moins que l'on puisse dire est que le disque tient parfaitement
la route, du faux-lent Necessary Alibis à la trilogie Team
Of Secret Rivals, véritable voyage musical (qui nous
mène en orbite sur la lune ?) accompli à l'aide
des guitares de Gilles Delès aka Lunt : du drone
à l'accord mélodico-dissonant, tout y est pendant
cette incroyable démonstration de vingt deux minutes,
agrémentée sur la fin d'enjoleuses voix
féminines.
Si on pourra tout juste émettre quelques petites
réserves sur la voix (un accent quelque peu francisant par
moment), la très favorable impression d'ensemble n'en sera
pas pour autant remise en cause, loin de là, tant Moonman
aura su nous séduire par sa diversité
enthousiaste.
Ecrire une chronique n'est pas toujours facile, on peut parfois perdre
ses repères, c'est le cas avec "Necessary alibis". Plusieurs
écoutes sont nécéssaires pour tenter
de définir un style particulier, la comparaison avec
d'autres groupes n'est pas chose simple, la 1ère chanson ne
ressemble pas à la 5ème...
Moonman, artiste français est à
l’origine de la création du label Greed Recordings
(Cornflake Heroes...). Son disque est assez particulier, il y a de
bonnes choses, d'autres que j'aime moins.
Je vais commencer par ce que j'aime c'est à dire ce
côté pop présent sur certains titres
comme le très bon "Everything is kind of grey", une pop
bancale à guitare entrecoupée de passages plus
limpides. Il en est de même avec la plage n°3
"Mascara and glitch" au rythme plus relevé un peu
à la Sebadoh ou Silver Jews et également
coupé par un passage avec de belles trompettes.
Ce que j'aime moins et qui peut déstabiliser, c'est parfois
le chant qui monte haut comme sur "Female democracy". Le chant de
Moonman varie d'un titre à l'autre, parfois grave, parfois
haut perché et ne laisse pas indifférent.
Plusieurs styles sur le disque avec par exemple un titre pop rock assez
speed en 8ème plage avant une chanson acoustique ou encore
des instru plus expérimentaux en fin de parcours un peu
à la Sonic Youth.
Après le succès de son premier album «
Manipulators », un disque teinté
d’électronica et autres
expérimentations musicales (« Pièces
pour Guitare Préparée »), Moonman vient
de commettre son second opus : « Necessary Alibis
». Ici, le cow-boy lunaire se lance dans des
enjambées post rock et folk, toutes plus ambiguëes
les unes que les autres. Onze morceaux dont une quadrilogie. Cet opus
ne manque manifestement pas d’ambition. Lunatique et toujours
en quête d’expérimentation, il nous
plonge dans un univers musical à la fois complexe,
torturé, et intense.
Moonman surprend et dérange à la fois.
D’une part, surprend l’auditeur par des insertions
raffinées à l'intérieur même
de morceaux rock. Sur "Mascara and Glitch", entre deux puissants riffs
de guitare électrique, s'interposent des cuivres, ajoutant
une dimension quasi majestueuse au morceau. D’autre part,
déconcerte, par une interprétation toujours
‘sur le fil du rasoir’, soit à la limite
de la précision (« Self made man »,
« Lipstick Rebel »), soit a contrario
d’une fragilité saisissante (« Smother
», « Bunch of Liars»). Il se
démarque également par son songwriting
recherché, abordant avec une certaine affliction des
éléments plus personnels sur "Self made man" ou
réalisant des comparaisons aussi réussies que
risquées entre la gente féminine et la politique
sur l’obsédante « Female democracy
». Il est clair que Moonman est un artiste singulier et
prolifique. Or, comme tout expérimentaliste,
l’ouverture d’esprit a toujours un revers de
médaille : ici, un certain manque de cohérence.
Ce qui, à la longue, conduit l’auditeur au choix
de la facilité, c’est-à-dire
s’attarder d’avantage sur des titres aux
sonorités plus ‘universelles’. En effet,
« Neccassary alibis »
s’achève, malgré quelques sursauts
d’intérêt, par une quadrilogie
décevante. Celle-ci résulte plus du patchwork de
bruits, d’interférences aux consonances post-rock,
agrémenté de quelques déclamations de
vers du poète Patrick Porter, que d’un
réel effort de construction mélodique. Dommage
l’idée paraissait pourtant séduisante.
En définitive, nonobstant une fin de parcours
décevante, Moonman est parvenu à faire honneur
à son pseudonyme. Faut dire que lorsque sa musique est
versatile, troublante et à multiples facettes elle est,
avouons-le, tout à fait captivante.
Non
contents d'avoir eu l'excellentissime idée de signer les -
forcément - excellents Cornflakes
Heroes, le label Greed
Recordings vient de livrer sa dernière
sortie, Moonman, et démontre par la
même un flair apparemment infaillible pour
dénicher des formations à la
sensibilité et au sens de la mélodie
aiguisés. (...) Des compositions pop à la fois
feutrées, denses et inventives. On tombe d'emblée
sous le charme du morceau d'ouverture, Necessary Alibis,
grâce à son rythme entraînant et
fortement cognitif. Le reste de l'album est dans l'ensemble assez
homogène, et confère à ce Necessary
Alibis une âme véritable, une
sincérité touchante et une construction musicale
résolument ouverte (Victim of Your Own Device
et Lipstick Rebel - preuve que Moonman
sait aussi livrer des rythmes plus poussés, plus rapides
mais toujours aussi bien pensés - sont là pour le
prouver).
Sans être forcément épatant, ce second
opus de Moonman se révèle
après plusieurs écoutes relativement riche, et
reflète une envie créatrice puissante. Bien que
loin d'être parfait, Necessary Alibis est
un album vrai comme on en entend de moins en moins. De quoi donner
envie de suivre Moonman sur son chemin, et de
prêter une attention plus qu'attentive à Greed
Recordings. Bonne continuation messieurs !
Personnage versatile que ce Moonman puisque, plus d’une heure
durant, le bonhomme va s’essayer à
d’innombrables styles, témoignant ainsi
d’une ouverture d’esprit que l’on
apprécie tout particulièrement à
Metalorgie. Le voilà donc auteur d’un second
effort, Necessary Alibis, à la fois riche,
déconcertant, et définitivement
éclectique. Il y en aura pour tous les
goûts…
Onze pistes, dont une dernière scindée en quatre
parties et qui récapitule à elle-seule les
orientations musicales, pour le moins disparates, de son auteur
compositeur Michel. Durant les 28 minutes de "Team of Secret Rivals",
Moonman fait cohabiter drone oppressant et shoegaze lyrique, ou bien
encore, à la manière de Jordan, rock
indé' fragile et post punk débridé.
Une proximité que l’on retrouve
également dans leur grain de voix, comme cela avait
été le cas entre les Parisiens et feu-This is the
Girl. L’interprétation tente alors, et ce
malgré certaines approximations linguistiques, de
correspondre au mieux à chacune des quatorze
atmosphères de ce Necessary Alibis. Hypnotique sur
l’inquiétante "Victim of Your Own Device",
fédératrice sur la lumineuse "Everything is Kind
of Grey", éthérée et
empoignée par l’harmonica de Duncan Roberts sur
l’Archivienne "Smother", ou enfin empruntant la
détresse d’Engine Down et le tranchant des riffs
de Tang sur "Lipstick Rebel". Par ailleurs, à
l’image de ce chant, les compositions de Moonman se parent
bien évidemment de nombreux arrangements fonction des
ambiances désirées : violoncelle de Julia
Schindel ("Female Democracy"), envolées post rock
("Necessary Alibys"), cuivres lunatiques ("Mascara and Glitch") et
autres chœurs enfantins ("Bunch of Liars") etc etc. Le tout
au service d’une musique résolument
diversifiée, mais à la production tout de
même perfectible.
Large répertoire en définitive, piochant
également aussi bien chez Sonic Youth, que chez les Blonde
Redhead de l’ami Muxy. Voilà de quoi donner envie
à certains de se plonger plus encore dans la discographie de
ce cowboy lunaire. Parenthèse : soulignons que le manque de
cohésion latent pourrait à contrario conduire une
partie des auditeurs à s’attarder uniquement sur
les mélodies proches de leur(s) style(s) de
prédilection.
On ne le répètera jamais assez : en
matière de musique, il se passe beaucoup de choses du
côté des labels dits indépendants, des
micro-labels et autres labels associatifs. Une preuve parmi tant
d'autres, cet album de Moonman paru il y a peu chez Greed Recordings,
soit un français qui verse dans la pop anglo-saxonne avec
panache sans se priver d'expérimentations bienvenues bien
que parfois hermétiques.
Le passif du bonhomme pouvait déjà laisser
entrevoir une volonté d'aller voir plus loin que le bout de
son nez, puisqu'on lui doit une série d'enregistrement
intitulée Pièces pour guitare
préparée, flirtant avec la musique contemporaine
et l'improvisation. Les plus défricheurs l'auront
déjà remarqué avec son premier EP,
Manipulators, paru chez le même éditeur.
Délaissant les rivages subtilement électroniques
de celui-ci, le musicien derrière cette entité
livre un album qu'il a souhaité paré pour la
scène, truffé de chansons immédiates
ou délicates. Rappelant régulièrement
le travail de Jon Frusciante (les échos et intonations de sa
voix particulièrement, comme sur le single Everything is
kind of grey), il doit sans doute beaucoup à Sonic Youth,
des impulsions électriques venant souvent rompre l'apparente
tranquillité de compositions joliment arrangées,
violoncelle et glockenspiel à l'appui (ainsi de Mascara and
glitch, grunge dans l'âme). Effectivement, la tension n'est
jamais très loin, comme sur le titre éponyme,
où des imprécations murmurées se
mêlent à de subtiles lignes de guitares
entrecroisées et gorgées de mélancolie.
Au rang des secousses, Careless cigarette burn constitue un petit hit
en puissance, dynamique et mélodiquement addictif, bien que
le chant nonchalant et renfermé soit parfois dommageable.
Même constat avec Lipstick rebel, titre le plus
véhément de l'opus, bourdonnant et vocalement
saturé. Agréablement surprenant, Victime of your
own device, bien que disposant d'un fond intellectuel a priori
rébarbatif (le texte est inspiré de critiques de
peintures expressionnistes-abstraites, c'est dire), s'impose comme une
audacieuse réussite sous forme de spoken-word hypnotique.
Capable de se débrancher (Smother, appréciable
comptine acoustique qui sent bon le western caniculaire), l'artiste ne
manque pas d'idées, quitte à se perdre en
détours avec Team of secret rivals, conclusion
risquée qui se découpe en quatre phases
façon The Mars Volta, passant d'un post-punk
emballé à un drone atmosphérique
pesant et grinçant pour conclure sur un chaos aux confins du
post-rock, mêlant à nouveau spoken word (Sandra
d'Another Record sur un texte du poète américain
Patrick Porter) et grésillements de six-cordes (dont celle
de Lunt d'Unique Records).
Après "Manipulators" et ses velléités electronica et "Letters from the dearest" et sa folk traitée en lo-fi, Moonman revient avec un troisième album, son plus ambitieux à ce jour. "Necessary alibis" marque le retour pour son auteur au rock avec un album pensé pour le live. Moonman a délaissé son côté laborantin et, s'il pratique toujours le songwriting (le texte, toujours important), enfourche sa guitare de pélerin ...euh de rockeur pour donner un album fort, riche et complexe. Le Picard d'adoption prend un malin plaisir à pratiquer des associations qui, si elles ne sont pas contre-natures, mêlent quand même des éléments musicaux n'appartenant pas au même rock. Mascara and glitch affirme fièrement l'intérêt de Moonman pour un rock américain tendu (Sebadoh, Pavement). Mais au milieu des riffs de guitares appuyées, surgissent des cuivres comme une apparition mélodique et classieuse que l'on n'aurait pas imaginer là. Cette volonté de surprendre marche aussi dans l'autre sens : Everything kind of grey s'amuse à détourner le single formaté radio avec une teneur garantie en pop sucrée en le confrontant aux vautours des guitares noises (dues à Gilles Lunt Deles). Joli exercice de style mais titre le plus anecdotique. Necessary alibis est, de toutes les manières, un album hétérogène allant de la folk céleste de Self-made man au brulôt post-punk Lipstick rebel, ce qui n'est pas étonnant pour un fan de Blonde Redhead. Le meilleur morceau s'appelle Victims of your own device, hypnotique et urbain, rythmé par une voix limite rap. 7' d'une ronde infernale qui rend justice à l'ultime formule du texte : "Emotional impact". L'album se termine par une quadrilogie (Moonman fait la nique à Sonic Youth en faisant plus que la célèbre trilogie de "Daydream Nation"). Team of secret rivals, fait d'improvisions bruitistes et d'haltes ambiantes, marque l'aboutissement à la musique de Moonman et plus généralement au rock, débarrassé de sa narration, et n'exprimant que son émotion intrinsèque, sauvage et expressionniste. Une fin évidente pour un album en forme de jeu de pistes. Passionnant.
Après un premier ep « Manipulators » (Greed recordings – 2003) pop indie teinté d'électronica, Moonman revient par un « Necessary Alibis » pop indie brillante.Moonwan a depuis travaillé son besoin viscéral d’exploration sonore avec la série des « Pièces pour guitare préparée » (Greed recordings – 2003/2005). Une « Une trilogie intrigante axée sur des motifs répétitifs et contemplatifs joués majoritairement sur guitare accordée alternativement ou en open tuning, distillant une musique improvisée et exigeante aux confluents de Steve Reich, Fennesz ou Aerial M. Ces enregistrements sont disponibles en mp3s ou en version physique sur le site du label en Creative Commons License »dixit le dossier de presse. Perso, Moonman je ne connaissais pas, mea culpa mon garçon, vraiment et très sincèrement je le regrette car étant un amoureux d’un groupe comme Pinback, je me délecte de cette pop folk indé. Moonman égrène dans ses mélodies cette magnificence naturelle, fruit d’élaboration quasi minutieuse de mélodies qui s’insèrent dans une suite alambiquée et déviante. Cette pop complexe qui de Wilco à Sebadoh a depuis choisi ses armes. Ainsi et du folk introspectif de Will Oldham jusqu’au post rock de Jim O’Rourke, Moonman applique a son indie pop d’inquiétante déstabilisation sonore. Entre les deux on voit apparaître le mélange envoûtant de Pinback et de John Frusciante par de subtils échos. Le far west musical a depuis fort longtemps ses propres chaînes de montage en carton pâte qui fabrique des hectolitres de soupe prête à consommer. C’est avec son colt que Moonman, cet astre lunaire a composé un album de pop hybride et a définitivement liquidé ces charlatans. On finit ce « Necessery Alibis » sur la quadrilogie « Team Of Secret Rivals ». Véritable antidote post-punk instrumental et poison venimeux au final apocalyptique qui oppresse par sa langueur, son essoufflement haletant. Une lutte intestine entre Moonman et Lunt (Unique records) saturée de guitares cristallines, d’effusions de larsen, sur fond de spoken word de Sandra (Another Record) sur un texte du poète américain Patrick Porter. Moonman est un artiste à retenir d’urgence, et pour ma part à puiser dans son passé musical pour y trouver des perles musicales.
Il est parfois curieux comme 2 albums, de 2 artistes
différents peuvent vous procurer le même
sentiment. Il m'est arrivé ceci en écoutant
Moonman. J'ai eu la curieuse impression de me retrouver quelques mois
en arrière lors de ma découverte de My Name Is
Nobody. Ma première réaction fut la
même : une sorte de rebus à l'écoute du
chant. Il est vrai que ce dernier dans les premières
secondes peu choquer. Il semble parfois à la limite du faux
et ce n'est qu'aprés de longues minutes que l'on se rend
compte de sa puissance envoutante. Car ici, comme pour My Name Is
Nobody, chaque chanson est un voyage apaisant. Les 11 titres
s'égrennent lentement toujours accompagnées d'une
mélodie agréable, d'un riff bien
trouvé ou d'une idée évitant l'ennui
de "la lenteur". Cette drôle de voix nous accompagne dans ce
parcours semé d'univers différents mais dont
l'écoute en entier ressort un calme et une
sérénité certaine. Un album
taillé pour être écouté sous
la couette en charmante compagnie, un dimanche pluvieux. Toutefois, on
ne peut résumer ce 11 titres à quelques
mélodies agréables et à une douceur
aparrente. Le dernier titre de l'album vaut à lui seul le
détour. Long de plusieurs minutes il se décompose
en plusieurs chapitres, chacun entrecoupé de longues
montées atmosphériques (souvent oppressantes et
graves). On est parfois dans le post punk (comme au sein du premier
chapitre), parfois dans la pop épurée. Le tout
est effectué avec une classe certaine.
Si comme moi vous appréciez la beauté d'une
musique simple, prenant le temps de vous transporter loin du stress
quotidien, sachez que Moonman est une valeur sûre. Cet album
vaut autant qu'une scéance de yoga.
Habituellement, quand on attaque la chronique d'un disque on a
déjà une idée du style auquel on va le
rattacher, pour bien expliquer aux gens de quoi il s'agit, si c'est
plutôt Beatles ou bien Metallica.
Avec Necessary alibis, c'est un peu différent, je n'ai
aucune idée de ce à quoi je pourrais faire
référence pour vous donner une idée de
ce disque. Pourquoi me demanderez vous, et je serais bien
embarrassé pour vous répondre car je ne sais pas.
Soit parce que Moonman a un style bien à lui, soit parce que
le mélange de différentes influences est
parfaitement géré et crée de fait un
style propre, soit parce que Moonman n'a pas de style. J'exclus
directement la dernière hypothèse pour la simple
raison que ce Necessary alibis est un très très
bon album. En fait je dirais que la réponse est un
mélange de la première et de la
deuxième hypothèse.
En effet, grâce à des influences
irréprochables impeccablement
digérées, les Moonman ont trouvé
désormais leur voie. Et de bien belle façon
puisque ce disque contient quelques incontournables et
entêtants morceaux comme le titre d'ouverture au refrain
imparable, ou encore de "Victim of your own device" hypnotique, sorte
de mélange entre un rock dur scandé et une
composition plus électro pop. pourtant, dans les faits, de
l'électro il n'en est que peu question sur cet album.
Guitares, basse, batterie font des merveilles et c'est un son "lourd"
qui donne à Necessary alibis son ambiance, sa Moonman's
touch. Cette touche toute particulière est d'ailleurs due en
partie à la production de Gilles Deles,
déjà croisé sur les productions de
Angil, ou encore Half Asleep.
La voix aussi a son importance, si elle peut agacer, un peu trop
retenue dans la gorge, sur certains titres elle sait s'imposer quand il
le faut comme sur ce refrain remarquablement efficace dans "Necessary
Alibis" ou encore une fois sur "Victim of your own device" qui a
décidément toute les qualités d'une
chanson faite pour durer. "Lipstick Rebel" est également un
morceau qui se démarque par des guitares très
incisives, proche du rock new yorkais un peu "sale" des Sonic Youth et
que l'on pourrait imaginer sans peine chanté par Kim Gordon.
On passera rapidement sur "Team of secret rivals", le quadriptyque
final 4 morceaux pour 1 seul titre, un peu trop arty dans le concept.
Mais on ne passera pas sur l'écoute de ces titres qui eux
aussi ont une densité proche de ce que l'on peut retrouver
du côté du post rock (notamment sur la
première partie), même si le traitement et les
arrangements n'ont pas grand rapport.
Moonman, un petit pas dans l'histoire du rock mais un grand pas pour
les heureux possesseurs de ce disque.
(...)Moonman, pour attirer, a certes baissé la garde, mais
comment s'en plaindre quand on repense aux séances de
réanimation nécessaires après les
écoutes de "Manipulators". Guitares au-devant (l'hargneux
"Mascara and Glitch"), arrangements assouplissant le propos, Moonman se
transforme de pompier en cow-boy charmeur ("Self-Made Man) pouvant
souffrir de la comparaison avec un Joseph Arthur en passe de
connaître le calme sous son crâne. En
assouplissant, en arrondissant les angles de son écriture,
Moonman prendra acte de sa nouvelle perception. Nécessaire.
moonman : letters to the dearest (2006)
Compositeur et interprète à la voix fragile, Moonman joue des chansons sombres, hantées, oniriques, mélancoliques. Les sons semi-acoustiques vacillent lentement sous le poids d'émotions intimes qui émergent à la surface, sans retenue. Ces onze titres au caractère furtif sont enrichis d'électronique, de chœurs aux échos mystérieux, de reflets organiques.
Pour cette deuxième collaboration avec le label
Greed Recordings, Moonman réalise, une
nouvelle fois, un projet de très bonne qualité
tout en conservant ses valeurs.
En effet, dans cet album de onze titres intitulé Letters
to the Dearest, on retrouve l’électro
pop rock de l’album Manipulators : un
rythme lent accompagné d’une voix
envoûtante. Ce mélange de guitares folk et
d’effets rythmiques et sonores planants à la Thee
More Shallows nous entraîne dans un univers
étrange, son univers, dans lequel on se retrouve
bercé par une voix proche de celle de Radiohead.
Bref, que du plaisir offert par Moonman
avec cet album à écouter d’urgence.
"Letters to the dearest" rassemble onze titres solidement ancrés dans une écriture pop folk, mais qui ne perdent pas une occasion de partir de traviole: guitares répétitives, rythmiques sauvagement empruntées au trip-hop, ambiances décalées, filet de voix vaguement dissonant qui s'étire.
En allant me balader sur le site de Greed Recordings j'ai pu lire au sujet de " Letters To The Dearest " que cette collection de chansons était une sucrerie. Fausse modestie, incapacité au recul, distorsion même dans le jugement ou tout simplement haine farouche des diabétiques, ce "Letters To The Dearest" a autant de la sucrerie que la discographie de Smog des chansons à boire. Seul en auto-sampling de guitares acoustiques et électriques, Moonman garde la souplesse de Necessary alibis lui adjoignant de la spontanéité et ce petit rien de fêlure qui font de ces chansons de petites perles brillantes comme au fond d'une mer d'huile. De plus en plus proche de l'univers de Joseph Arthur ("Ocean" tourne en boucle chez moi depuis des lustres), Moonman l'est aussi de plus en plus de nous, chassant cette froideur que nous pouvions ressentir (ou suis-je le seul ?) pour une proximité qui touche au raffinement. Au final on se demandera qui éclipsera l'autre de "Necessary alibis" ou "Letters To The Dearest" quand pèseront dans la balance des titres comme "Underground Design", "Rich Son Of A Bitch" ou encore "Write On Invisible Shores". Laisser vous prendre la main dans le sac.
Parlons technique et de cet oversampling qui révolutionne le
songwriting. On commence sérieusement à
connaître le principe, ces gimmicks de guitare mises en
bouclent qui s’entassent les uns après les autres
sur des rythmiques multiples. ; ces arpèges
déliés et clairs qui se détachent des
sonorités plus sourdes. Une technique, qui rend le
guitariste tout-puissant, lui permet d’assouvir ses
désirs démiurgiques et de garder toujours un pied
pour lancer une boîte à rythme. A terme,
l’habileté risque d’être prise
pour du talent. Heureusement, les artistes veillent : Arman
Méliès, Angil…mais aussi Moonman.
Déjà repéré avec
Manipulators en 2003, cet originaire de l’Oise a ce
supplément d’âme qui en fait un artiste
d’exception. Une voix fêlée (comprendre
« remplie de félures ») qui
s’exprime avec une délicatesse extrême
dès le court Naked soul without a mission, un
début d’album qui rappellera celui de Perry Blake
sur The Crying room, une entrée en matière sur le
pointe des pieds.
Moonman domine les débats par cette sensibilité
hors-normes. La musique derrière peut-être
répétitive : cette présence
chaleureuse presque soul, ainsi que la beauté sonore des
guitares nourrissent sans cesse ces mélancoliques
mélopées. Moonman tire les enseignements de Cure
(Underground design), Windsor for the derby ou de Smog. Comment ne pas
dès lors s’élever en
écoutant Better ? Se sentir emporté par le
gimmick "pinbackien" de Ocean ? Ou être ému par le
pourtant brut The rigid stars were strong ? Mais on pourrait les citer
tous. Letters ot the dearest sort sur un MP3-Label : il est
appréhendé comme un album de transition, en
attendant un nouvel opus, distribué par des voies plus
naturelles. Il n’en demeure pas moins carrément
essentiel. A l’heure des bilans, Moonman sera
considéré de tous comme une des
révélations de l’année. Pas
moins.
« Letters to the dearest » est certes pour Moonman
un album de transition, qui inaugure le concept de mp3 label chez greed
recordings, avant son « Necessary alibis » (sortie
prévue prochainement). Néanmoins, ces morceaux
sous licence CC, disponibles librement sur le site du label, permettent
justement de saisir le musicien en situation, à
découvert, plus spontané.
Le résultat, brut, est composé de morceaux
basés sur de l’auto-sampling de guitares
acoustique et électrique et de parties vocales.
C’est l’un des premiers
intérêts de cet album qui, à partir
d’une matériau épuré,
accomplit une mise en son comparable à des constructions
architecturales. Moonman convie ainsi l’auditeur dans ce
micro-univers intimiste aux teintes peu nombreuses, mais habilement
déclinées qui laisse la place à une
liberté fragile et hésitante. Cela se traduit par
des rythmiques assez simples autour desquelles se tissent des
mélodies qui osent parfois la dissonance de
manière réussie et envoûtante.
Si les références à Jim
o’Rourke, Cat Power ou Wilco étaient souvent
conviées pour décrire sa musique, il faudrait
plutôt voir ici un pont esquissé entre Smog -
sobriété - et Matt Elliott - opulence harmonique
-. Plus proche de nous, Moonman réalise un
équilibre entre le songwriting sensible d’Angil et
les expérimentations de Thomas Mery.
A l’arrivée, un album très convaincant
dont ressortent des chansons marquantes et particulièrement
inspirées (“Ocean”, “Write on
invisible shores”) qui tutoient même les sommets
(“Better”). « Letters to the dearest
» nous fait attendre avec beaucoup d’impatience le
fruit de sa collaboration avec le nouveau Steve Albini
français : Gilles Deles (rires !!!)
dana hilliot and his friends : misfit (2006)
Difficile de faire œuvre plus intimiste. Même s'il bénéficie de la présence de "corps étrangers", ce deuxième opus resserre l'expression au plus près de Dana Hilliot. A tel point que ce folk-là s'apparente à une extension de son auteur, une interface au plus profond de l'être. Ces chansons revêtent un accompagnement musical réduit à sa plus simple expression. Les musiciens et chanteurs qui s'y expriment n'ont d'autre issue que de suivre le chemin imposé. Piano, bruits de pluie ou accords discrets de guitare forment le squelette des chansons. Il faut ainsi plusieurs écoutes avant qu'elles ne révèlent totalement leur profondeur. L'auditeur sera pleinement récompensé. Bien que le fruit de visions ou d'impressions personnelles, "Misfit" résonnera alors pleinement dans son esprit.
Au départ, on s'ébroue d'une mélancolie sourde, soyeuse et sombre, qui touche à la détresse. Les notes du piano de Delphine Dora, viennent s'aligner doucement, la flûte impose le dépouillement d'une comptine naïve, et Dana parcourt à chaque fois la distance minuscule, mais essentielle, qui bascule de la tristesse à la joie.
Un arpège de guitare acoustique, une voix en anglais
feutrée pour un ensemble qui n’est sans rappeler
Syd Matters. C’est ainsi que s’ouvre ce nouvel opus
de Dana Hilliot, lui qui s’appelait Tino dans une vie qui
ressemble fort à celle d’un autre. Membre actif du
label Another Records, le voici aujourd’hui qui sort son
deuxième album sur la structure Greed Recodings.
Pour l’occasion, il s’est entouré de
quelques amis comme Valérie Leclerq aka Half Asleep ou
Delphine Dora dont le piano laisse paraître une douce
lumière dans ce songwriting épuré et
mélancolique, qui traduit sans aucun doute une
sensibilité sincère. Spontané, on
retrouve la simplicité qui nous avait
déjà séduit sur "I was a rabit and I
won". "Misfit" raconte sans pudeur des souvenirs, les faux-pas des uns,
les émotions des autres, les rencontres, le gris de la vie.
Malgré quelques maladresses qui donnent un charme
à l’ensemble, Dana Hilliot dévoile un
ensemble de chansons séduisant et un brin
mystérieux. A découvrir.
(...) Entre fragilité et simplicité, entre spontanéité et dépouillement. Le rapport d’intimité qui peut se créer alors entre le musicien et l’auditeur s’enrichit de cette absence d’artifice et explique pourquoi cette musique sait être si touchante.(...) Le mystère et la mélancolie sont conviées dans un ballet sobre et émouvant...
En décembre 2004, le premier album de Dana Hilliot and his Friends secouait durablement quelques esprits jusqu'à s'imposer à eux comme l'un des disques de l'hiver. Moins ambitieux dans son exécution (les chansons sont à peu près toutes construites autour d'un piano fédérateur) et plus ramassé dans sa forme (25 minutes), ce second volet des aventures acoustiques de Dana Hilliot n'en est pas moins un beau disque, où l'on retrouve avec grand plaisir la voix traînante, solennelle dans son éternelle complainte, de cet homme énigmatique, à l'épanchement facile et touchant, aux confidences mêlées d'impudeur légère ("Looking for a Prostitute") et de laisser-aller cathartique ("Song for L"). De toutes ces confessions, l'auditeur se fait à la fois le réceptacle et le miroir. Au delà de toute volonté de paraître, d'impressionner ou d'accrocher l'attention, Misfit est l'une de ces mystérieuses réussites intemporelles qui rendent la musique tellement moins vaine que toute tentative de l'expliquer par des mots.
the century of aeroplanes : two children moving in opposite directions (2006)
For the more adventurous experimental music lover. They are a big band, including people on trombone, percussion, voice, violin, viola and guitars. They have had releases on WM Recordings and Unlabel, and here are presented on CDR. They play a kind of modern classical mood music, where I was reminded of the Boxhead Ensemble, even when these pieces are not directly linked to film. There is a certain cinematopgraphic quality to these pieces. Influences seem to be coming directly from the world of minimal music, with Steve Reich being the most obvious one. It is a pity that some of these pieces are so short, only spanning two or three minutes and that is too short to get into the piece. They are located at the beginning of this release, as towards the end things are longer and they go more indepth into the composition. Quite a nice release this one.
The excellent electro-acoustic group Century of Aeroplanes returns with another online album, this time from Greed Recordings. Two Children Moving In Opposite Directions again presents a wide range of ambient styles in its ten tracks but is a coherent and satisfying whole. Some tracks evoke Reichian minimalism (”41 Figures” and “Dance No. 2″) while others reveal a strong influence from the drone-rock of Sonic Youth. “Rebuttal To Fundamentalism” is a good example as it exhibits a little of both worlds. “Spelling Bee Stings” is atypically lively and features some stunning violin work. “Postcard” is a charming piece with an asian sensitivity. My favorite track is “100 More Years”. It is a very melodic work with a barren beauty that reminds me of northern lights and open spaces. As much as I liked Collier and company’s previous effort, I have to say that Two Children is even better.
The album is available in VBR MP3 (ave. 156kbps). If you like the music, you can support the artist by buying the deluxe CD-R edition with much better sound and artwork.
cornflakes heroes : off with your heads !(2006)
Rien qu’à lire le nom très fendard des Cornflakes Heroes, on se dit qu’on va passer un moment sans prise de tête excessive, même si pour la prise de risque, on repassera. En ligne directe avec un son pop rock léger, voire primesautier, le quatuor caennais appuie modérément sur la pédale des gaz, chemises grandes ouvertes au rock américain des nineties (mais en version light). Tout en mêlant un sens de l’humour parfois ravageur (l’intro de "Behaviour Lessons", qui rappellera à chacun la torture/la bénédiction – biffer la mention inutile – des cours d’anglais au lycée) et une propension mélodique évidente (on dirait par moments du Kimya Dawson rock), les amis d’enfance Thomas et David se démarquent aisément de tous ces inutiles groupes hexagonaux qui se prennent pour des rock stars mondiales (Aston Villa, Kaolin, ce genre). Certes, et de toute évidence, le chant de Thomas – parfois secondé de la bassiste Claire – n’a pas l’élégance racée de ses collègues strasbourgeois Thomas Walter (aka T.) et Spide (Loyola), mais il serait exagérément sot de snober la bonne humeur de titres comme "High Heels On the Beach", que les Herman Düne doivent avoir un jour imaginés dans leurs délires les plus cheap. Le genre de disque honnête et décomplexé qui mérite plus qu’une place honorable dans votre discothèque.Quand on entend parler pour la première fois de Cornflakes Heroes, ce qui attire tout de suite l’attention, c’est ce drôle de nom de groupe. Quand on a entre les mains pour la première fois ce Off with your Heads!, ce qui attire tout de suite l’œil, c’est cette drôle de pochette. Quand on écoute pour la première fois cet album, ce qui accroche tout de suite l’oreille, ce sont ces guitares !
Guitares en permanence mises en avant, mais loin d’être répétitives. On ne citera pas toutes les influences qu’on peut retrouver dans la musique des Cornflakes Heroes, elles sont trop nombreuses, trop ténues pour que cela puisse signifier quoi que ce soit. Ce qu’on retiendra surtout, c’est cette atmosphère, née du mélange de toutes ces influences, qui se dégage de l’album. Qu’elles sonnent rock’n’roll (“Bible Belt”), pop (“She said my Girl was here”), folk (“Take me out of Town”), noisy (“Frozen Water”), ou même psyché (“Behaviour Lessons”), pour ne citer que ces titres, elles sont bel et bien là, ces guitares. Mais elles ne sont pas les seules. Car l’autre grosse caractéristique de cet album, c’est la voix du chanteur, Toma. Une voix un peu éraillée, juste ce qu’il faut pour s’accorder avec la rugosité de la production. Car ici, pas de son léché. Un timbre suffisamment rêche pour accrocher l’oreille, pour que le refrain du tubesque “Silly Boys are untrue” s’immisce en vous sans même que vous vous en rendiez compte, pour que le rythme entêtant de “Lifeline” vous envoûte en un clin d’œil.
Avec cet album, on peut dire que le Caennais arrivent à bien brouiller les pistes. Avec leur indie-rock qui ne ferait pas rougir un groupe américain, ils arrivent quand même à nous surprendre avec leur titre a capella (“High-heels on the Beatch”), ou avec le sample de conversation téléphonique sur “Behaviour Lessons” qui rappellerait certains souvenirs… (si, si, rappelez-vous : unit four, lesson two…). Enfin bref, tout ça pour dire que même si cet album regorge de références, il est assez extraordinaire dans sa manière de mêler clins d’œil et innovations. Un “must” dont on ne se lasse pas !
Rien qu’à lire le nom très fendard des Cornflakes Heroes, on se dit qu’on va passer un moment sans prise de tête excessive, même si pour la prise de risque, on repassera. En ligne directe avec un son pop rock léger, voire primesautier, le quatuor caennais appuie modérément sur la pédale des gaz, chemises grandes ouvertes au rock américain des nineties (mais en version light). Tout en mêlant un sens de l’humour parfois ravageur (l’intro de "Behaviour Lessons", qui rappellera à chacun la torture/la bénédiction – biffer la mention inutile – des cours d’anglais au lycée) et une propension mélodique évidente (on dirait par moments du Kimya Dawson rock), les amis d’enfance Thomas et David se démarquent aisément de tous ces inutiles groupes hexagonaux qui se prennent pour des rock stars mondiales (Aston Villa, Kaolin, ce genre). Certes, et de toute évidence, le chant de Thomas – parfois secondé de la bassiste Claire – n’a pas l’élégance racée de ses collègues strasbourgeois Thomas Walter (aka T.) et Spide (Loyola), mais il serait exagérément sot de snober la bonne humeur de titres comme "High Heels On the Beach", que les Herman Düne doivent avoir un jour imaginés dans leurs délires les plus cheap. Le genre de disque honnête et décomplexé qui mérite plus qu’une place honorable dans votre discothèque.
Quatuor originaire de Caen, les Cornflakes Heroes sont de véritables héros. Jugez plutôt, ils ont enregistré cet album, leur premier, illico presto en 2 jours au Big Band Café de Caen… ce qui forcément confère à « Off with your head ! » une fraîcheur indéniable qui ici fait mouche dès les premiers accords du morceau d’ouverture « Bibble Belt » et ses ouh ouh franchement communicatifs, mais aussi une urgence pop des plus frivoles « Silly Boys are untrue », et quand l’occasion en fait le larron, une spontanéité indie-rock « Lifeline » et une délicatesse faite folk épatante « Take me out of town ».
En direct provenance de Caen, mais totalement décomplexés, les breakfast euh pardon les Cornflakes Heroes nous distillent avec classe des morceaux dont l’influence anglo-saxonne se fait ressentir dans tous les coins et re-coins.
Loin de nous l’idée de le leur reprocher. Au grand dam de nombreux groupes qui le tentent et en rêvent les yeux grand ouverts, le chant tout en anglais est ici des plus réussis (même a capella et sous influence Beach Boys, « High –heels on the beach » c’est dire !). Et ce n’est pas la seule chose que l’on retiendra d’eux… Car certes leur nom, pour le moins inattendu, et leur pochette rigolote sont habiles, mais leur musique ne l’est pas moins !
Pour présenter ce premier disque il est peut être nécessaire de prendre un premier moment pour présenter le groupe. Il s'agit d'un quator rock'n'roll, 2 guitares, basse, batterie, avec un garçon à la guitare (Toma), et une fille (Claire) à la basse pour chanter. Pour mieux les connaitre en fait je ne saurais trop vous encourager à aller les voir sur scène où ils sont tout bons.
On a visiblement affaire à des enfants des 90's et leur coeurs semblent vibrer résolument au son de Pavement ce à quoi le mien, de petit coeur, ne peut que trouver une résonnance heureuse.
Mais trêve de préliminaires et plongeons nous dans les 12 titres de Off With Your Heads !
Contrairement à ce que pourrait laisser penser mon préambule, nos super heroes du petit dejeuner, bien qu'ils assument avec classe l'héritage des 90's n'ont rien d'un bête groupe revival et l'album est tout aussi rejouissant qu'aventureux.
Loin de se contenter du rock noisy qui coule visiblement dans leurs veines, ils explorent tous les territoires du rock indé dans les grandes largeurs, de la chorale de "High Heels On The Beach" au post rock de "Behaviour Lessons", sans jamais perdre une seconde une identité forte, marquée par un mélange de dérision et de lyrisme brulé plus qu'attachant.
Pour conclure avec concision, on a là affaire à un très bon album et quand on sait qu'il a été enregistré en seulement deux jours, on ne peut qu'espérer avec joie la suite, et leur souhaiter tout le succès qu'ils meritent, en régalant nos petites esgourdes des bombinettes qui fusent de tous les cotés de cet album qui soit promet énormément, mais surtout qui donne déjà beaucoup.
Indie, Indie, Indie. Non, je ne réclame pas le retour du héros au fouet pourfendeur de nazis, qui reviendra d’ailleurs de lui-même sans notre aide, mais plutôt d’une chose qu’on ne peut nier avec les Cornflakes Heroes, c’est qu’ils sont indie jusqu’au bout des cordes. Les trois garçons et une fille ont beau aligner une liste impressionnante d’influence sur leur Myspace, naviguant entre le Wu-Tang Clan, Serge Gainsbourg ou Thelonious Monk pour ne citer que les plus extrêmes, ils n’en demeurent pas moins les héritiers noise-pop de Pavement et de Sonic Youth (je vous rassure, ceux-là sont aussi dans la liste). C’est donc avec la panoplie adéquate que les caennais débarquent avec ce premier album : nom de groupe ironique, qui fleure bon l’autodépréciation et l’autodérision, pochette aux dessins étranges et enfantins. Et on peut aussi compter sur l’indispensable autoproduction au son lo-fi mais pas trop, le tout avec barbe comprise. Vu comme ça, c’est une description un peu rude pour un groupe qui se voudrait original. Et ce serait surtout injustifié. Surtout que seul le chanteur porte la barbe.
Faisons donc taire les clichés et concentrons-nous sur ce que le groupe a à nous offrir, c’est-à-dire douze chansons, variées et cohérentes, jamais ennuyeuses. Ça commence plutôt pas mal avec Bible Belt et ses velléités anticléricales. « Take off my belt / My bible belt » nous clame-t-on avec un certain sens de la formule, tel cet Off With Your Heads ! qui sert de titre à l’ouvrage, nous invitant à laisser parler le corps, mais aussi à nous décapiter ! Ne leur en déplaise, la suite parle autant à nos guibolles qu’à notre matière grise. Du coup, ça rocke, ça folke à droite et à gauche dans un dosage plutôt bien réparti.
Clairement, la voix de Thomas, chanteur-guitariste a le même timbre chevrotant qui ne s’embarrasse pas de justesse, que l’un des frères Herman Düne. Une influence qu’on retrouve aussi musicalement dans certains passages folk, tels Good For Nothing (auto dépréciation, je vous le disais bien) ou Overcome. Des morceaux qui savent se faire plus calmes, plus suaves, voire franchement pop, comme cet hymne-comptine à chanter autour du feu High-Heels On The Beach, lorgnant vers les Garçons de Plage qui seraient accompagnés d’une chorale approximative. Prompt à souligner avec humour les travers de notre société de consommation et de paraître, l’amusant Behaviour Lessons débute sur une conversation téléphonique des plus courtoise dans le plus pur style propagande fifties. Il arrive aussi que la féminité parle au gré du chant délicat de Claire alias la bassiste.
Parsemé de chansons malignes aux mélodies efficaces, Cornflakes Heroes est à son meilleur quand il laisse parler les guitares, que ce soit dans un dialogue entre deux manches ou quand les six-cordes vrombissent dans un pur esprit sonic-youthesque, qu’elles font parler les accords qui partent en vrille et qu’elles s’allient pour faire parler toute leur puissance vicieuse et faire remuer la tête (Lifeline).. Le groupe alourdit même le propos avec le massif Frozen Water, qui termine l’album à la frontière du metal, avec son plombé et solo de guitare.
Sans transcender le genre, Cornflakes Heroes se tire honorablement de l’épreuve du premier album autoproduit. Capable d’une bonne variété d’ambiance et malgré quelques apporximations, le groupe gagnera sûrement à l’avenir en puissance sonore et en qualité d’écriture et surtout en singularité, mais il n’est jamais trop tard pour les soutenir en achetant ce disque et en allant les voir en concert à défaut de pouvoir voter pour eux par SMS en prime time.
Leur nom
prête volontairement à sourire, mais les
Corflakes Heroes ne se réduisent heureusement pas
musicalement à une blague de potache.
On pourra difficilement le leur reprocher, c’est
sur les traces du Velvet Underground, de Sonic Youth ou Pavement que
ces musiciens hexagonaux s’engagent. Des
références illustres, dont ils ont
malheureusement un peu de mal à
s’émanciper.
Quelques ingrédients pourtant pour nous gagner à
leur cause : riffs distordus bien sentis, mélodies
et refrains accrocheurs, et une dose de douceurs pop conviant des
chœurs féminins en renfort. La formation est
classique (guitare, basse batterie), avec cependant
l’apport de quelques facéties
au moog (sans doute trop discret).
L’album démarre efficacement, avec son lot de
titres fédérateurs : Bible Belt, Silly boys are
untrue, et surtout Good for nothing. Words on the doorway
s’avère également réussi,
dans un registre pedalsteel shiny que ne renieraient pas les
(énervants) Herman Düne, autre
référence flagrante de cet album
(écoutez Frozen water). Au niveau du chant, la ressemblance
en devient troublante : la faute au timbre de Toma,
perçant et nasillard (so indie ! c’en devient
malheureusement agaçant).
Cela n’aide de fait pas à poser la
personnalité d’un disque qui possède
pourtant quelques atouts non négligeables pour
séduire l’auditeur, à quelques erreurs
près (on a déjà
évoqué le chant qui manque de naturel, on
évoquera aussi l’acapella incongru
façon chorale hippy de High heels on the beach).
L'indie-rock décontracté de Cornflakes Heroes
possède pour conclure quelques titres réellement
bien troussés, mais peine pour le moment à
convaincre tout à fait, par manque de
singularité.
Il va bien falloir se
rendre à l’évidence: le rock hexagonal
a son nouveau porte étendard : Greed Recordings. Responsable
de l’album Necessary Alibis de Moonman à la fin de
l’année dernière (voir par ailleurs),
grand album de rock Sonic Youth-ien, le label, basé dans
l’Oise, ressort les couverts en argent et propose
aujourd’hui le premier album des Cornflakes Heroes.
Quatuor à la formation classique (guitares, basse,
batterie), les Cornflakes Heroes viennent de Caen et chantent en
anglais, avec un accent frenchy très peu marqué
qui rend leur musique encore plus anglophone.
Car oui, ce disque, s’il est bien francais, n’en
reste pas moins très indie-rock dans l‘esprit. Sur
les douze morceaux et quarante-cinq minutes qui composent ce disque, on
se balade en croisant et frôlant les fantômes de
Sebadoh, Pavement ou Dinosaur Jr. Et si l’on prête
bien l’oreille on perçoit aussi quelques petits
clins d’œil appuyés au Velvet
Underground, Nick Drake ou même à Herman
Düne (évident sur le très bon High Heels
On The Beach).
A l’inverse, bizarrement, sur Lifeline, on a
l’impression d’entendre quelques riffs
acérés que l’on retrouve
aujourd’hui sur le surpuissant Brainstorm des très
bons Arctic Monkeys (cuvée 2007). Comme quoi…
Très bien écrit, particulièrement
drôle (ah, ce ‘Behaviour Lesson’
où le souvenir de nos cours d’anglais de
quatrième quand on apprenait la langue de Shakespeare sur de
vieilles cassettes remplies jusqu’à la gueule de
dialogues ineptes mais plein de vocabulaire, qu’on oubliait
aussitôt après l’avoir appris), avec un
côté sarcastique très
agréable, ce premier opus des Cornflakes Heroes est plus
qu’une réussite : une galette à
célébrer, confirmant
qu’aujourd’hui, le rock hexagonal
s’épanouit du côté de
l’Oise. Comme quoi, pas besoin de venir de Paris ou
d’avoir un papa influent dans un journal
spécialisé pour faire du rock.
Dans une période où l'on parle d'un "renouveau" du rock de chez nous et où le fait de chanter en français ou pas fait débat, reconnaissons aux Cornflakes Heroes, qui publient leur premier album loin de tout battage médiatique, le mérite de remettre les vrais enjeux sur la table. Car ce genre de débats ne sert souvent qu'à masquer une compétence aléatoire aussi bien en terme d'interprétation que de composition.
Ici, les quatre Cornflakes Heroes (trois gars, une fille) prouvent que la pop indé n'est pas là pour nous rejouer la campagne sur l'identité nationale, qu'elle ne connait pas de frontières mais sait reconnaître ses plus habiles artisans. C'est précisément tout ce qui séduit sur ce "Off With Your Heads" : un sens de la composition affuté qui fait la part belle à des mélodies pop virevoltantes et universelles, Bible Belt, Words In The Doorway en tête, mais également une capacité à varier les ambiances, à tendre le propos, comme sur Behaviour Lessons, She Said My Girl Was Here, Frozen Water, morceaux qui ne sont pas sans rappeler la ligne la plus claire de Sonic Youth.
Les Cornflakes Heroes brillent aussi par leur cohésion : la guitare est en avant, parfaitement soutenue par une section rythmique au diapason, et les mélodies sont portées par une voix légèrement éraillée qui donne l'impression de chanter avec le sourire. Pas une once de lourdeur ou de redondance dans tout celà, un morceau comme Good for Nothing, que Pavement n'aurait pas désavoué, se posant même comme une leçon à méditer pour beaucoup. Ne passez pas à côté.
Au petit déjeuner, les Cornflake Heroes se sont empiffrés de rock indé anglo-saxon ; ils en retiennent le sens de la dérision et une coolitude faussement désinvolte que l'on aimait par exemple chez Pavement. Le début est pimpant ("Bible belt", "Silly boys are untrue"), en conformité avec le programme fêtard du titre (clin d'oeil au "Out of our heads" des Stones ?). "Off with your heads !" est foutraque et teenage dans sa manière de partir dans tous les sens, comme sous l'effet d'une poussée d'hormones : "Behaviour lessons", exercice ironique à la Diabologum sur un dialogue en anglais complètement insipide (on dirait une cassette de cours), qui vire ensuite Sonic Youth ; ou encore "High-heels on the beach", chanté a capella. D'autres titres acoustiques (le folk cabossé de "Overcome", la pop légère de "Take me out of town") montrent un visage plus mûr.
Enregistré au Big Bang Café de Rouen, le son est assez rêche, la voix de Thomas (guitare et chant) rappelle celle de David-Ivar (le barbu de Herman Düne) ou encore David Bejar (Destroyer). Volontairement inconstant, "Off with your heads !" est attachant comme le chewing-gum qui collait sous les baskets dans les couloirs du lycée : un souvenir sympa et un peu daté.
Excellente surprise que ce premier album des Cornflakes Heroes. Les yeux rivés vers l'Ouest, le groupe de Caen a mis le cap vers la californie. Leur pop rock respire l'électricité des premiers Byrds, Jefferson Airplane, Love. Les influences plus récentes se situent entre Sebadoh et Herman Dune. Ils ont fait preuve tout au long de ce premier effort d'une grande maîtrise dans l'écriture des phrases mélodiques. Respectant les règles du format pop pour mieux s'approprier les arpèges de la dissidence. Deux morceaux se détachent de l'album. "Bible Blet" et "Lifeline" appartiennent à la grande lignée des classiques pop rock. Intemporels, indémodables et imparables. L'élegance est au rendez-vous sur les autres plages ensoleillées de ce "Off with your heads". Comme souvent pour une première sortie, l'album comporte quelques clins d'oeil trop appuyés à l'instar de cet emprunt à la Mary Contrary de Can sur "Behaviour lessons". Néanmoins, les Cornflakes Heroes savent redonner des couleurs à leur héritage et imprimer leur personnalité sur des compositions conventionnelles. Un travail d'orfèvre pop.
Comment un groupe français
réussi à disputer aux anglo-saxons la coolitude
et le sens mélodique.
Le retard à l’allumage de
cette chronique est finalement l’occasion de prendre un peu
de recul autour de la petite hype qui a entouré la sortie de
Off with your heads, premier album des Cornflakes Heroes, sorti sur le
label Greed Recordings, au moment où le groupe sillonne la
France.
Eh bien, les sensations sont toujours les
mêmes. L’album se lance, les riffs accrocheurs
fonctionnent, l’intensité vacillent en
même temps que les pieds de l’auditeur et la
tonalité de ces chansons leur donnent une profondeur
qu’on déséspère de ne jamais
trouver chez un groupe anglais (jugement subjectif et gratuit) ! Il
faut résolument se tourner vers les groupes
américains pour retrouver ces guitares claquantes au son
clair qui s’accordent sur les roulements de toms et les notes
d’une basse "kim-dealienne". Le rapprochement avec Pavement a
été fait plusieurs fois ; il est
évident et mérité, même si
la troupe parisianno-caennaise n’a pas encore osé
les dérapages sans contrôles de la bande
à Malkmus. On peut poursuivre avec les délicieux
Fountains of Wayne, qui étaient capables de vous mettre la
tête en bas, le temps d’un sink to the bottom with
you ou même les vétérans des Feelies
dont l’art de l’enchevêtrement harmonique
est ici évoqué.
Les pop-songs sautillantes (bible belt, lifeline)
s’enchaînent avec les choeurs inspirés
et décalés (high heels on the beach). Mais, in
fine, ce qui attire le plus dans Off with your heads, c’est
cette noirceur entraperçue - en particulier sur take me out
of town ou overcome - qui donne aux morceaux leur
ambiguïté et leur piment et vous poussera
à revenir encore vers cet album. L’espace
d’un instant, on est tenté de faire un
parallèle avec ce petit groupe français des
années 90 qui multipliait les albums démos aux
noms à rallonge et qu’on évoquait en
parlant de Beck ou de Sebadoh : Dionysos.
Prendre la pop par les Cornflakes Heroes. En voilà une idée qu’elle est bonne. D’autant plus bonne qu’inconsciemment, le nom du groupe renvoie à l’imaginaire de Daniel Johnston. Pour le côté freak, le carré mixte n’ira pas plus loin. Mais Cornflakes Heroes s’enfonce vers des horizons lointains. Ces petits-enfants du rock ont été bien élevés. Aucune faute de goût. Yo la Tengo traîne dans un coin de la tête. Pendant que Sebadoh roule des mécaniques. Cornflakes Heroes joue un indie rock efficace qui arrive à s’affranchir de ces influences indéniables. Pour composer la bande son du bal de fin d’année version US. Ce qui, attention, n’est pas un défaut. Bien au contraire ! Ici, ça sautille (Silly Boys are untrue), ça s’emballe (Bible Belt) et surtout ça emballe avec le terrible Overcome. Une chanson douce pour un été indien. Du coup maintenant, matin, midi et soir, c’est Cornflakes Heroes pour tout le monde.
Je vous vois venir, “Cornflakes Heroes”, encore un qui va nous gonfler avec la malbouffe alors qu’il à sûrement écrit ce torchon en sirotant du coca et en croquant des barres chocolatés d’une autre planète.
... Et bien non, il ne s’agit que de musique mais quelle musique !
Ils sont quatre, mi-caennais, mi-parisien et ont sortis cet album fin 2006. Douze titres enflammés où plus tranquilles mais toujours entêtants comme la voix du chanteur qui rappelle celle d’Herman Düne.
En ouverture, le remarquable « Bible Belt » donne irrémédiablement envie de taper du pied et opiner du chef. Et puis les titres s’enchaînent, nos oreilles s’ouvrent et on se laisse transporter en se disant que ces jeunes gens ont parfaitement assimilés aussi bien les premiers Pavement que l’album bleu des Weezers .
Mais la véritable force de ces « héros » est la capacité à passer d’un morceau au rythme tendu et sautillant (Revenge on males) à un autre beaucoup plus calme (frozen water) en conservant une étonnante fluidité. Chapeau !
Ce disque regorge de pépites comme le tube « Lifeline » qui démarre sur une ligne de basse bien lourde où viennent se greffer des riffs imparables d’une guitare impatiente d’en découdre. Dans la foulée, un ovni à capella (Pet Sounds n’est pas loin) qui fait passer I’m from Barcelona pour des ringards de première. Si vous ajoutez à ça des paroles au ton acerbe, on se dit que l’on tient là un groupe d’indie-rock des plus excitant sans être aller le chercher à Triffoullis-les-Oies.
Cornflakes Heroes : à consommer de toute urgence !
Les héros du petit déjeuner, je les découvre d'abord sur scène lors d'un festival partagé au Havre, et dès les balances, je découvre chez ces jeunes gens discrets une approche à la Johnatan Richman qui me retient l'attention… après le concert, ce n'est plus une impression, et l'arrivée de ce premier album ne me démentira pas. Derrière leurs faux airs de ne pas y toucher, ce quatuor nous livre ici un album d'indie-rock simple et frais comme on osait plus en attendre. Tous ceux qui ont abandonné l'indie-rock depuis la mort de Pavement peuvent à nouveau resserrer les rangs. Les Cornflakes Heroes viennent de pondre un premier album impressionant. On retrouve l'ambiance de New York fin 60 (Velvet Underground), les mélodies de Johnatan Richman, un peu de folk, quelques dérapages noisy punk plus que bienvenues, des guitares remarquables, de l'humour, quelques chœurs féminins, un peu de mélancolie, et beaucoup d'eux mêmes… pas de soucis, si ces quatre là me confirment qu'il n'y a pas de maïs OGM dans leur Cornflakes, je suis prêt à en prendre chaque matin !

Il y a des évidences parfois quand on écoute un disque. Dans le cas présent, la première se révèle dès le premier accord de ce Bible Belt qui ouvre le premier album des Cornflakes heroes, enregistré entre Caen et Paris. Il suffit d'entendre le son de guitare pour savoir qu'on est dans l'indie rock et ne pas être très surpris de la suite des hostilités. La deuxième se fait jour alors que résonne ler dernier accord de ce même Bible Belt, la tension harmonique sur le couplet, le refrain bien foutu, la qualité de jeu avec une voix avec la personnalité, sans trop de maniérisme non plus. On se dit qu'on tient du bon indie rock...
Oui...
Alors on adhère, la deuxième piste est tout aussi savoureuse, un riff de guitare bien senti soutenu par la basse, on sait que ca va exploser à un moment mais on savoure l'attente et puis quand ça part c'est pour un très bon refrain et des sons saturés croustillants. Et en plus en attendant le chant vous embarque dans son univers qui a l'air plutôt rigolo ma foi.
Mais...
Y a quand même un problème, je sais pas vous mais les cornflakes moi je trouve que c'est meilleur froid, pas réchauffés donc et le là tous les éléments de la prod et de la compo semblent dire "je fais un disque de rock indé", les influences sont assez audibles, reproduites jusque dans les passages chantés un peu faux (en live en tout cas). Même si l'univers est là, que le son y est aussi et que tout tient la route, moi ca me laisse un peu ma faim, entre l'indie rock bien récité, l'incursion post-rock de behaviour lessons, la folk tranquille de take me out of town et son superbe refrain tout en nonchalence, je me demande un peu où sont vraiment les cornflakes heroes, à force de jongler entre toutes ces influences, qu'est-ce qui est vraiment eux... et à eux ?.
Oui...
Et puis quelque part même si l'album ne me convaint pas qu'à 99% pour les raisons ci-dessus, j'ai envie d'y croire, pour les avoir vu en live où le sentiment de cohérence est plus présent, parce que ca fait du bien d'entendre un bon petit brulot nerveux à souhait comme lifeline et que c'est pas n'importe qui qui le ferait suivre d'un interlude a cappella chanté en "chorale". Bref oui c'est un peu le bordel, mais un bordel qui sonne très bien, qui est bien produit, bien composé, la prochaine fois je voudrais juste être un peu plus surpris. C'est bien de citer le Velvet et Sonic Youth, mais ça serait encore mieux de le faire pour leurs qualité de défricheurs non ?.
Venus de Paris et Caen, les Cornflakes Heroes comptent parmi eux des
membres de Western Pilot, Sexual Aid Kit ou encore The Faster Gore Core
Girls. A la première écoute on ne
soupçonne pas forcément qu’il
s’agit
d’un groupe français (le chant en anglais est
plutôt bien réussi), et
je ne connaissais pas de groupe jouant de cette façon dans
nos
contrées.
La production est plutôt agréable
malgré le peu de temps
accordé à leur enregistrement (2 jours pour un
maximum de morceaux,
pour finalement en sélectionner 12). Les morceaux sont bien
différents
les uns des autres (certainement dû au fait de leurs
participations à
différents projets) mais l’album reste
homogène. Ces morceaux sont
joués le plus souvent en son clair avec des refrains ou
ponts bien plus
électriques, pouvant rappeler les envolées de
Sonic Youth ou même
Nirvana sur quelques passages pour le coté
‘overdrive gras’ de la
distorsion de guitare (« Bible Belt » ou
« Lifeline » entre autres).
Petite leçon d’anglais sur fond de guitare au
passage, sur « Behaviour
Lessons » qui ne manquera pas de vous rappeler vos cours de
collège,
avant d’écouter « Take Me Out Of Town
», morceau sur lequel le
chanteur/guitariste et la bassiste/chanteuse se partage le chant. A
noter également la présence discrète
de Moog (synthétiseur modulaire)
sur certains titres. « High Heels On The Beach »,
interlude spécial
chanté en chœurs (on dirait les Beatles !) fait
office d’introduction à
« Words In The Doorway », très jolie
ballade, pour ensuite enchainer
avec le très grungy « She Said My Girl Was Here
».
Passé leur pochette ‘bizarre’,
c’est un sympathique album que nous
livrent les Cornflakes Heroes mais on peut tout de même leur
reprocher
un chant un peu trop linéaire qui bien heureusement est
régulièrement
épaulé par la voix féminine du groupe.
Au final je retiendrais
principalement les morceaux « Words In The Doorway
», « Lifeline », «
Silly Boys Are Untrue » et « She Said my Girl Was
Here » qui selon moi
annoncent que le meilleur reste à venir. Allez donc jeter
une oreille
sur leur page myspace pour vous faire une idée de leur
potentiel !
Originaires de Caen, les Cornflakes Heroes proposent un premier album destiné à réchauffer les oreilles, les pieds et les mains ; une œuvre à l’efficacité aussi énervante que redoutable. Pourquoi énervante ? Parce qu’on a l’impression que cet indie rock sautillant a été conçu avec une désinvolture enfantine dans l’unique but de plaire à tout le monde. Pourquoi redoutable ? Parce qu’il n’y a rien de plus difficile que de plaire à tout le monde en laissant extérioriser ses pulsions enfantines et, surtout, de réussir son pari. Inutile de chercher midi à quatorze heures : la séduction est instantanée. Frais, élancé et discrètement déjanté, l’album ne contient pas la moindre faille rythmique et, le temps de douze titres, nous emmène aussi bien au pays des Velvet que sur la terre des Pavement, voire dans les plaines ondulées des Clap Your Hands Say Yeah pour son côté pop-folk lunatique. Déversant nonchalamment leur enthousiasme dans chaque accord et chaque refrain, les deux amis d’enfance qui nous font déguster ces cornflakes ont parfaitement saisi l’importance de ne pas rajouter trop de lait pour ne pas faire déborder le bol. On s’amuse, on se détend, on s’étonne… On apprécie la clarté, la vivacité et la rigueur de cette mixture qui ne se ramollit jamais.
Mine de rien, le rock français se porte bien, du moins artistiquement, et recommence à crépiter comme du cornflake dans un shaker lorsqu’on passe la porte de Bagnolet.
The Cornflakes Heroes, originaires de Caen, justement, semblent héroïques, en sortant ce premier méfait qui brouille les cartes d’identités, arrondis et les angles et les mélodies.
Rencontre entre James Bond et Bortek de Jad Wio, "Silly boys are untrue" marque la distance avec la concurrence, et introduit parfaitement aux univers des Cornflakes. Un mélange de psychédélisme et de réalité dure du collier, utilisation hardcore des guitares et pratique douce de la mélodie portée par le flot de Toma qui crache son venin comme les Violent Femmes jadis, Little Rabit plus récemment.
The Cornflakes sonne comme du Cornflakes Heroes, point à la ligne, qu’ils dépassent allègrement sur Off with your heads. Un détour par les 60’ de Morrisson (le chamanique "Behaviour lessons", petite sœur de The End), une escale du coté de chez Nick Drake l’éternel ("Take me out of town"). La bande à Toma imprègnent l’ensemble d’une sauce personnelle, cette jolie naïveté qui rend l’accent français si charmant lorsque les textes sont anglophones.
The Cornflakes proposent en définitive un roadmap du rock mondial à la française, sans enfoncer les portes. Une manière d’insister sur le présent sans renier les influences, et perpétuer l’adage que les groupes de province ont la technique, ceux de Paris l’attitude. Le talent contre la hype. "Lifeline", single indie parfait, confirme le sourire qui s’esquissait déjà, la guitare s’emballe comme une embardée vers Picadilly circus, les batteries lorgnent vers le nouveau continent, le regard, lui, est français, de ceux qui ont regardé trop de fois le train passer pour ne pas le saisir en route.
Technologiquement, rien de neuf sous le soleil, avec une formule guitare/basse/batterie sèche et rude. Pas de piano, production minimaliste, philosophie White Stripes.Mais le soleil continue à briller sur Nantes, lorsque Paris semble éclipsé par les signatures successives de moults artistes sur lesquels les Chaussettes Noires et Chats Sauvages auraient volontiers crachés. Quelques coups de ceinturon peut-être, pour achever l’ensemble. Sur Off with your heads, le talent est dans les compositions, plus que dans le genre musical que les Cornflakes abordent, sorte de post-rock à parole tentant le crossover 60’ / 90’.
Off with your heads est un album d’images, en sépia ou en couleurs. "Overcome" est un cliché du temps qui passe, des secondes qui défilent en acoustique, avec le chant toujours maitrisé, l’électrique jamais très loin. Pas la peine de monter le volume pour dégager la colère, la conclusion du définitif "Revenges on males" se boit comme du lait mélangé au LSD, se lit en diagonal, dans la langue du "Grateful dead", avec ce chant nasillard, ce faux dédain des dandys électriques.
Le soleil se couche déjà sur "Frozen Water", il est temps de border les petits, allumer les bougies, prolonger la nuit et remettre l’album, comme un nouveau levée de soleil couleur rouge espagnol.
Découverts lors d'une sympathique soirée
au Klub, bar de la capitale
réputé pour le nombre affolant de concerts qui
s'y tiennent, les Cornflakes Heroes
ont signé peu avant les fêtes de fin
d'année un premier album
prometteur. Un nom déraisonnable, une pochette farfelue,
quelques
mélodies bien aiguisées, des riffs
entêtants, des titres variés, de
l'humour : si l'on ne tient pas là de quoi atteindre le
nirvana,
reconnaissons qu'il est tentant de laisser s'exprimer notre fibre
patriotique.
Car si leur musique prend sa source du
côté des Etats-Unis et de l'indie-rock
façon Pavement,
les quatre larrons à l'oeuvre sont bels et biens
français. Et il est
toujours plaisant de voir l'Hexagone engendrer des formations que l'on
n'a pas envie de cacher. Issus des groupes Sexual Aid Kit
et Western Pilot, injustement
comparés à Clap
Your Hands Say Yeah ! (ce n'est pas un
compliment à leur faire) et à Herman
Dune
(là, on tape trop haut, même si le timbre du
chanteur des héros
céréaliers peut, à la rigueur,
rappeler celui du génial barbu), ils ont
donner naissance à un disque frais et tonique, où
quelques coups de
grisou à la Sonic Youth
viennent trouer l'apparente
(et insoutenable, nous dirait Milan Kundera)
légèreté de leur être.
Ainsi, pour taper du pied et se couper l'envie de génocider
chaque
matin leurs semblables, rien ne vaut l'écoute de l'inaugural
Bible Belt, de Silly Boys Are Untrue,
qui avance à pas de loup avant de lâcher un
nouveau refrain fédérateur, du tressautant Lifeline,
qui flirte avec le post-punk et ne manque pas de faire miauler
l'électricité, ou de She Said My Girl
Was Here, tout aussi enlevé et enthousiasmant.
Certes, le chant linéaire et adolescent
à l'oeuvre peut agacer
(et il le ferait certainement si une voix féminine ne venait
régulièrement l'épauler), mais que
reprocher alors face aux comptines
folk délicate que constituent Overcome
et Take Me Out of Town
? Rien, tout comme il serait impensable de considérer comme
répétitif
un disque où l'on peut trousser deux minutes
d'instrumentations sur des
samples dignes d'un cours d'anglais (souvenez-vous de vos booklets au
collège et de leurs affreuses cassettes), comme sur
l'orageux Behaviour Lessons et où l'on
peut, une minute durant, chanter en choeur et a cappella (High-Heels
on the Beach, surprenant). Et Off With Your Heads
de se conclure sur un Frozen Water aussi
ambivalent que ce qui l'a précédé,
fragile et économe puis fracassant et formidable.
Après l'excellent album de MOONMAN, le label Greed
recordings nous réserve une autre jolie surprise sous la
forme de ce disque de CORNFLAKES HEROES. Les caennais, à
l'instar de Moonman donc, proposent une musique unique, personnelle,
éloignée de la norme et fort attrayante.
Si la voix rappelle quelque peu Clap Your Hands say Yeah!,
l'instrumentation varie entre quiétude et moments de
déflagrations soniques assez noisy. Les ambiances y sont
diverses et attractives, certaines évoquant le early SONIC
YOUTH ("Behaviour lessons" et son ambiance narrative suivie d'un chant
"Thurstonien" sur fond de guitares triturées
façon "Lee et Thurston", "Lifeline" et ses guitares noisy
délicieuses), d'autres flirtant avec le blues et le jazz
("Take me out of town") ou offrant une pop-rock entraînante,
rafraichisssante et légèrement excentrique
(l'excellent "Bible belt" en ouverture du disque), ou encore
merveilleusement "synthétisée" à la
manière des B52'S ("Silly boys are untrue").
Mais le mérite de Cornflakes Heroes, outre cette
capacité à diversifier ses climats, est de
toujours parvenir à doser ses penchants
expérimentaux, à ne jamais trop en faire. S'il
s'éloigne des structures conventionnelles du rock, le groupe
ne se perd jamais dans les méandres de ces "tentatives" et
reste toujours digeste et passionnant.
Quel que soit le morceau, quelle que soit la recete
appliquée, le résultat est
irrémédiablement savoureux. Si on y ajoute les
quelques pointes bien rock qui parsèment et
relévent l'ensemble ("She said my girl was here")
combinées à des plages nettement moins
tourmentées ("Overcome"), on tient là un album de
haute volée, qui risque de faire date, si toutefois les
petits labels comme Greed Recordings parviennent à sortir du
regrettable anonymat dans lequel ils se trouvent actuellement.
Excellent disque.
Cornflakes Heroes, c’est le projet de Thomas (Sexual Aid Kit) et David (Western Pilot), deux amis d’enfance originaires de Caen. Depuis 2005 le line-up du groupe s’est stabilisé avec l’arrivée de Claire à la basse (Western Pilot également) et Vincent à la batterie (Sexual Aid Kit). Un projet comme on les aime. Loin des nombreux groupes de fils à papa parisiens qui croient que faire du rock, c’est mettre un blouson de cuir et imiter les Libertines, Cornflakes Heroes se paie le luxe de nous offrir ‘autre chose’. Une musique qui a les yeux rivés vers l’Amérique, et plus particulièrement ses groupes les plus charismatiques et délirants. Il y a du Pavement chez ces jeunes français et, à une moindre échelle, quelques similitudes avec Clap Your Hands Say Yeah !
Premier indice révélateur : la pochette, à la fois drôle et étrange, sur laquelle de nombreux personnages venus d’ailleurs nourrissent des sortes de vers que nous qualifierons de ‘lunaires’ (oui, des vers de lune). Avant même d’entendre la musique des Cornflakes Heroes (un nom finalement tout aussi saugrenu) on peut déjà fortement soupçonner que l’on va être témoin d’un bel élan créatif, à l’image des références citées précédemment.
Le groupe évite habilement les constructions trop classiques pour nous gratifier de quelques titres où se succèdent samples (notamment de conversations téléphoniques sur ‘Behaviour Lessons’), long passages instrumentaux toujours très accessibles sur lesquels le groupe n’hésite pas à tenter quelques accords et solos volontairement dissonants, et de joyeux instants où les membres se retrouvent pour entonner en chœur ‘High-Heels On The Beach’. Aucun doute, on nage en plein Pavement, époque Wowee Zowee, et par extension dans l’univers des Preston School Of Industry, de Stephen Malkmus et la Folk bigarrée des Shins ou d’Herman Düne.
Si l’atmosphère générale du disque reste dans l’ensemble plutôt calme, les mélodies se veulent accrocheuses, rapidement, comme la ligne de basse de ‘Silly Boys Are Untrue’ et du plus énervé ‘Lifeline’, le titre le plus direct de l’album, avec son efficace riff de guitare en contretemps. Simplicité, authenticité, originalité... Avec de tels atouts, inutile de préciser qu'il y a grandement de quoi trouver son bonheur dans ce disque. Les Cornflakes Heroes réalisent ici un premier album un rien hippie, où l’on ne se prend jamais trop au sérieux, qui ne s’est peut-être pas encore suffisamment détaché de toutes ses influences, mais qui contient déjà là tous les ingrédients nécessaires afin de se faire un bonne place à part sur la scène rock indépendante hexagonale.
A la croisée des genres, à l’instar de leur compatriote lunaire, les Cornflakes Heroes témoignent ici de tout leur amour pour cette scène rock indépendante ancrée dans les années 90s. Difficile de ne pas penser aux Pixies, R.E.M., Sonic Youth et bien d'autres encore. En résulte un Off With Your Heads ! qui, dans les grandes lignes, revêt des sonorités à la fois dépouillées et conflictuelles.
Dépouillées car ces Héros n’usent, et n’abusent surtout pas d’artifices. Les arrangements sont simples, sans équivoque, et servent aussi bien une pop limpide, qu’un rock plus…opaque. Seul le moog fera quelques apparitions sporadiques appréciables ("Silly Boys Are Untrue", "Good For Nothing",… ). Quant aux mélodies, elles disposent d’un caractère particulièrement hypnotique, qui doit aussi bien à la répétition efficace de riffs et des refrains ("Silly Boys Are Untrue"), qu’au chant uniforme de Toma. Ce dernier trouve par ailleurs un appui de choix en la personne de Claire.
Toma, Claire...les
deux interprètes imagent à eux
seuls le conflit,
la dualité de leur musique. Celle-ci met en opposition de
manière assez
régulière un son clair et léger (pour
le côté R.E.M.),
et un son noisy, crunchy, voire même grunge.
D’où la référence
à l’univers des Sonic
Youth, mais citer Nirvana
ou les Beastie
Boys et
leur cultissime "Sabotage" serait tout aussi juste. Des
exemples avec
: "She Said My Girl Was here", "Behaviour Lessons", "Bible Belt" sans
oublier l’imparable "Lifeline". S’il n’y
en avait qu’une à écouter...
"Lifeline" qui borde la scène post-punk, en indiquant le
goût prononcé des Cornflakes
Heroes pour la diversité (le credo de Greed
Recordings semble-t-il)
: "Good For Nothing" et son petit côté western ;
la pop folk de "Take
Me Out Of Town" ; cet interlude a capella qu’est "High-Hells
on the
Beach" ou bien encore ce mélange jazz-pop-country que
propose "Words in
the Dooway".
Bien bel hommage à la...vastitude de la Musique...comme pourrait si justement le dire l'amie Ségo'.
De la pure pop dans la tradition anglaise, c’est ce
qu’on pourrait
penser de prime abord à l’écoute de ce
premier opus dont nous
gratifient ces héros d’un autre monde : le monde
des Frosties et autres
Rice Krispies. C’est pourtant de notre bonne vielle France
dont est
originaire cette bande de joyeux loufoques. « Off with your
heads !” surprend à la fois par
l’univers proposé, mais
également par la manière dont la musique y est
abordée ; tantôt
diablement entraînante (« Bible Belt »),
tantôt à la limite de la zen
attitude (« Beheviours Lessons »), pour se
révéler plus classique par
moments (« Silly Boys are untrue »). Il y en a donc
pour tous les goûts
sur cette galette dont la facétie pourrait en surprendre
plus d’un.
Christophe Meade
Cornflakes Heroes fait partie des groupes les plus cools que la Terre
puisse porter. Ils viennent de Caen, ce groupe gravite dans la pop
périlleuse, de celle qui fume du Velvet au petit dej.
Un groupe à la fois aguerri dans ses retranchements avec des
guitares frêles, turbulent avec cette délicate
façon d'assortir une pop acide ensevelie de sucre et de
prononcer ces tensions par extension avec sa discorde de noisy palpable.
Enregistré au Big Band Café à Caen en
2 jours, le disque garde intact la spontanéité,
l'excitation et l'intensité dues à la contrainte
de l'enregistrement de courte durée.
Ils sonnent pareillement à un groupe anglo-saxon,
décomplexés de leur langue natale. Ils se servent
de textes cyniques pour extérioriser une musique
félonne, brute, excitante, terriblement salope dans toutes
ces portées bancales.
L'instabilité musicale de Cornflakes Heroes en fait des
Spiderman de la pirouette noise, des Batman du folk noir, des Superman
de la pop cryptonisée, des Hulks de la lo-fi
efflanquée.
Après Super Dupont dans les années soixante-dix,
la France a un héros qui peut enfin rivaliser avec les
Yankees.
Cousins de Clap Your Hands Say Yeah!, neveux de Pavement ou Sebadoh,
gendres de Sonic Youth, petits-enfants du Velvet Underground ou des
Beatles ("High-heels on the beach "), les frenchies de Cornflakes
Heroes ont l'écriture facile et la mélodie
communicative.
Mais sachez que chez les Cornflakes Heroes, facilité ne veut
pas dire "nian-nian" et mélodie n'est pas synonyme de soupe
indigeste ! Les compos sont sobres et prenantes si bien qu'on est
très vite aspiré par l'entrain qui se
dégage de ce premier album. Mais ne vous y trompez pas, le
groupe sait aussi faire parler la poudre à sa
manière ("Silly boys are untrue"), sait adopter une attitude
plus binaire ("Lifeline") ou installer une ambiance
extrêmement attrayante (première moitié
de "Behaviour lessons") grâce à sa superposition
de guitare avec une discussion (téléphonique).
Dans un registre plus débranché, "Take me out of
town" ou le poignant "Frozen water" sont là pour insinuer
que des morceaux de pop plus dépouillée sont
aussi l'affaire du quatuor. De façon globale, les titres
s'enchaînent avec une fluidité remarquable et plus
particulièrement à certains moments (entre "Silly
boys are untrue" et "Good for nothing", par exemple) contribuant
à la cohésion mise en place par le quatuor, tout
comme le chant exclusivement en anglais.
Off with your heads ! n'arrache pas la tête de par sa
violence (on écoute du rock indie ici, pas du grindcore !)
mais par ses mouvements hallucinés comme ses petits coups de
moog ou l'utilisation de choeurs. Cette alchimie qui favorise
l'apparition de délicieux mélanges
"sucré/salé" n'est pas sans rappeler, par
moments, celle de Minuscule Hey.
En attendant de croiser les Cornflakes Heroes sur scène ou
te procurer leur disque, demain matin, surveille ta boîte de
céréales : il s'en échappera
peut-être quelques mélodies accrocheuses, comme
celles délivrées sur Off with your heads
!.
"Off with your heads !" est le premier album d'un quator de Caen (3
gars et une fille, qui chante d'ailleurs), les Cornflakes Heroes et qui
risquent de faire parler d'eux assez rapidement.
Leur musique "indie rock artisanal" pourrait-on dire possède
ce petit côté fait maison, bricolé
très plaisant.
Parfois proche du son d'un pavement (plus crooked que slanted), parfois
noisy mais aussi folk et calme, le son est
légèrement brouillon et le tout sonne frais et
varié.
"Bible belt" le titre d'ouverture est le single du disque (selon moi),
très rythmé et dansant avec des "ouh"
féminins et guitare speed.
"High-heels on the beach" est chanté a-capella et
s'enchaîne superbement avec un titre plus pop "words in the
doorway".
Un bon 1er disque !
Découvert via la terrible intro de « Lifeline », sa simplicité, son implacable et glaçante efficacité, j’attendais impatiemment d’écouter l’album « Off with Your Head ! » de ces mystérieux Cornflakes Heroes. Bonne surprise, c’est à la fois dans la lignée de ce que j’avais imaginé à l’écoute d’un ou deux titres trouvés sur le net et surtout bien plus riche et surprenant !
Ce disque est ce que les Clap Your Hands Say Yeah laissaient augurer
à
l’écoute d’extraits, mais
n’ont pas vraiment transformé. Les Cornflakes ont
bien mieux réussi à capter ce son post NEW WAVE
sur disque, avec simplicité et
fraîcheur. Autre point convergeant avec CYHSY,
c’est la proximité dans les
intonations des chanteurs. Parmi les bonnes surprises de
« Off with Your
Head ! », le guilleret
« Revenge on Males » avec sa
mélodie
initiée au Moog et martelée à la
gratte, des chœurs sympa sur « Good for
Nothing », pour ne citer qu’eux.
Cornflakes Heroes. Si ce
patronyme semble avoir une place toute trouvée dans une
opération
promotionnelle de grande surface, la musique proposée par
cette jeune formation
normande, elle, serait plutôt de classe grand
standing-produit haut de gamme.
N'ayons pas peur des mots, et sortons le grand jeu pour l'occasion
(sus-citée)
: Cornflakes Heroes, ça claque. Off
with your heads est sans conteste LA bonne surprise hexagonale de ce
début
d'année. Pour continuer dans la finesse, disons que
Cornflakes Heroes
produit une pop acido-sucrée loin d'être basique,
qui régale les papilles, euh,
pardon, les oreilles, et éveille les sens. Leurs
mélodies se révèlent d'un
très
grand cru et se dégustent sans modération,
s'imprégnant de manière
irrémédiable
dans nos crânes.
Mention spéciale à High
Heels on the beach, morceau a cappela
tout simplement somptueux, mais également au très
cocace Behaviour Lessons,
sans doutes basé sur une tape/cours d'anglais.
Pardonnez-nous pour cette chronique un
rien pompeuse, on va essayer de conclure dignement : l'ombre du Velvet
et autres Beatles illumine (si si) cette superbe production,
véritable
coup de coeur. Dérision, intelligence et justesse se
rencontrent sur ce Off
with your heads, pour un résultat digne des plus grands. On
souhaite tout
plein de bonnes choses à Cornflake Heroes. Et même
plus, tiens.
Ceux qui ont apprécié la musique des Clap Your Hands Say Yeah mais qui ont été déçus par la voix trop « malade » du chanteur Alec Ounsworth pourront trouver dans le premier album des Cornflakes Heroes des vitamines pour leur éveil musical. (...) On trouve sur Off With Your Heads ! des chansons variées dominées par une guitare électro-acoustique et une voix qui articule à peine, perchée entre Gordon Gano (Violent Femmes) et le chanteur de Pavement, Stephen Malkmus. Dès l’écoute de Bible Belt, on songe déjà à laisser le disque tourner.
Une grande part de la réussite revient au jeu des deux guitares, l’une défendant la rythmique tandis que la suivante n’hésite pas à sauter des tons pour sortir d’un ennui frenchement idiot.
Lifeline présente une urgence et on appréciera les chœurs sur High Heels On the Beach.Et voilà. Cà faisait bien longtemps que je n'avais pas été scotché par la fraîcheur d'un album de rock indé pur jus. Les Cornflakes Heroes sont à l'image de leur sobriquet, facétieux et joueurs, oniriques et les pieds sur terre. Du parfait " Bible belt " qui ouvre l'album, on retiendra une furieuse envie de dégommer les ceintures de chasteté et de taper nonchalamment du pied en battant la mesure de ses hymnes indie à la croisée de Sleater Kinney et d'un Pavement ayant repris leur forme initiale, dans une délectation juste un peu déviante (" Silly boys are untrue ").
C'est finalement une fluidité évidente qui se dégagera de ses compositions qui coulent de source sur des rythmes chaloupés, à deux têtes parfois (" Good for nothing "), riffs débordant de précision et de charme dans les notes de guitare qui se chevauchent et se rejoignent habilement, dans une joie communicative appuyée par un Moog spatial du meilleur effet. " Behaviour lessons " m'évoquera immanquablement mes souvenirs de lycée, lorsque l'album bleu des Weezers, ne quittait pas mon walkman cassette qui tenait avec deux bouts de scotchs. Mais ce n'était qu'une mise en bouche car le morceau qui tue, c'est " Lifeline " avec sa ligne de basse sautillante à la Erase Errata et sa guitare crunchy dégoulinante d'envie. On sent que les Beach Boys ont tourné sur les platines de nos héros en savourant les chœurs joueurs de " High heels on the beach ", prélude d'un " Words in the doorway " navigue entre un rock épuré et clair non loin des bluettes des Shins, avec ses arrangements ambiance lapsteel. On s'égare au fond fin du Nebraska avec " Overcome " et son blues amer avant de fondre sur l'anti-misogyne " Revenge on males ".
Condensé du bon goût dans un style maîtrisé et original dans l'approche, le contrepoids hexagonal des déçus des Clap you hands and say NO, et l'aveu du dynamisme et de la créativité d'un groupe ayant parfaitement digéré ses influences pour devenir à coup sûr et très rapidement une référence. A découvrir immédiatement !
action dead mouse : pets and nerds attack planet earth (2007)
Greed Recordings nous a "sorti" MOONMAN, excellent groupe aux vélléités expérimentales porteuses de bien belles choses, ou encore DELPHINE DORA AND THE UNEXPECTED ou CORNFLAKES HEROES. Que des groupes atypiques et singuliers, talentueux et auteurs d'albums captivants.C'est donc aussi le cas d' ACTION DEAD MOUSE, formation italienne issue de Bologne, qui pratique un post-rock varié et mouvementé, à tel point que l'appelation post-rock ne peut suffire à décrire la musique du groupe.
En effet, celui-ci inclut une viole et des voix sur quelques morceaux, ce qui le différencie déja des autres, et parvient à captiver sur un disque constitué uniquement de morceaux long format.
Si la rêverie inhérente au post-rock est présente, les italiens y injectent une dose de rock, de pop, de même que quelques pointes quasi-bruitistes comme sur "La redenzione del giovane Mai Pei". Et les voix, rares mais marquantes, prennent différentes intonations, tantôt ouvertement rock, tantôt plus enfantines, souvent intriguantes, toujours remarquablement assorties à l'ambiance qui se dégage des compos.
Quand il ose un format plus court, par exemple sur "Lesson I learned by Raymond", ACTION DEAD MOUSE développe un climat presque math, le côté démonstratif en moins, et excelle même si les longs morceaux restent son exercice favori. Les brisures de rythme restent mesurées, judicieuses, jamais excessives, et mettent en valeur des morceaux ingénieux, sacrément bien éxécutés, tel "The day Grandma died" ou le phénoménal "Wegmann" qui ouvre l'album et dure pratiquement dix minutes. La guitare nous régale de sonorités différentes et qui se complètent comme par magie, la batterie se fait discrète ou assénnée et la viole vient joliment relever et assombrir l'ensemble, puis une voix lointaine apparaît furtivement sur fond de guitares acérées et sur un rythme soutenu. Tous ces éléments cohabitent parfaitement et forment des morceaux addictifs, sur lesquels il se passe toujours quelque chose. La musique de ce groupe a ce petit plus, cette somme d'éléments supplémentaires qui font pencher la balance du bon côté et rend sa création passionnante.
Passionnante, comme ce "Edgar" qui sonne comme un véritable standard de musique non-identifiée, ce "Adulationize" aux accélérations rock, savamment "breaké", et comme l'intégralité des morceaux qui s'offent ici à nos écoutilles étourdies de plaisir.
Superbe album, complètement à part et indispensable.
Ce groupe aux trois-quarts italien et un quart espagnol nous présente une oeuvre riche et complexe, avec des titres compris entre trois et dix minutes. L’album est enregistré en trois jours et en prises directes ce qui lui confère une urgence périlleuse, une insoupçonnable fragilité. On longe les rives du post rock, on plane sur des boucles à 6 cordes bien travaillées... c’est agréable. L’énergie est brute, l’émotion intecte. Les morceaux s’enchainent et gardent pourtant une cohésion ficelée en douceur. Les envolées sont lyriques, même si les morceuax sont surtout des instrumentaux. On pense à Shellac, bien sûr. Les influences sont multiples, en fait, bien digérées dans cet album très personnel, qui n’a ni lieu, ni époque. Un album à écouter, un groupe à découvrir et à suivre... Si c’est possible.
Steff LE CHIEN
Greed Recordings semble de plus en plus s'acharner à dénicher des formations atypiques, et ainsi à faire parvenir leurs travaux jusqu'à nos oreilles aussi délicates qu'exigeantes. Si les Cornflakes Heroes ne sont pas restés longtemps sans label, c'est à eux qu'on le doit, et ça - rien que ça -, nous, on apprécie grandement.
C'est donc avec une curiosité non dissimulée et une quasi certitude de tomber sur quelque chose d'intéressant que la nouvelle galette d'Action Dead Mouse prend place dans notre platine. Un peu d'histoire avant de rentrer dans le vif du sujet : Action Dead Mouse est une entité curieuse, aux trois quarts italienne, accueillant en son sein un quart espagnol, pour une rencontre de tempéraments - forcément - explosifs. Formation en 2005, premier LP deux années plus tard, avec une prise directe et en trois jours dégageant forcément une authenticité hors normes. Pour faire simple et bien, disons qu'Action Dead Mouse fait dans le post/rock de haut vol, et compose des morceaux semi-instrumentaux parfois clairsemés d'un chant aussi discret que réfléchi, particulièrement intelligent et qui nous prouve que ce style musical n'est pas qu'une histoire d'envolées guitaristiques en tous genres. Non contents de posséder une maîtrise musicale béton, les Action Dead Mouse se montrent également dotés d'un sens de la mélodie et de la composition à faire pâlir d'envie moult personnes.
Si la musique qu'Action Dead Mouse propose possède une qualité hors du commun, un élan et une énergie intenses ainsi qu'une créativité plus que remarquable, il leur manque encore cet atout qui rend une formation post-rock grande, cette capacité de ne pas lasser sur la longueur. Mais cela viendra certainement. En tous cas, ce qu'il faut retenir, c'est que ces débuts là sont impressionnants. Vraiment.
Belle découverte que ce quatuor italien dont je ne connaissais rien. Dès le premier morceau, on sent que le groupe a quelque chose d'intéressant à offrir. Et je ne parle pas de la viole, instrument à cordes original utilisé par le groupe, mais malheureusement totalement noyé ici. Je parle de leur musique, à mi-chemin entre indie, post-rock et noise. Même si tout n'est pas encore parfait, les quatre bolognais sortent là un disque riche qui devrait leur attirer quelques fans. Leur univers est subtil et enivrant. On y retrouve la démarche d'un From Monument To Masses sans pour autant se perdre dans le math-rock. Le label parle de Redneck Manifesto, et c'est bien trouvé. Action Dead Mouse se veut humain, sans aucun doute plus indie que ses références. Une musique par moment recherchée sans devenir ennuyeuse ou pompeuse, par moment simple et agréable. Quand le groupe réussit son coup, je suis sous le charme ; malheureusement il arrive aussi que les transitions soient un peu maladroites, que certaines parties soient de trop, que les rares moments chantés soient en-dessous, et qu'au fil de l'album nous nous perdions un peu… Car c'est une évidence, l'album est définitivement trop long (63"10'), et l'auditeur aura malheureusement tendance à se désintéresser du disque avant la fin. Dommage quand on voit ce que le groupe arrive à faire au meilleur de sa forme. Un groupe qui ne demande donc qu'à s'affiner pour prendre vraiment ses lettres de noblesse. Restons vigilant.
Gli Action Dead Mouse sono bolognesi ma prodotti in Francia. E fin qui è tipico, colpa nostra poveri italiani che siamo molte volte costretti ad espatriare... detto ciò (con una vena di tristezza e di vergogna per come ci "hanno" ridotto "LORO" ) aggiungo che sono cinque... ma sono cose superflue... quello che conta sta qui sotto. "Pets And Nerds Attack Planet Earth" è a mio parere un album da sfogliare. Nel senso che va esplorato, gli va dedicato tempo. Al momento in cui scrivo sono al terzo ascolto e sinceramente il primo è stato fallimentare, non ho continuato. Il secondo invece è stato fatto con la consapevolezza di voler parlarne con accento critico: non li riesco a inquadrare. Mentre scrivo devo dire che invece non riesco a parlarne male. Nel senso che giunto all'ultimo e ottavo pezzo "Life And Death Of A Small Turtle" devo ammettere che sono 10 minuti e mezzo di brano e, cazzo, cambia, trascina e ti accoglie dentro. E' molto simile a tutti gli altri e questo dovrebbe essere una pecca ma a ben vedere l'intero album è un discorso che si snoda con eleganza, che ben dispiega quel bagaglio culturale che tutti i giovani gruppi post rock hanno alle spalle. La presenza delle chitarre è elevatissima, a tratti fa capolino una interessantissima voce che non prende assolutamente il posto di protagonista nel gruppo (che difatti si definisce semistrumentale), semmai rafforza l'orchestralità che si cerca di raggiungere. Difatti il problema lo troviamo nell'incompletezza, non di tutti i brani certo, ma vi è un senso di incompletezza nell'avere un suono caratteristico. Ed è un vero peccato perchè continuo a dire che nel complesso il lavoro degli Action Dead Mouse - che ringraziamo per il riferimento ai nerds presente nel titolo - non è affatto male. Anche perchè non è da tutti sfornare un disco con una media di 7 minuti a canzone senza ovviamente scadere in ripetitività. Mi spiego meglio. Io il secondo brano lo odio per ben tre minuti poi esce un misero minuto di cantato e lo adoro... nel complesso. Insomma un buon sugo non si fa buttandoci mille ingredienti sopratutto quando ogni canzone ha all'interno un pezzo veramente notevole. Un pacco regalo di raffinata qualità ma con chilometri e chilometri di carta-regalo intorno.
Ottimo debutto per gli “emigranti” Action Dead Mouse
Gruppo eclettico, capace di sviluppare un suono originale e avvolgente, gli italiani Action Dead Mouse sono una tra le band più convincenti della nuova ondata indie-rock.
E’un peccato che l’ennesima buona idea di casa nostra sia costretta ad emigrare per trovare sviluppi, è stata infatti un’etichetta francese – la lungimirante Greed Recordings – a dare la giusta opportunità a questa band.
Perché, anche se sono al loro album di debutto - dopo un percorso formativo durato circa due anni e mezzo -, i ragazzi di Bologna dimostrano piena padronanza della materia sonora, riuscendo a sviluppare un’ora d’ascolto piacevole, caratterizzata dalla manipolazione tutt’altro che scontata degli spazi e dei pattern ritmici che affrontano con destrezza e inventiva.
Otto brani, quasi del tutto strumentali (non ci sono testi, ma solo la voce di Filippo Dionisi che sporadicamente interviene), costituiscono l’essenza di quest’album che, fin dall’open track “Wegmann” - una mini suite stratificata e ben organizzata -, coinvolge, spiazza, elettrizza.
Chiave decisiva per la buona riuscita del disco è la mancanza quasi assoluta di riferimenti stabili; gli strumenti del quartetto (basso, chitarra, batteria e viola) entrano ed escono di scena con tempismo e intelligenza, riuscendo a creare un senso continuo di movimento instabile.
Momenti di riflessione si alternano spesso a situazioni maggiormente aggressive, cosicché è difficile rischiare di distrarsi e smettere di battere il piede.
Le leader d'une des formations phare de ce qu'on appelle le post-rock disait un jour que le post-rock justement, ça n'existe pas, que personne ne voulait avoir son nom accolé à une telle étiquette, qu'il s'agissait avant tout de faire une musique en phase avec sa propre vie et en laquelle les auditeurs se reconnaissent. On se gardera bien de le contredire, surtout que si l'on s'intéresse de près aux racines musicales et aux influences des groupes de cette mouvance, on se retrouve au milieu d'une belle auberge espagnole qui va de la musique concrète au jazz, en passant par la cold wave...
Action dead mouse vient d'Italie, origine exotique lorsqu'il s'agit d'une telle musique, et évolue en formation serrée, guitare, basse, batterie essentiellement, pour délivrer ses longs morceaux, instrumentaux pour la plupart, avec quelques passages vocaux de ci de là. Le groupe joue soudé, avec urgence, sans pour autant tomber dans le cliché du morceau calme, presque imperceptible, qui explose dans un déluge de guitares et de bruit soudainement. Ce qui n'empêche pas le combo de jouer sur les variations, comme sur Wegmann ou Adulationize, avec un sens étudié de la composition, de la dramaturgie presque pourrait-on dire, qui fait passer l'auditeur par divers stades et images mentales. Action dead mouse aime aussi les mélodies et ne perd jamais de vue cet aspect, et ne tombe pas non plus dans la neurasthénie, ce qui fait parfois fuir les amateurs de climats plus sereins.
Le seul bémol que l'on retiendra sur ce premier album est peut-être sa longueur et une certaine rigidité au niveau de l'instrumentation, qui font qu'on sent parfois poindre un léger ennui. Mais on accordera notre confiance au groupe pour retenir la leçon et s'inspirer de Do make say think, une des formations que leur musique évoque fréquemment, et qui a su assouplir et varier son jeu sur son dernier album. En conclusion, bravo pour les débuts, et vivement la suite.n’en demandais pas tant. Recommandé !
Ce quatuor en provenance de Bologne, a intégré à son post rock académique un violoncelle. Il apparaît sur ces huit titres sous la forme d’arrangements, ou plutôt appuie des atmosphères un tantinet éthéré, voir accompagne la mélodie lorsque le rythme devient un chouia plus soutenu. Je regrette que l’instrument ne soit pas plus présent sur ce premier album car les quelques notes entendues enrichissent une musique bien balisée….et pour cause !!! Action Dead Mouse joue un post rock très 90’s et me renvoie aux « fondements » du genre ; Slint, débuts de Tortoise, A Minor Forest, etc…Mais là où Action Dead Mouse surprend c’est la place que peut prendre l’influence (connue ? voulue ? revendiquée ?) des groupes anglais tournant plus ou moins autour du label Subjugation au coeur des années 1990. Si Bob Tilton, Baby Harp Seal, Spy Versus Spy et surtout Polaris vous ont marqué un temps soit peu alors Action Dead Mouse risque de vous titiller l’oreille. Le rapprochement avec Polaris s’explique par un jeu de guitare en son clair très proche, une production limite lo fi qui retranscrie bien le naturel du groupe, son énergie brute et joliment mélancolique. Le jeu de batterie aérien et jazzy (inspiré de celui de Neil Turpin ou de Doug Sharing) et la faible présence du chant continue à m’aider pour faire le rapprochement avec le défunt quatuor de Leeds (Polaris…pour ceux qui ne suivent pas !!). Action Dead Mouse n’est sûrement pas aussi inspiré au niveau des mélodies « pop et catchy » qui faisaient tant pour la marque de fabrique des groupes anglais précités. Les italiens préfèrent jouer avec les atmosphères qui font le coup des montagnes russes, formule de base du genre…bien aidé en cela par le violoncelle. Ceux qui ont succombées aux efforts de The Redneck Manifesto dernièrement devraient y trouver aussi leur compte. Cet album n’a sûrement pas la volonté de surprendre. Sans aucun doute ! Action Dead Mouse est un petit groupe de plus qui restera inoffensif aux oreilles de certains. Personnellement cette galette me rend particulièrement heureux. Heureux de retrouver des sonorités, une écriture si singulière qui m’avait tant charmé il y a quelques années. Je n’en demandais pas tant. Recommandé !
Escono su etichetta francese, la Greed Recordings, questi nerds bolognesi, un po' fuori dai soliti circuiti indie emiliani, chissà per quali motivi poi. E vengono conosciuti live finora più all'estero, in Francia appunto: è un semplice "2+2" dettato da volontà superiori. Due edizioni, l'ultima più curata negli archi, per una forma di post arpeggiato e altro, acidamente alienante. Suite d'estensione medio-lunga per la maggior parte dei pezzi, un rincorrersi più o meno leggero di suoni che coinvolgono e resistono ai loop in maniera convincente. Intarsi lievemente psichedelici, che creano ambientazioni che potrebbero piacere a Fripp o anche a un meno etereo Sakamoto, scevri di maniacalità, come ne "La Redenzione Del Giovane Mai Pei" o in "Life And Dead Of A Small Turtle".
Poi poca malinconia, finta o perduta ingenuità, sono reazioni forti che crescono in sicurezza man mano che ci si addentra nell'ascolto del disco.
Più pacati dei Settlefish, più istintivi de L'Altra, devono sicuramente molto in ispirazione se non in vicinanza di sonori sensi ai The Redneck Manifesto, così come alla definizione più accademica di psycobilly.
Decisamente godibili.
Il est bien difficile lorsque l’on sort un album de ‘Post Rock’ de ne pas se retrouver soumis au jeu des comparaisons, tant on a l’impression que des formations telles que Mogwai ont poussé le genre tellement loin que tout autre initiative ne pourrait être qu’une pâle copie des Ecossais. Mais au fil des ans des formations venues des quatre coins d’Europe ont démontré que les complexes d’infériorité ont été depuis longtemps dépassés.
En France nous avons Microfilm. En Italie, Action Dead Mouse, un groupe originaire de Bologne formé en janvier 2005, sort cette année ‘Pets And Nerds Attack Planet Earth’, un premier album qui pourrait bien en faire un acteur important de la scène rock instrumentale. Oui, car c'est bel et bien dans les instruments que se trouve la clé de leur réussite. Le Post Rock a toujours été un style moins attractif au premier abord que le Rock ‘traditionnel’, avec des paroles. Quand on compose des titres qui flirtent tous avec les 10 minutes il faut savoir s’exposer, prendre des risques pour ne pas tomber dans la banalité, et par extension, l’ennui. La très bonne nouvelle, c’est que l’on ne s’ennuie guère sur ‘Pets And Nerds Attack Planet Earth’, un album à forte teneur en mélodies très attachantes dès la première écoute.
C’est au conservatoire que se sont rencontrés les membres du groupe, ensuite rejoints par Michi, originaire d’Espagne. Dès lors, on comprend mieux pourquoi ‘Pets And Nerds Attack Planet Earth’ se distingue également par l’utilisation de la viole sur plusieurs titres (on l’entend notamment clairement sur ‘Wegmann’, en ouverture, ou ‘La Rendenzione Del Giovane Mai Pei), un instrument rarement associé à ce genre d’aventure. Le groupe ne s’éloigne pas pour autant de l’identité Indie Rock qui plane en permanence autour de ce disque, ne serait que par l’instantanéité de ses titres. Ici, pas de délire atmosphérique planant interminable, mais des riffs directs qui rejoignent l’imagerie utilisée par Action Dead Mouse. L’esprit ‘Comics’ représenté par les dessins de pochette correspond bien à celui de nombreux groupes Post Punk qui recherchent avant tout l’efficacité.
Nous terminerons en précisant que cet album n’est pas totalement un disque de Post Rock, puisque quelques voix se font entendre ici et là (sur ‘Adulationize’ ou ‘Antistress’, ‘Mia Dolce Bess’). Et puis il ne leur aura fallu que trois jours pour enregistrer cette première œuvre, d’où un habile mélange d’urgence et de virtuosité. Un excellent début.
Après avoir accompli un travail remarqué au conservatoire, trois Italiens décident de fonder un trio : Action Dead Mouse. C’est un bon départ ! Rallongés d’un membre et raccourcis des instruments, ces amoureux des cordes remplacent violoncelles par violes et s’associent au pays Ibère en engageant un quatrième larron. De nationalité espagnole. Née en 2005, la formation se réfugie dans un sous-sol de la région de Bologne pour construire un son indie et post rock à la fois. Tel des troglodytes, c’est dans d’énormes caves sises sous la masse des immeubles, qu’ils se paient le luxe d’enregistrer, en 3 jours et en prise directe, 8 morceaux, concrétisant cette expérience interne sur une longueur d’1 h et 03 minutes. Fouineurs, ils accomplissent un travail remarquable en profondeur tout en prenant soin de respecter une acoustique proche de la maquette. Exempt d’effets, « Pets and Nerds Attack Planet Earth » exhale un parfum d’amateur. Un parfum seulement. La simplicité ambiante masque maladroitement un professionnalisme audible. L’audace de trancher des rythmes entraînants par des mélodies décousues démontre l’envie de se faire plaisir plutôt que d’offrir une pièce ‘vendable’ au tout avenant. Les frenchies de Greed Recording (Moonman, Cornflakes Heroes, Century of Aeroplanes, etc.) ont leurs nouveaux petits protégés, et vont certainement renvoyer rapidement, pour leur plus grand plaisir, le quatuor dans leurs caves inspiratrices. A suivre donc …
Any combo who has the imagination – and/or the nerve - to
call themselves ‘Action Dead Mouse’ and issue an
album called ‘Pets and Nerds Attack Planet Earth’
has to be made up of pretty bad musicians to fail to hit the spot with
me. Happily, Action Dead Mouse seems only to consist of good musicians.
And they play very good instrumental refreshing music into the bargain.
Their [French] publicity sheet trendily and unhelpfully coins phrases
including indie and post rock to describe the current album.
I’d personally place it in the same bag as some of the older
Krautrock masters such as Amon Duul and Can or some British
Prog-Rockers of the ilk of Egg or Hatfield and the North without doing
any great disservice to anyone, I think. But this is no simple exercise
in mere revivalist nostalgia. The edges are sharpened by the use of
rather sparse modern noughties guitar-based pop stylee.
As I often say when I come across a mainly instrumental album,
it’s great to hear real music that doesn’t have to
rely on clever lyrics to raise its standard or set it apart. The
qualities of fine composition, proficient instrumental and production
techniques and tight group dynamics speak for themselves, marking this
out as a release of very high quality and heralding the potential of a
bright future for Action Dead Mouse.
My hope would be they widen their scope somewhat by addition of
keyboards, horns and other orchestration – I feel the rather
pared down sound they currently employ could become a little too
familiar, even tedious – whereas an altogether heavier mix
could allow them to really go to town. But for the time being,
here’s a great start to what should be a glittering musical
career.
En faisant référence à l'art contemporain, Action Dead Mouse se pose là, mais aurait bien pu tout autant finir à la nouvelle star avec sur les bras des tatouages Decaux suicidal for the life. Mais ces émissions qui redonnent de l'espoir aux enfants de la starification ne pourraient à coup sûr ne pas entamer des morceaux de bravoure comme wegmann, morceau qui a lui seul peut vous permettre d'écrire le premier tome des offres de la rédemption. Pendant huit minutes, tel un flip book les strates de la vie sont comme signifiées avec la maestria d'un conteur habile (non non pas decaux, mais bon n'ayez pas peur). Conteurs sans mots, jonglant entre l'indie pop et le post comme si les passerelles n'avaient jamais existé, Action Dead Mouse pourrait trouver dans cette formule toute faite et rapide une définition certes abrupte quand on entend la souplesse des compositions du groupe. Chaque titre s'écoute comme un album seul, nécessitant de revenir sur ses pas pour acquérir les gammes. Les morceaux de ce groupe au trois quart italien. Habitant à Bologne, ils sont aussi fournis qu'un roman aux abois qui se verrait non pas à l'image de Perec interdire des lettres les mots qui serait comme le sable d'un sablier coulant irrémédiablement dans le bas de celui ci. Du surréalisme un rien bestial.
Un certo prog ispira questo primo album dei bolognesi Action Dead Mouse, Pets and Nerds attack Planet Earth, a cui volentieri concedo qualche minuto d’ascolto in intramezzi serali. Così mi capita di tendere l’orecchio e battere eventuali improvvisate percussioni sul ritmo di una musicalità fluida e ricca di spunti. Gli arrangiamenti prendono piede in sostanza da sonorità tra l’indie ed il post-rock, amalgamate con accenni blues, digressioni tendenti anche al punk e, senza troppe spiegazioni sul come e sul perché, alla musica classica ed orchestrale. Risultato è un pentagramma tumultuoso ed inquieto, esclusivamente strumentale ed astenuto da eventuali intromissioni vocali (escludendo le briciole di un parlato scandito in qualche traccia dell’album). No voce, no testo, solo il respiro affannato e talvolta più pacato di una musica apparentemente impegnata in una lunga jam session di oltre sessanta minuti. Basso, chitarra, batteria, viola. Tutto scorre in modo corposo, tra isteria e dormiveglia.
Personnage tout aussi engagé que controversé, le plasticien allemand Joseph Beuys était partisan de la Gesamtkunstwerk, l’œuvre d’art totale. A l’instar du mouvement Fluxus, il abolissait les frontières entre l’art et le quotidien, rejetant la notion d’œuvre art et considérant que chaque être humain est un artiste. Titre d’une des performances où Beuys met en scène la mort et la renaissance de l’art, Action Dead Mouse est l’inspiratrice du groupe italien de post rock éponyme, dont la fondation remonte à janvier 2005. Si Beuys pensait que tout homme pouvait devenir artiste, Pets And Nerds Attack Planet Earth prouve que les groupes transalpins s’y entendent en matière de post rock. A l’image de leurs excellentissimes compatriotes Giardini di Miro (encore que ces derniers jouent dans une catégorie encore supérieure), les ADM libèrent les décibels en toute impunité, sans jamais oublier que la musique, surtout quand elle est post rock, c’est avant tout la sélection des possibles. Infinies, les possibilités mélodiques du combo italien le sont, bien que certains enchaînements perturbent par trop l’unité stylistique des morceaux (telles ces ruptures de cadence sur “Adulationize”). Plus limitées sont les possibilités vocales du groupe, qui n’en abuse guère, et n’y a recours qu’avec parcimonie, hormis sur le pénible “Antistress, Mi Dolce Bess”. Et qu’est-ce ça doit déménager sur scène !
A quoi
reconnaît-on un grand album de post-rock ? Au fait que le
concept ne prenne pas le pas sur la musique. Avec Action Dead Mouse, en
dépit d’un titre d’album en forme de
films de SF Série Z, on pouvait craindre le fumeux : le nom
choisi par le groupe italien est tiré sur d’une
performance de Joseph Beuys qui met en scène la mort et la
renaissance de l’Art. Idée intéressante
qui voit l’art comme un bâton de relais transmis
dans un cycle perpétuel d’extincion et de
résurrection. A l’écoute de ce premier
album, on oublie rapidement la philosophie pour jouir pleinement de la
musique ; on se dit néanmoins que chaque membre du groupe a
dû avoir une vie musicale bien remplie avant ADM pour
parvenir aujourd’hui à un résultat
aussi équilibré et maîtrisé.
Avec eux, on retrouve tout ce qui nous a plu depuis 20 ans dans le rock
indé US : les ambiances Slint, le son de Shellac, le lyrisme
retenu d'Appleseed cast (Antistress, mia dolce Bess), les voix crues,
rares mais déchirantes. Le groupe ne tombe jamais dans la
sécheresse du math-rock (même si rythmiquement, le
niveau est élevé), le bruitisme extrême
(ce qui n’exclut pas d’avoir du
tempérament) et plus généralement dans
l’ésotérique, l’obtu ou le
tarabiscoté pour le tarabiscoté. Dans un sens,
Pets and Nerds attack planet earth est un album
fédérateur comme pouvait
l’être Explosions in the sky de the earth is not a
cold place.
Le post-rock peut être une nouvelle forme de musique pop,
avec des passages accidentés mais aussi des
clairières belles et sereines. Il y a même un
hymne enchanteur, Edgar, qui pourrait faire le bonheur des radios, si
celles-ci étaient un peu plus ouvertes (et admettant un
morceau de 6’ largement instrumental…autant dire
que la cause est perdue). ADM, depuis sa création
à Bologne en 2005, ne s’est octroyé
qu’une seule coquetterie : celle d’avoir en son
sein une viole. Les Italiens ne donnent pas dans le baroque fruste de
Monsieur de St Colombe mais l’instrument module, affine,
ajoute sa mélancolie naturelle au triumvirat
guitare/basse/batterie. Ils pourraient faire sans (leur musique est
naturellement classe) mais c’est mieux avec.
L’album a été enregistré en
3 jours en prises directes dans les souterrains d’un immeuble
à la périphérie de Bologne
où le groupe avait depuis longtemps élu domicile.
A vivre reclus sous des tonnes de bétons, on doit sans doute
rêver de ciel bleu et d’air frais. Le plus
sûr moyen pour faire jaillir la lumière est de
sans priver. Une petite pensée pour les habitants de cette
cité qui ne sauront probablement jamais que sous leurs
pieds, à l’abri des regards, est née
cette petite perle.
9/10
Si vous
aimez : explosions in the sky, mono, shora
Le post rock c'est un peu le style à la mode ces temps si
chez les mecs underground hype. Je veux dire, ça va bien
avec leur t shirt court et leur tight pant (le slim c'est
dépassé mec). Alors on voit ça et
là fleurir des formations qui essayent, avec plus ou moins
de classes, de faire de jolies montées avec 2/3 notes
minimalistes. Le pire c'est que ça me plaît. C'est
mon côté gay comme le soulignent certaines
personnes de mon entourage. Oui j'aime bien le post rock tout
simplement parce que c'est une musique aux vertues reposantes, voir
planantes mais voir chiantes aussi quand elle est faite par des
baltringues. Le truc c'est que faire durer ses chansons 8 minutes avec
sa fender et son petit polo rayé ça ne suffit pas
pour s'autoproclamer roi du post rock. C'est un peu le soucis avec
Action Dead Mouse. Non pas que ce soit merdique, loin de moi cette
idée. C'est juste qu'ils sont sous l'ombre des
bêtes du genre à savoir explosion in the sky et
d'autres mecs du style. Puis c'est vrai que mis à part les
titres 3 et 4 de l'album on s'ennuie. Résultat j'ai eu du
mal à écouter entièrement plusieurs
fois ce CD pour vous écrire cette chronique d'une
qualité irréprochable. C'est le piège
de ce genre de musique. Car soit on est un Dieu et on nous pond un CD
comme "malval" de Shora, soit on
Un
più che discreto esempio di 'post rock all'italiana': a
offrircelo sono i bolognesi Action Dead Mouse, qui all'esordio con
questo 'EP' (definizione tutto sommato un pò riduttiva,
visto che le otto tracce presenti si spalmano su oltre un'ora di
distanza), uscito in una prima versione l’anno scorso e che
gode oggi di una seconda edizione, maggiormente curata, in occasione
della pubblicazione da parte della Greed.
Lunghe digressioni, per lo più strumentali (minimo e
limitato a un paio di episodi l'elemento vocale), costruite sulle
ritmiche caracollanti edificate da chitarre e basso, rari i solismi,
col quartetto
a impegnarsi all'insegna di un'attitudine da jam session: se non siamo
nell'improvvisazione pura, la sensazione è comunque che
molto sia stato lasciato all'umore del momento, senza chiudere i pezzi
nei confini troppo angusti di una struttura predeterminata.
Prevalgono le tonalità accese, suoni corposi cui
contribuisce un 'armamentario strumentale' dove al tradizionale
impianto chitarra - basso - batteria si aggiunge una viola; il tutto
condito da
‘rumorismi assortiti’ (curati da Wide Meltaus).
Esiti altalenanti: da un lato gli Action Dead Mouse si fanno piacere,
nel loro riuscire a coniugare immediatezza di impatto e attitudine
'sperimentale', anche con una certa perizia tecnica; dall'altro, nel
corso dell'ascolto si fa strada l'impressione che una maggiore sintesi,
in un disco i cui pezzi durano mediamente attorno agli otto minuti,
avrebbe forse evitato l'emergere in alcuni frangenti di una impressione
di pesantezza e, a tratti di ripetitività. Pur con questi
distinguo, resta "Pets and Nerds Attack Planeth Earth" resta un ottimo
viatico per la band bolognese.
So the wind won't blow it all away
C'est
parti d'un mot. Wegman. Auquel, intuitivement, j'associais le
prénom Walter. Walter Wegman. Co-fondateur de Wegmans.
C'est parti d'une faute de frappe. Wegman. Immédiatement
après, j'ai pensé William, l'homme au chien. Puis
je me suis aperçu de mon erreur. Wegmann. Deux 'n'. Chemin.
Homme. En allemand. Deux 'm', deux 'l'. L'homme qui trace son chemin.
Il veicolo superior. L'homme qui trace son chemin sur un moyen de
transport supérieur. A bicyclette ? Fabian Wegmann
peut-être ? En vérité, c'est parti d'un
conte. Andrea Bonazzi. C'est inscrit dans les notes de pochette.
C'est parti du trajet sinueux qu'empruntait, dans mon cerveau, la
musique d'Action Dead Mouse. Le point d'entrée, mes
oreilles. Ensuite ? Ensuite, il semble qu'elle ait
été happée et retenue
prisonnière quelques temps dans une zone
indéfinie du cortex. A sa libération, date et
heure indéterminées, elle s'est mise à
flotter, flotter, flotter dans mon corps galactique. Un moment, je l'ai
cru évaporée, digérée qui
sait ? Perdue. Je n' y pensais plus quand, vendredi matin, dans ma
tête...
(englikhtonian version)
From one word, it came. Wegman. To which, intuitively, I linked
forename Walter. Walter Wegman. Co-founder of Wegmans.
From a typing error, it came. Wegman. Immediately afterwards, I thought
of William, the man with the dog. Then I realized my mistake. Wegmann.
Two 'n'. Way. Man. In German. Two 'man'. The man who draws his way. Il
veicolo superior. The man who draws his way on a vehicle superior. A
bike ? Fabian Wegmann, why not ? Actually, from a tale it came. Andrea
Bonazzi. It's written in the notes.
It came from the sinuous itinerary taken by, in my brain, Action Dead
Mouse's music. Entrance point ? my ears. Then? Then, it seems that it
is caught and kept prisoner some time in an indeterminate zone of the
cortex. At its indeterminate release, date and hour, it began to float,
float, float away in my galactic body. One instant, I thought it was
evaporated, digested, who knows? Lost. I did not think of it any more
when, on Friday morning, in my head...
delphine dora and the unexpected : we're all of this (2007)
Au creux de chacune de ses pépites, qu'il s'agisse d'une intrusion au coeur de la steppe sibérienne ("Balalaïka song"), de moments baroques ("Puzzle inside"), de mysticisme à peine dissimulée ("Twins"), d'une esquisse médiévale ("Free people"), d'un enfantillage succulent ("Breath") ou de tourments acoustiques ("Haunts the place"), Delphine Dora injecte toujours cette douceur et cette légèreté si délicatement qu'on ne peut lui résister. Il est possible d'ajouter à la liste l'entreprise expérimentale de "Blurred", la religiosité de "Russian requiem" et des crochets chez les dingues ("Psy ballet", "Sexy people") tous aussi délicieux les uns que les autres. A chaque fois, la magie opère et le minimalisme du dispositif (un instrument seul et un ou deux chant(s) l'accompagnant) et de son expression (les morceaux dépassent rarement 2 minutes) parviennent à secréter une ambiance particulière, câline et précieuse, proposant un croquis à contempler ou un sentier à suivre sans en connaître la destination.Les seuls instants rugueux de We're all of this se manifestent par la voix de Jullian ("Something about the world", "These unexpected things", "But love"), la quasi-intégralité de l'album étant faite d'onirisme, de calme et de volupté. Pendant qu'agissent les pastilles concoctées (ou bricolées) par Delphine Dora et ses invités, le temps s'écoule étrangement et les textures se suivent sans se ressembler, réitérant à chaque fois un exercice très décalé et unique en son genre.
We're all of this pourra rassembler les amateurs de Nosfell, conquis par l'univers féerique qui s'en dégage (et le langage imaginaire de Delphine), les admirateurs de Mansfield.Tya pour qui concision rime avec émotion ("For other place", "Lovely place") et pourquoi pas les adeptes des contemplations de Mount Eerie puisque certains titres devraient plus que leur convenir ("Balalaïka song", "Big mess"). Rencontre de l'imprévu et de l'ingéniosité, loufoque et d'une sensibilité à fleur de peau, We're all of this est une merveille à ingurgiter sans modération ! é mais inspiré, baroque mais tordu, home-made mais hors du temps. Et fragile aussi. Oui. Mais surtout beau en fait. (sortie avril 2007)
J’ai déjà exprimé mon amour inconditionnel dans ses pages pour un petit label français, Greed Recordings, à l’occasion de la chronique du splendide /magnifique /formidable /génial /cétrodlabal (rayer les mentions inutiles) deuxième album de Moonman, 'Necessary Alibis'. Bizarrement, cet amour n’aura pas faiblit en 2007. Tout le contraire même tiens.
La faute à un joli OVNI dans la musique française, 'We're All Of This' de Delphine Dora & The Unexpected. Le deuxième album de la demoiselle (dont je n’avais jamais entendu parler jusque là), cette fois accompagnée de deux compagnons de route (Valérie Leclercq d’Half Asleep ainsi que Jullian Angel).
Un disque dont il faut dire le plus grand bien, même si immédiateté n’est pas sa principale qualité. 'We're All Of This' est un album assez bizarre et dans lequel on ne rentre pas comme cela. Enregistré en trois jours, largement improvisé, ce disque est atypique, brinquebalant et intriguant ; il étale une vision artistique sur le fil, faite de voix susurrées, de boites à musiques sans âge et de piano presque désarticulé mais toujours très mélodique. Une sorte de pop minimale assez barrée mais toujours très belle et pas difficile d’écoute.
Toujours sur la corde, 'We're All Of This' est un album qui dévoile touche par touche son univers, son ambition artistique. Et au bout de quelques écoutes, la sentence tombe : Delphine Dora est grande et ses deux Unexpected sont vraiment à la hauteur. Improvisé mais inspiré, baroque mais tordu, home-made mais hors du temps. Et fragile aussi. Oui. Mais surtout beau en fait. (sortie avril 2007)
Tout commence a capella par la fine voix de Delphine et se poursuit ainsi, comme au début. Beaucoup d'épure, de petits morceaux très courts qui font penser à des pièces sonores moyennageuses (c'est peut être la pochette qui meguide). “At The Edge Of Something” est aérien, hors du temps. Tout est boucle, sans limite... Hors du temps, c'est ça. On peut penser à du Coco Rosie (sans les jouets d'enfants) dans la forme, l'improvisation. Une très jolie découverte. Quelle fraicheur ! Merci Mlle Delphine.
Heureusement que par chez nous, il y a de petits labels qui viennent défricher un peu le PMF (oui, le paysage musical français, vous savez, là où on veut nous faire croire qu'il n'y a pas d'autre musique que celle qui passe à la télé en prime time) ; heureusement qu'il y a des gens qui ne croient pas à ce formatage et qui donnent leur chance à des groupes comme on aimerait en entendre plus souvent. Greed Recordings fait partie de ceux-là. On avait déjà fortement apprécié la musique de Cornflakes Heroes, et voilà qu'on replonge encore avec celle de Delphine Dora Dans un style complètement différent des Caennais, elle nous enchante avec son style baroque et épuré, jouant sur le fil de la folie.
Beaucoup de spontanéité dans ces 22 titres, sans doute obtenue grâce au don qu'a Delphine pour l'improvisation. Un piano, des choeurs, des textes chuchotés, des cris... on hésite entre recueillement et schizophrénie, on oscille entre béatitude et obsession... alors pourquoi hésiter ? laissons-nous donc aller ! Ce n'est pas si grave de perdre le contrôle, de se laisser embarquer dans l'univers d'un artiste. Enfin de plusieurs artistes, puisque Delphine Dora s'est entourée de deux Unexpected. Et c'est finalement sans être trop surpris qu'on découvre que ces deux inattendus sont Half Asleep et Jullian Angel. Ces deux là avaient déjà travaillé ensemble sur l'album de Jullian, et il est presque logique de les retrouver aux côtés de Delphine.
Puisqu'ils s'y sont mis à plusieurs, ne luttons pas. Ne soyons pas surpris par le choeur a capella de “Twins” ; laissons-nous transporter dans ce cabaret où Jullian est maître des lieux, sur “Something about the world” ; acceptons ce chant dissonant sur “Psy Ballet”, nous en serons aussitôt récompensés par la sombre mélodie de “Don't say a world” ; sombrons dans la folie avec l'obsession répétitive de “These unexpected things”. Ne luttons pas, cela ne sert à rien. Ce sont eux les maîtres du jeu. Et il est agréable de se laisser aller au gré de leurs humeurs, de rencontrer ces personnages qui se dessinent dans notre esprit au fil des titres, de se laisser flotter dans ces paysages blancs. Finalement peut-être n'est-ce pas la musique de Delphine Dora qui joue sur le fil de la folie, peut-être est-ce nous...
Bon sang qu'il peut être dur d'accoucher d'une chronique. Tout particulièrement quand on apprécie de manière inconsidérée l'opus en question, cela n'en est qu'encore plus frustrant. Delphine Dora & The Unexpected squattent nos platines depuis un long moment déjà. Et rien ne vient. Il faut pourtant bien se lancer au bout d'un moment. Allez, feu.
La ligne directive de ce We're all of this n'est pas commune pour un album studio, puisqu'il est question ici d'improvisation. Delphine Dora s'est isolée pendant trois jours avec ses Unexpected (aka Half Asleep et Jullian Angel) pour accoucher - sans douleur, eux, certainement - de vingt-deux titres venus d'un autre monde. Si la pièce maîtresse de ce puzzle musical est le piano, les guitares, boîte à musique et autres percussions "home-made" n'hésitent pas à se joindre à la fête, et à offrir un tapis musical plus que soyeux pour des duels de voix féminine et masculine. Tantôt parlées, hurleés, sussurées, chantées, ces dernières confèrent une ambiance lourde, intense mais aussi superbe à cet ensemble magistralement orchestré. Le résultat de toutes ces pièces ? Un tableau hétérogène, des musicalités hors normes, frisant le cabaret nouveau (Something about the world), touchant aux sentiments (For other place), ou bien emmenant tout simplement ailleurs (Ces pieds et ces mains).
We're all of this. Si seulement. On va se permettre une conclusion facile, mais tellement tentante : Delphine Dora est une exploratrice de sons, une créatrice d'ambiances apaisantes, bouleversantes et alléchantes. Ses Unexpected lui donnent un sérieux coup de main pour l'occasion, et on ne peut qu'applaudir.
Delphine Dora’s full album release! Okay, you all know her right? She is the editor of Songs to the Sirens blog, Bricolage Fantasy’s big sister. She released “We’re All This” last spring along with assortment of activities (mostly mysterious and mystical) The album itself is in psych-folks form, full of otherworldly sounds. Just like earlier EP releases, it is a sound landscape, full of personal stream of consciousness piano playing. Odd modes, quotations from religious pieces, 60’s lost albums, experimental ambients, recent slowcore (Charalambides, Fursaxa) and melodies! Delphine can play strings of sweet melody out of nowhere endlessly. (Just don’t make her cranky tho’. You don’t want to hear what comes out of her piano then. :D)
This is a highly personal album, full of unexpected mode and rhythm. Mostly in short pieces instead of standard 3 minute song form. I like the middle part when Delphines is quoting all sort of early modern composers (Debussy and Chopin). Breath is particularly lovely and delicate. Sexy People is definitely a standard ambient piece (I have to make a list out of that song) The albums ends with several post-rock pieces.
Overall, you have to see the album like an unfolding script. Story told gently by somebody who just travels the distance of sound exploration in folks. A psychedelic journey. (either that Delphine is doing her post grad music thesis on your head) Some sections are familiars, warm and lovely, others are with unexpected rhythms and dictions. What’s the story with her and Valérie ? …
Les chanceux avaient pu découvrir Delphine Dora en invitée de Dana Hilliot. Une présence effacée, en retrait de la part d’une artiste atypique, connue pour avoir un grain de folie ou de génie (on ne sait pas trop) dans la tête. Delphine Dora se lance dans son projet personnel. On attend de voir en espérant un album original (de ce côté-là aucun risque d’être déçu). D’autant plus que la jeune femme ne se jette pas à l’eau toute seule mais avec des amis rencontrés dans le vivier Another record : Jullian Angel et Valérie Leclerc aka Half Asleep. Le trio est resté enfermé ensemble pour 3 jours d’improvisation et a été signé par Greed Recordings (Moonman, Action Dead Mouse, Cornflakes Heroes) sur la foi de ce simple cahier des charges. Le résultat We’re all of this est une aventure musicale d’où l’on ne sort pas totalement indemne. Les trois artistes semblent être allés au bout d’eux-mêmes. La spontanéité de l’enregistrement a permis au trio de ne pas réfléchir de trop et de muter la musique de chambre possible – due au piano de Half asleep, en musique expressionniste toute droit sortie d’un film muet de Murnau - il change la folksong possiblement sage et bien écrite en voyage existentiel. Il y a presque un aspect cabaret dans la musique, à l’image du théâtre des ombres de Jack The Ripper ou de And Also The trees. Il y a aussi des résurgences du monde de l’enfance ; un univers de vieux grenier mais qui ne tombe jamais dans la niaiserie nostalgique de Yann Tiersen. Il faut dire que la liberté musicale avec des instruments et des voix parfois en roue libres (il y a du Animal Collective dans tout ça), rend les contours de la musique moins facilement cernables. D’autant plus que le trio ne s’attarde jamais : 22 titres en 50’. Nous éprouvons une émotion profonde venant très loin de l’intérieur et pfft un minute plus tard, nous passons déjà à un autre sentiment aussi puissant et aussi troublant que le précédent. De tout ça, émane un profond mysticisme, sans instrumentation new age de pacotille mais avec d’autant plus de force et d’authenticité. We’re all of this est aussi charmeur que dérangeant et nous renvoie donc à notre propre désordre. Essentiel !
Personnalité discrète et multi facettes (étudiante, pianiste, chanteuse) de la scène indépendante franco-belge (les labels Another Record, We Are Unique Records, Greed Recordings), Delphine Dora possède deux amis chers en Valérie Leclercq (Half Asleep) et Jullian Angel. Bien sûr du voyage dans un monde féerique, tapissé d’images enfantines où Oui Oui réciterait son Erik Satie et son Max Richter, la musicienne bruxelloise (qui pose son timbre à la Nico sur plusieurs – superbes - titres) et le songwriter nancéen (voix à la Nick Cave et producteur de l’album) suivent Delphine dans ses inspirations vénéneuses, l’accompagnent dans ses tournoiements psychédéliques, la guident dans ses traversées enjouées ou nostalgiques (“Breath”, hommage aux Boîtes A Musique de Colleen). Ses vingt-deux vignettes, peintes d’une émotion ciselée qui met paradoxalement de bonne humeur, affrontent l’acidité d’un cabaret berlinois goguenard (le chant de Jullian Angel sur “Something About The World”), balisent des elfes scandinaves en plein délire post-Fursaxa (“Balalaïka Song”), quand elles ne balancent pas instantanément du rire aux larmes (le très antonien “Don’t Say A Word”). D’une témérité créatrice qu’on n’a plus connu depuis le No-Neck Blues Band (“Big Mess”, le bien nommé), cousine latine d’Islaja (“Russian Requiem”) et de Björk (“Haunts The Place”), Delphine Dora, qui refuse toute écriture préalable à l’enregistrement, explore une liberté de ton qui renforce un propos à la fois intemporel et ancré dans son époque. Sous ses faux air de laisser-aller, elle est libre, tout simplement.
Hailing
from Belgium, Delphine Dora´s music gives you a special
feeling of something different. This vocalist with much dreamy singing
and the talented piano player is now presenting her new release,
Delphine Dora and the Unexpected - We´re All Of This that is
coming May 12th on Greed Recordings.
She has collaborated with artists like Valérie Leclercq from
Half Asleep and Jullian Angel on the recording.
Around the piano and the interweaving playfulness of feminine and
masculine voices, be they whispered, chanted, shouted, spoken or
actually sung, you can also hear traditional instruments, music box,
glockenspiel or dry guitars. Very psychedelic and otherwordly.
So the wind won't blow it all away
A
quelques jours de ça, j'avais commencé
à écrire un billet genre : "Delphine Dora,
adorable et délicieuse, a un nouveau disque. Sur greed
recordings. Accompagnée par The Unexpected. Qui sont
Valérie Leclercq et Jullian Angel. 22 chansons. Vignettes.
Impressions.Il s'appelle We're all of this..." Après ? le
papier est un peu froissé, et comme c'était au
crayon gris, la suite est illisible. Alors ? il ne reste
désormais que "Il s'appelle We're all of this". Nous sommes
tout cela. Tout cela quoi ? je me suis demandé. Les vingt
deux titres ? Un puzzle intime en 22 pièces? Vingt deux.
Deux deux. Comme nous. Toi et moi. Moi et toi. Nous sommes doubles et
quand nous dormons, nos jumeaux étouffés dans le
miroir prennent souvent leur liberté, désertent
l'espace de notre réflexion pour d'autres lieux, quelque
part là-bas, en bordure d'horizon. A notre
réveil, devant nous, de retour et muets, ils en
rêvent. S'y préparent. Inspirent. Expirent.
Expirent. Trois temps Une valse.. Alors ? alors tout cela quoi ? La
vie. La réponse était la vie.
(englikhtonian version)
Some days ago, I'd begun writing a post like : " Delphine Dora,
adorable and delightful, has a new record. On greed recordings.
Accompanied by The Unexpected. Who are Valérie Leclercq and
Jullian Angel. 22 songs. Vignettes. Impressions. Its name is We're all
of this..." Afterwards? paper is a bit crumpled, and as it was in the
grey pencil written, suite is unreadable. Then? there only remains "its
name is We're all of this ". We are all of what ? The twenty two tracks
? An intimate puzzle in 22 parts ? Twenty two. Two two. As we. You and
me. Me and you. We are double and when we sleep, our choked twins in
the mirror often take their freedom, they desert the space of our
reflection for other places, someplace over there, next to skyline. On
our waking, in front of us, back and mutes, they dream about it.
Prepare, get ready. Inspire. Expire. Expire. Three times. A waltz. Then
? then what? Life. Life was the answer.
Ouaip, c'est paisible Delphine Dora, disons qu'elle a son truc
à elle que l'esprit pragmatique ne saura voir.
On
n'entre pas dans l'univers de Delphine tambour battant mais
plutôt en
étant bouleversé par cette intimité
brute, et on s'aperçoit fort tard
que l'on est encore en train de s'essuyer sur le tapis du salon. Alors
il faut reprendre au début et être un peu moins
ahuri avec elle.
Même
si on essaye toujours de rentrer dans un espace atypique trop
restreint, et ce dès le début de l'album, on a du
mal à relâcher la
prise, et puis d'un coup on tombe comme Alice au pays des merveilles.
Je ne sais toujours pas pourquoi au début de l'album on
serre la prise
? Encore un truc de méfiance à la con, c'est
sûr, la France à peur tous
les soirs à 20 heures, mais pas moi bordel !
Dans
l'hexagone, depuis peu, il y a le duo Cocorosie, deux soeurs
américouaines qui jouent les chattes de
gouttières, cultive la hype
pour déflorer le folk.
Il y a aussi notre DD ( Delphine Dora)
qui est plutôt dans le baroque rococo, le style qui
s'improvise au
travers de mélodies au piano et d'un langage
chimérique.
Pourquoi
je vous parle de Cocorosie ? Parce que ce new-folk puise son
inspiration dans le désordre et le rocambolesque onirique.
Elles sont
cousines par délire en somme.
DD c'est un ensemble de parcelles
musicales qui ne se définient en rien, et qui mis bout
à bout est un
bordel sans concession. Y à pas à dire, c'est
foutraque et libertaire,
totalement décalé, décalqué
même, c'est pas encore Animal Collective
mais avec deux à trois drogues dans le ciboulot elle peut y
arriver. A
moi elle me rappelle Joana Newson pour cette fêlure, ce sens
de la
démesure, cette sorte d'elfe qui touche le sublime et le
bizarre à la
fois.
Il y a ce côté enfantin, précieux,
épris de joliesse et
de terreur, Delphine traverse intrinsèquement son
désir (et non désert)
musical avec une malice mystérieuse qui rend si attachant
son album.
Il
faut bien entendu écouter l'album en entier, se laisser
aller vers la
singularité immuable de DD au doigt de fée, qui
clôt son Delphine Dora
& The Unexpected comme on éteint ému la
chambre de son enfant le
soir, puis il y a le morceau caché un peu plus loin,
là c'est juste
quand le chniard fait un cauchemar à 3 h du mat, pleurs et
cris, c'est
chiant mais on compati.
Delphine Dora c'est un peu la minute musicale de monsieur Cyclopède, Etonnant non ?
Pour une
fois le titre ne ment pas sur le produit délivré,
encore qu’il s’agisse ici d’une
œuvre. Comme Delphine Dora l’annonce en blanc sur
la jaquette, c’est assez inattendu.
Ce deuxième album est simplement pur, taillé pour
les automnes et la saison du déclin qu’on fantasme
derrière sa fenêtre. On pense un premier temps
à la langueur colorée de Half Hasleep, auteur
l’année dernière d’un sublime
album émotionnel minimal (We are now seated in profile), et
on apprend vite en cherchant un peu que Valérie Leclerq
d’Half Asleep fait partie du voyage.
Et quel voyage. Comme Satie le maitre et Gonzales
l’élève, Delphine Dora utilise le piano
au maximum de ses possibilités limitées, comme un
jouet dont on connaîtrait toutes les fonctions, en inventant
d’autres en fonction des besoins. Et dès
"Something about the world", c’est un début de
conte pour adultes qui prend place, très Tim Burton dans
l’esprit, une histoire de monstres cachés sous le
matelas, un lit seul dans la forêt, et un piano dans les bois.
Forcément, seul Unique Records pouvait sortir un objet tel
que celui-ci. Un disque original qui puise autant dans le
moyen-âge que dans l’expérimental
("Balalaïka song"), des moments entrecoupés de
réels moments de grâce tel que "Psy Ballet" avec
toujours ce piano en fond comme seul décor. C’est
brut, minimal et puissant. C’est une chambre blanche avec des
mots qui volent à l’intérieur.
Et puis, alors qu’on s’attendait à
entendre 1000 variations sur le même thème,
Delphine Dora donne un grand coup de volant direction le pathos qui
fait pleurer. De joie. "Don’t say a word", c’est
l’inspiration de Thom Yorke seul au piano, le nez dans le
whiskey, à pleurer ses amours perdus. C’est beau
et ca joue l’intensité sur une minute et trente
secondes. Oui, chez Delphine Dora, pas de refrain. Minimal
qu’on vous dit.
"Lovely place", pour reprendre la filiation
médiévaliste décrite plus haut,
s’apparente à une version
édulcorée du thème Irlandais de
"Greensleeves", en nettement moins ennuyeux. Touché. On
coule. Etonnamment l’album ne donne pas dans le larmoyant
alors qu’on n’aurait qu’une envie. Se
pendre avec l’album autour du cou.
De par son aspect court et concis, rempli de saynètes
musicales ne dépassant pas les deux minutes, Delphine Dora
et sa troupe se rapproche au plus près du travail de Satie.
Pas un poil de graisse, et ça et là quelques
réminiscences du travail de Nico.
L’album parfait pour passer
l’été volets fermés
à méditer sur la fin du monde. Ou son
début.
cornflakes heroes : dear mr painkillers (2008)
Cornflakes Heroes ? En voilà une idée. Et pourquoi pas Krisprolls Martyrs tant qu’on y est ? Derrière ce patronyme curieux se cache un combo de Caen responsable d’un rock made in France assez surprenant. Epinglant des titres tout aussi farfelus que le dessin qui orne la pochette (« Let Me Be Your Tamagotchi », « Good Morning Naked City », « Sex on Chanell #4 »,…), « Dear Mr Painkillers » a de quoi laisser perplexe. Soit, Cornflakes Heroes ne se prend pas trop au sérieux, soit il s’agit de racolage opéré sur le ton de l’humour ‘nerd’ ; et les monstres qui sont dessinés sur la pochette n’effrayeront que le portefeuille prêt à s’ouvrir pour s’enquérir de la galette. Mais, oh grand surprise, l’investissement que vous pourriez entreprendre en vaut la chandelle. Là où certains groupes de d’jeunes s’autoproclament ‘futur du rock’, d’autres parlent moins, se prennent moins la tête et sont bien plus efficaces. « Dear Mr Painkillers » recèle énormément de qualités. La première sans doute, est de surprendre par son audace. Chanter en anglais sur le territoire français, équivaudrait à jouer au paint-ball tout nu. Les textes sont malgré tout débités avec clarté et maîtrise. Les compos sont également de qualité. Basiques mais pimentées d’éléments biscornus, elles ne tombent jamais dans le prévisible. Les variations de tempo flottent aux confins d’une acoustique folk et enrobée. Ne dansant jamais sur le même pied, toujours prêt à incorporer un ukulélé ou une trompette, « Dear Mr Painkillers » dépote quand il le faut et se calme juste au bon moment. C’est Greed Recording (Action Dead Mouse, Guernica, Moonman,...) qui signe le deuxième album des Français, et qui nous l’espérons vivement, ne sera pas leur dernier.Ce nouvel album dévoile peu à peu tous ses charmes. Les premiers Herman Dune ne sont pas très loin et c'est tant mieux. Le groupe réussit toujours à faire mouche sur des perles pop rock velvetiennes.
Même si un voile particulier s'est posé sur cette deuxième livraison du groupe, pas de chamboulement notoire à relever de la part des Cornflakes Heroes. Le quatuor perpétue son songwriting bien placé et sait toujours confectionner des mélodies imparables. Le tout accompagné d'un chant intégralement en anglais. De son style pop-rock, le quatuor a simplement déplacé le curseur du rock vers la pop. Et ce qu'il a perdu en rugosité, il l'a gagné en délicatesse. Cette délicatesse partiellement apportée par les multiples invités venus apposer leur chant ou instrument (violoncelle et glockenspiel).
Capables de couvrir un large panorama, les Cornflakes Heroes signent aussi bien un titre tendrement désabusé ("Is mother right ?"), caressent l'idéal hippie de très près ("Baby honey"), tutoient Mercury Rev ("Good morning naked city") ou nous attirent vers l'introspection ("Pow !!!"). Tous ces titres, auxquels très peu de choses peuvent être reprochées (seuls "Rotten throat / sweating pores" et "Dig a hole" me laissent perplexe), encadrent ce fabuleux morceau central : "Let me be your tamagotchi", un concentré de l'ingéniosité du quatuor, rythmé par un souffle rock digne de celui de Off with your heads !. Car sur l'ensemble de Dear mr painkillers, la nervosité, elle, a bien pris la poudre d'escampette.
Pour certains, les Cornflakes Heroes seront devenus (trop) timorés. Pour d'autres, le groupe aura mûri au lieu de continuer à foncer tête baisser. Dans tous les cas, le quatuor fournit un travail soigné et démontre la possibilité d'une pop-rock anglo-saxonne made-in-France !
Dear Mr Painkillers, the second long-player from the awkwardly named French indie-folk-rock-popsters can sound a trifle maudlin when compared to it’s 2006 predecessor. Instead of unlimited jangle and jolly ditties, we get the serious shit; suicidal tendencies are explored on “Trigger Dear” and a sense of Gothic Americana comes to the fore on a couple of occasions. It’s not easy listening but it’s good stuff all the same; full of atmosphere and quiet desperation. When they do revert to pure pop songs, “Sex On Channel #4” and “Let Me Be Your Tamagotchi” both spring to mind, the relief is instant, though inevitably short-lived. Indie pop was born in the ‘80s, combining the Velvets’ dark looping vibes and The Byrds’ Rickenbacker sparkle. On Dear Mr Painkillers, Cornflakes Heroes favour the former parent, but haven’t completely turned their back on the latter, just yet
"Dear Mr Painkiller" fait bien son Wowee Zowee en se grattant les puces, mais pour ce second album le combo a préfèré opter pour une lecture multiple. Le groupe démontre qu'il a su créer et imposer une identité, un son et une musique forte. Fruit d'un carrefour d'influence majeure pour beaucoup, Cornflakes Heroes est la translation bucolique et anguleuse du rock indé vers la luxuriance imagination. Fin des premiers essais-brouillons (mais quels brouillons !) de ce groupe antinomique, qui a conçu un parterre de guitares malpolies, désarticulÈes sur lequel se pose un capharnaüm étonnamment maîtrisé et mélodique. Le groupe n'a rien perdu en fougue et en énergie, en désinvolture et en flegme, même si il est impossible d'écouter ce nouvel album sans penser au précédent. L'incohérence harmonieuse de cette contradiction sonore entre douceur et amertume en fait une bizarrerie jouissive. Tout s'échappe sur un rythme de sang-mélé, aux guitares désossées, tout est indolent, confortable. [Bir]
Un nom de groupe qui laisse à désirer, une pochette encore moins engageante. Ca sent le groupe de lycéens pour la fête de musique et tout ça n'incite pas à l'écoute. C'est pas qu'on est pour le marketing à outrance et le plan de communication ciblé mais ya des limites quand même. C'est un coup à ce que ce digipack prenne une courbe descendante en direction de la poubelle sans passer par la case play. Et on aurait tort car la musique proposée est inversement ascensionnel en terme de qualité. Ca fait un poil bizarre au début. Une paye que la pop n'avait pas franchit les enceintes. De la pop façon Pavement - de l'indie pop comme on disait dans les années 90 - ce truc un peu tombé en désuétude ou alors c'est juste que j'ai complètement largué l'affaire (il doit y avoir un peu de ça…). Alors je sais pas si c'est le fait de ne pas avoir écouté ce genre de musique depuis des lustres ou si c'est tout simplement que les compos sont inspirées mais Dear Mr Painkillers est une agréable surprise. Ce groupe de Caen a su aller plus loin que le gentil groupe de pop mièvre sur les bords, dépasser les clichés inhérents au genre pour proposer quelquechose de plus consistent. Je ne suis pas complètement la langue pendante non plus devant ce deuxième album mais il a son charme. Et surtout, la pop de Cornflakes Heroes dépasse ce simple cadre. On y perçoit du Violent Femmes, un peu de The Feelies pour la rythmique parfois trépidante, du western à la Calexico (Is mother right ?), des dissonances à la Sonic Youth, de la fausse naïveté à la Jonathan Richman, un brin de Velvet Underground sur la fin, des trompettes qui ne sonnent pas dans le vide et tout ça mélangé donne un disque cohérent. C'est foutraque mais maîtrisé, léger mais mélancolique et jamais lo-fi comme on aurait pu le craindre. La production est juste parfaite, sans surenchères, limpide et comme le groupe sait torcher un morceau, on se laisse aller sans forcer au bout de ces douze titres malgré deux, trois moments de flottement. Si ce n'est plus trop la came de la maison, il faut bien reconnaître le savoir-faire de Cornflakes Heroes et ça devrait largement contenter les amateurs du genre. Et même au-delà…
Les groupes qui encombrent l'actualité, dans un turnover de plus en plus rapide (déjà un revival shoegazing se prépare...), accouchent sans surprise d'un deuxième disque (quand il existe) au mieux décevant. Au contraire, après avoir bien aimé le premier Lp des Cornflakes Heroes ("Off with your heads !", 2006), on écoute le second avec encore plus de plaisir - c'est comme retrouver dans sa classe un redoublant sympa.
Le groupe n'a rien perdu de sa fraîcheur : la dégaîne est toujours relâchée mais stylée, entre Pavement et nos locaux Coming Soon, surtout quand les Caennais abordent un registre folk-western ("Is mother right ?", "Baby honey" et son ukulélé chipé aux grands frères Herman Düne). "Bloody Valentine" est efficace comme du Nada Surf ("Popular") sur un rythme afro-beat (grosse tendance dans la pop en ce moment, les influences africaines). "Let me be your tamagotchi", avec trompette et guitare en roue libre à l'unisson, c'est pour cartonner au Japon comme Tahiti 80 ? L'ambiance se tend et s'assombrit parfois ("Pow !", "Dig a hole"), mais toujours avec un fond de bonne humeur, par exemple ce charmant et enlevé "Good morning naked city" dont le clin d'oeil au Velvet Underground suffit à faire passer un bon moment.
Caen nous a déjà "sorti" Kim Novak, entre autres exemples de groupes singuliers et prometteurs, et la ville normande continue à nous régaler avec des groupes tels que Cornflakes Heroes, abrités par l'excellent label Greed Recordings. Le quartet caennais, aidé sur ce disque par des musiciens occasionnels, propose en effet douze titres divers et variés pour plus de 48 minutes de plaisir auditif.
On passe ainsi d'un titre aux guitares cristallines en ouverture, d'esprit punky et au rythme alerte (Sex on channel #4) à des plages plus modérées et aussi accrocheuses comme le mélancolique Waiting for you ou Trigger dear et son violon ensorcelant. Sur ces 3 morceaux, pas une faute de goût ne vient entacher le tableau et ce savoir-faire perdure sur tout l'album, à commencer par Bloody Valentine, saccadé et porteur d'une embardée guitaristique très rock du meilleur effet.
Cet opus exigerait d'ailleurs que l'on évoque chaque titre, aucun des douze exposés ici n'étant dispensable. Mais dans le cas d'une telle œuvre, c'est la globalité qu'il faut mettre en avant, de même que cette capacité à diversifier le champ d'intervention musical tout en gardant une qualité constante et une grande cohérence. On a ainsi l'impression de voir défiler dans nos conduits auditifs plus de 20 années de rock indé, et l'on se délecte des sonorités tristounettes de titres comme Is mother right? ou Rotten throat/Sweating pores ou plus poppy et fantaisistes de Let me be your tamagotchi avec son final noisy étincelant. Ailleurs, on peut également profiter de l'acoustique vivace de Baby honey ou de la pop-rock aux climats changeants de Good morning naked city, pour terminer notre voyage sur un Shabu shabu posé et lui aussi, à l'image de la plupart des titres de cet opus magnifique, délicieusement sombre.
Superbe album donc, signé par un groupe que l'on ne peut que gagner à connaitre et écouter de façon intensive.
A shadow has been cast over the once sunny disposition of Cornflakes Heroes. Where the French quartet’s 2006 debut Off With Your Heads! was bursting forth with jangle-pop goodness, their follow-up Dear Mr Painkillers is palpably lethargic if not downright depressing in places. While there are still moments of bubbly indie-pop joy here, such as the opener “Sex On Channel 4” and the catchy casio-beat and trumpet-bleat love song “Let Me Be Your Tamagotchi”, the majority of tunes hover in the shade of shoegaze inertia and Velvets-inspired drone. The highlight “Trigger Dear” is filled with a suicidal menace as melancholy harmony vocals meet tremulous guitar and violin, while both “Is Mother Right?” and “Dig A Hole” lend a dark touch of atmospheric americana to the proceedings. Although this is an adventurous second outing with an imaginative use of electronica and a thoroughly spooky rhythm section, passivity begins to set in half-way through and you find yourself waxing and finally waning. Like the drowsy cat’s purr that closes out the album—sleep beckons.
Eh eh ! on pourrait entamer la chronique de Dear Mr Painkillers, le second album de Cornflakes Heroes sur le label Greed Recordings par le discours journalistique de convenance. Il porterait sur « la difficulté de passer l’épreuve du deuxième opus pour un groupe ayant réussi avec succès un premier album ». Alors, on pourrait évoquer avec un plaisir encore frais l’enthousiasme qu’avait suscité les (multiples) écoutes de Off with your heads. On jouerait ensuite aux jeux des 7 différences entre les 2 œuvres pour servir un propos. Il consisterait à rappeler combien, véritablement, ce parcours initiatique est ardu que le groupe n’aurait pas réussi à cheminer. Ou bien, au contraire, il soulignerait son talent à franchir cette étape décisive. Cette dialectique faussement circonstanciée présenterait en outre l’avantage de pouvoir être reproduit – moyennant quelques modifications – lors de la sortie du troisième album.
Las, contentons nous de parler de l’album et de la musique produite par les caennais. Et… hum hum… bon à vrai dire la première chose marquante quand on écoute ces nouveaux morceaux, c’est le changement au niveau de la production qui, aux heurts et reliefs de Off with your heads, propose un son plus lissé, plus compressé, peut être aussi plus travaillé. Ce choix artistique rend, de manière un peu paradoxale, plus complexe l’entrée dans les morceaux dont on n’arrive pas bien à saisir les prises, peu visibles.
Présumons que tout commencera par « Let me be your tamagotchi ». C’est assez incroyable de voir qu’une guitare jouée sur une corde, quelques notes de clavier, une batterie groovy, une trompette délicieusement fausse (de toute façon, il n’y a que fausse qu’une trompette nous plaît) et des paroles catchy peuvent former une pop-song et que cette pop-song peut vous avoir un goût d’imparable aussi facilement. Et puis ensuite viendrait « Baby honey »… c’est encore pire, c’est une mélodie maigrichonne jouée au ukulélé à peine de quoi jeter une oreille tellement c’est entendu ! Au moment où on pourrait se dire ça, notre conscience jaillit. Cornflakes heroes sait non seulement jouer avec une nonchalance cool qu’on envie tellement aux groupes américains, mais possède également une personnalité vocale très forte qui réside autant dans le timbre attachant de Thomas que dans les arrangements vocaux subtils et réjouissants.
Ensuite, on peut repartir du début et se laisser à savourer les chansons « sex on channel 4 », « waiting for you », « bloody valentine » et leur dynamisme communicatif allié à un sens des arrangements simples mais ultra efficace. On peut laisser décanter les ambiances plus subtiles de « trigger dear », « Rotten throat sweating pores » (catpowerienne dans le sens « premiers albums » du terme), « Good morning naked city » (ils n’auraient pas tourné avec Herman Düne ?). On peut enfin regretter que l’équilibre ne soit pas encore complètement atteint sur certaines autres chansons (temps de maturation insuffisant ?).
Tout ça pour dire que Dear Mr Painkillers confirme tout le bien qu’on pense de Cornflakes Heroes qui reste un des groupes indie-pop les plus talentueux de l’hexagone, même si… on ne peut pas s’empêcher d’éprouver une toute petite pointe de déception par rapport aux attentes nées de l’enthousiasme du premier album (ah purée, ça fait pourtant un bail que j’ai arrêté l’abonnement aux Inrocks…).

Le rock en France a une spécialité vraiment intéressante : sa façon d'ingurgiter des hectolitres de bon vieux rock US, d'influences anglo-saxonnes à fond les ballons, et parfois de les recracher les doigts dans le nez, avec une vision personnelle, sans passer par la gueule de bois qui nous donne à écouter les infâmes merdâsses d'aujourd'hui.
Je m'égare pas tant que ça. La preuve avec ce nouvel album de Cornflakes Heroes, un douze-titres intitulé Dear Mr Painkillers, qui aura du mal à vous convaincre qu'on est face à un groupe franchouillard et passif. Après le Off With Your Heads ! de 2006, ils remettent une couche plus convaincue de ces guitares claires grattées nonchalamment, de cette légère insolence musicale surplombée par une voix qui rappelle pas mal celle des débuts de Dionysos (le Bloody Valentine et sa rythmique gentiment épileptique vous fera penser au pré-Babett The Sky Is Blue Like The Eggs In Winter).
Parce que oui, à la façon d'un Mathias Malzieu fan de John McEnroe, du far west, de sa country bavarde et des routes désertes, Conflakes Heroes nous donne l'impression de revenir direct des States, avec un paquet d'impressions, de chansons, de souvenirs remodelés. Remodelés à grand coups de mélodies construites autrement (Waiting For You), heureusement, d'un punch supplémentaire et rassurant qui lorgnera davantage du côté de Pavement (Good Morning Naked City), et d'un minimum de folie à creuser (le déstabilisant Let Me Be Your Tamagotchi et son duo clavier/cuivres). Le son de Cornflakes Heroes est cependant dépouillé, lâchant les effets ou toute triche au profit d'une volonté de faire taper du pied dans une bonne humeur manifeste, qui touche parfois à la hargne rock assez lourde et jouissive (le superbe et schizophrène Pow !!!). On peut par contre regretter des moments d'abandon musical à des univers moins neufs : Baby Honey est assez anecdotique avec son ukulélé métronomique et ses voix pourtant bien harmonisées, et Shabu Shabu termine l'album en arpèges mollassons.
Malgré tout, l'univers de ce Dear Mr Painkillers et de sa pochette gentiment monstrueuse est garanti. On ne peut souhaiter que bonne chance à un groupe français qui taille la route en revendiquant aussi bien ses envies. Longue vie !
Dans l’absolu, à quoi ressemble un bon groupe – et un bon album – de rock made in France? À des textes forcément en français ? A une bande d’ado qui se veut Libertines mais sonne plus comme les Forbans, sauce années 2000 ? A une suite de paroles débiles posées sur quelques accords on ne peut plus mineurs? A un combat à mort de fourchettes en plastique ?
Malgré ce que peuvent asséner à longueur de unes quelques magazines spécialisés et dits “de référence”, rien de tout cela finalement. Un peu tout l’opposé même.
Prenons les Cornflakes
Heroes, groupe caennais, signé sur le label
parisien Greed Recordings (voir ici ou
là), petit par la taille mais grand par la
qualité de ses sorties, qui sort ces jours-ci son
deuxième album, ‘Dear Mr
Painkillers’. Malgré leur nom un peu
idiot et qui résonne comme celui d’un groupe
faiseur de pop échevelée et
débridée, les Cornflakes Heroes
incarnent totalement la vision que je peux avoir du rock made in France
‘Dear Mr Painkillers’ continue
de tracer la voie ouverte avec ‘Off With Your
Heads!’.
Celle d’un rock chanté en anglais et qui prend ses
influences aussi
bien outre-manche qu’outre-atlantique. Sur le premier album,
on
retrouvait facilement celles de Sebadoh, Pavement,
Dinosaur Jr, voire même du Velvet
Underground ou Nick Drake
sur certains passages. Sur ce disque, ces influences sont toujours
là, mais encore mieux assimilées et plus
discrètes.
Le groupe se les approprie réellement pour en sortir un son
qui lui
appartient. En y apportant souvent des touches aux couleurs punk, blues
ou pop et en agrémentant beaucoup de titres d’un
moog, d’une trompette,
d’un ukulele, ainsi que d’une bonne dose
d’humour (écouter Let Me Be Your
Tamagochi) et de saturations, ‘Dear Mr
Painkillers’
s’impose rapidement comme une franche réussite,
qui n’hésite pas à
reprendre l’ouvrage là où il
l’avait laissé pour mieux continuer à
avancer.
Les Cornflakes Heroes prouvent surtout (et une seconde fois) qu’il est possible de sortir un disque rock en France, sans être petit bras et/ou ridicule, avec de vrais textes, des riffs tendus, une basse qui sonne et des mélodies torturées, chaloupées qui ne cherchent jamais la facilité mais qui tapent juste. Car ‘Dear Mr Painkillers’ est tout cela à la fois. Un très bon disque rock, qui a du coffre et du chien.
On sait que le monde de la musique est ingrat, et le fait que le premier album des Cornflakes heroes soit sorti dans un relatif anonymat n'en est qu'un exemple de plus. Mais ceux qui ont eu la chance d'écouter "Off with your heads" ou qui les ont vus en concert savent qu'ils font partie des quelques formations indie pop dont nous n'avons pas à rougir en France.
Sûrs de leur fait et de leurs chansons, les Cornflakes heroes reviennent aujourd'hui avec un second album, moins de deux ans après leur premier effort, belle constance à saluer. Dès l'introductif Sex on channel#4, on sent un groupe posé et bien en place. Les envolées pop du premier opus cèdent ici la place à un climat un peu plus épais, un peu plus sombre, sans pour autant mettre de côté les qualités mélodiques déjà entrevues. On en prendra pour preuve le superbe Trigger dear, tout de suite évident, parfaitement guidé par sa rythmique et sa phrase de guitare, rehaussée d'une ligne de cordes, vrai grand morceau à la maturité bluffante. Même constat pour Is mother right, morceau qui respire, se déploie au-delà de la mélodie chantée et fait montre d'une maîtrise musicale éprouvée.
Ailleurs, on croise des ambiances plus ludiques (Let me be your tamagotchi), mais le propos reste globalement tendu, à l'image de Pow !!!, constamment sur le fil du rasoir. Ce parti-pris donne une véritable unité à l'album, montre une véritable implication dans la façon de concevoir un album, un refus de se répéter sans chercher à faire la révolution pour autant. On ne se plaindra pas de voir un groupe de chez nous s'inscrire dans la durée tout en ayant les moyens de ses ambitions. Une reconnaissance plus large serait définitivement la moindre des choses.
Comme un bateau qui se fracasserait après une deuxième mise en mer, le deuxième album d’un groupe est souvent un écueil que les plus superstitieux voudraient directement transformer en troisième disque, surtout quand le premier avait été accueilli les deux oreilles grandes ouvertes, la banane barrant une face trop habituée à recevoir des mauvaises nouvelles, surtout depuis Nicolas premier. Difficile de ne pas dire que le premier disque des Cornflakes n’avait pas connu la révérence et la franche tape amicale derrière le dos, difficile de dire que nous ne nous étions pas enthousiasmés pour ce qui reste probablement le meilleur disque inde français de ces dernières années, une vague de fraicheur qui pouvait transformer le visa du groupe sans que cela paraisse aussi louche que le passage de Michel H. dans le pays du cinéma. « Dear mr painkillers » devait être donc suivant toute probabilité un disque trop pressé de quitter son trône pour ne pas entendre geindre, glissant sur un parquet ciré sans les patins aux pieds. Pour un disque avec la supposée boule au ventre pas de vertige, celui-ci étant pour l’auditeur qui n’en reviendra d’entendre « sex on channel # » et ses différents niveaux de lecture. Rassuré par cette entrée la mélancolie de « waiting for you » expulse Dionysos du champ de la crédibilité avant de leur mettre la tête sous un sac via « trigger dear » premier moment fort sur tempo faible de ce nouvel opus, qui doit autant à la veillée qu’au Velvet Underground. Ne laissant pas le temps passer, les C.H. le rattrape, marquant des pauses (« bloody valentine ») et de fausses siestes (« is mother right ? ») qui en disent long sur la faculté du groupe à écrire avec une souplesse magistrale même quand l’orage gronde. Mais Cornflakes Heroes fait aussi dans l’exploration (Rotten Throat / Sweating Pores) comme si le costume étroit se décousait pour se muer en autre chose comme on jouerait aux légos. Le ton devient Presque grave avec « pow !!! », morceau pendant lequel un venin semble avoir infecté les personnages de la pochette du disque. Que dire de “dig a hole” qui sort tout droit du “to bring you my love” de PJ Harvey, le monstre de retour. “Baby Honey” au ukulélé était l’antidote à moins que tout le monde s’y trompe, les cœurs sont aussi là pour la communion, donc l’entrée en religion. Puis arrive « good morning naked city », sommet du disque comme si David Gedge avait donné les clefs de son “California” pour en refaire une contrée sous un soleil doux, un endroit où l’on jouerait en technicolor en avançant à cloche pied, prononçant “velvet underground” avec une fraicheur loin du snobisme à la mode pour tout ce qui touchait à Cale and Co. “shabu shabu” qui clos ce disque est un matin dans le brouillard, mais un matin doux qui sent le frais l’herbe coupée et les tartines grillées. L’écueil est alors passé haut la main, la suite surpassant le point de départ, jouant à ne jamais nous faire, mais toujours à nous étonner. Les C.H. sont à l’image des monstres hilares de la pochette, les bras en l’air plus pour s’aérer que pour fêter une victoire, car par d’esbroufe ni de leçon à donner, les C.H. c’est juste l’une des meilleures alchimies à l’heure actuelle. Un disque Dionysaque et ravageur.
Le second album des Cornflakes Heroes tombent à point nommé pour prolonger l'été qui touche à sa fin. Mélodies légères, approche faussement folk, univers coloré, attitude décomplexée… Tout est à nouveau réunit pour nous faire succomber aux charmes des pétales de maïs soufflés. Plus maîtrisé encore que son prédécesseur, cet album place le groupe en représentant d'une culture indie-pop qui semblait s'essouffler. Piochant autant dans les années soixante que dans les groupes noisy-pop des années 90 (Pavement et autres), flirtant autant avec le revival folk (Herman Dûne en tête), qu'avec les musiques plus rock, le groupe continue son petit bonhomme de chemin, sans prise de tête, ni ambition assommante, et tant pis pour la surprise. Comment résister par exemple au refrain entraînant de "Bloody Valentine" ? Mais derrière une image simple et évidente, presque enfantine, à l'image de la pochette, les titres et les mélodies s'enchaînent avec beaucoup plus de finesse et de savoir-faire qu'il n'y parait. Sans avoir l'air d'y toucher, le groupe mélange le sombre et le joyeux, le spontané et l'introspectif, l'évident et l'intrigant. Alors, certains auront sans doute vite fait de les cataloguer groupe gentillet, idéal pour animer les soirées étudiantes, mais ce serait faire une grossière erreur. Les Cornflakes Heroes viennent de sortir un album sans prétention aucune, mais dont la sincérité saura toucher les amateurs de mélodies et de refrains accrocheurs.
Il n’aura fallu que deux ans aux Cornflakes Heroes pour revenir avec un nouvel album à la hauteur de nos attentes. ‘Off With Your Heads!’, sorti en 2006, avait été une très bonne surprise qui s’est finalement retrouvée bien plus longtemps à tourner sur nos platines que nous ne l’aurions imaginé au premier abord. Aujourd’hui les Caennais persistent et signent avec un nouvel opus particulièrement convaincant.
C’est évident, ‘Dear Mr Painkillers’ représente une belle évolution pour le groupe qui a toutefois conservé ce petit côté Lo-Fi qui fait tout son charme. Et du charme ce disque n’en manque pas ! Les Cornflakes Heroes ont notamment gagné en fougue et en puissance, et ce n’est pas le titre d’ouverture ‘Sex On Channel #4’, qui nous fera penser le contraire, avec son break à la frontière du Post Punk. Après cette très belle entrée en matière ‘Waiting For You’ nous replonge dans les racines du Rock US qui reste sans aucun doute leur principale influence. D’un ‘Bloody Valentine’ entraînant à des échappées dans l’Ouest américain (‘Is Mother Right ?’), de l’ukulélé et des choeurs de ‘Baby Honey’ au violon de ‘Trigger Dear’, entre Beach Boys et Arcade Fire, en passant par des titres plus dissonants tels que ‘Rotten Throat / Sweating Pores’ ou ‘Pow !!!’ à mi-chemin entre un bon Sonic Youth et Steven Malkmus, les Cornflakes Heroes dévoilent un répertoire bien plus varié et contrasté que l’on n’aurait pu l’imaginer. Le plus bel exemple de cette diversité est sans aucun doute ‘Let Me Be Your Tamagotchi’, un titre sur lequel le groupe n’hésite pas à insérer des cuivres qui prennent une tournure presque Ska / Rock dans la seconde partie du morceau. Même la Ruda Salska n’est pas si loin…
Eux-mêmes semblent avoir fait des ‘petits’ depuis, avec l’émergence de groupes tels que Coming Soon, qui exploitent brillamment le filon US dans un répertoire plus Folk. Nous ne parlerons pas d’album de la maturité, car c’est bien la fraîcheur et la jeunesse de leur musique qui fait aujourd’hui des Cornflakes Heroes un groupe à suivre sur la scène indépendante française.
Titres conseillés: Sex On Channel #4, Waiting For You, Bloody Valentine, Bloody Valentine, Let Me Be Your Tamagotchi, Baby Honey
L' insolente insolation dont émane le second opus des Cornflakes Heroes échappent à tout contrôle. Album versatile par excellence dont la photo satellite démontrera que dans la même journée la chanson s'éveillera rachitique en grouillant de saturation pour s'endormir repue par une absorption de couleur vive. C'est bel et bien quand ils bidouillent leurs mélodies de nonchalance ou qu'ils laissent la surcharge d'une chape sombre que l'espace devient panoramique, ouvrant à tous les délires, laissant le champ libre et le soin aux arrangements de jouer sur les paradoxes sonores.
C'est sur un végétation de guitares disloquées par un esprit sauvage que la nature singulière du combo devient un phénomène à part entière. Il y a de l'instabilité un truc pas net et terriblement anguleux, un contre-pied qui caresse et griffe comme un Pixies carnassier, un Pavement rêveur, un sebadoh qui clap your hands say yeah ! Parfois bucolique et alanguie, complètement relâché
du gland, la musique indé de Cornflakes Heroes défie le temps, elle capte les embryons mort nés du rock indé des nineties, le folk du grand canyon, la brisure instantanée du post punk des eighties, l'enthousiasme communautaire des hippies. (dimanche 14 septembre 2008)
Dear Mr Painkillers, le deuxième CD des Cornflakes Heroes est une pure merveille multi-facettes qui s’incruste inexorablement dans la tête comme une drogue qui ne fait pas mal - impossible de s’en défaire. Le quatuor caenno-parisien frappe bien et fort pour la suite d’Off with your heads et balaie les quelques réserves qui pouvaient être émises à l’époque sur le disque. En deux ans, les 4 Cornflakes ont à la fois peaufiné leur formule et malaxé avec brio leurs influences, envies et leur large background musical tout en se donnant les moyens dans la réalisation au Minipop studio à Paris. De nombreux concerts dans tout le pays leur ont permis de fluidifier les morceaux et d’en tester un grand nombre en public. Dès "Sex On Channel #4", leur machine à hymne indé jubilatoire est lancée à plein régime, et se poursuit sur la même veine avec Bloody Valentine et Let Me Be Your Tamagotchi - c’est rapide, incisif et catchy. Dur aussi de ne pas succomber à l’élan de "Good Morning Naked City", sa mélodie entêtante et son final avec la trompette déjantée. C’est peut être dans les morceaux plus introspectifs que le groupe à considérablement gagné en densité, notamment sur disque. Il faut se laisser bercer par les rythmes hypnotiques de "Is Mother Right ?" ou "Rotten Throat / Sweating Pores" pour ne citer qu’eux. A noter les participations amicales d’Armel Gontier au violoncelle et Aude Lamy de Top Montagne au glockenspiel. Autre point remarquable, il ne faudrait pas oublier de s’intéresser aux textes de Thomas, souvent plus profonds qu’ils n’en ont l’air de prime abord - on peut même regretter qu’ils ne figurent pas dans la pochette. Une fois encore, le complice Gablé signe le design du très beau digipack à trois volets.
Il y a deux ans à peine sortait de nulle part Cornflakes Heroes et son album autoproduit Off with your heads, aussi déroutant qu'excellent. Après une signature sur Greed Recordings (qui ont décidément un flair remarquable) et une réédition dudit album, nos héros en céréales préférés remettent le couvert (notez l'humour) et nous offrent Dear Mr Painkillers.
Et ce cher monsieur anti-douleurs fait à la fois office d'apéro, de plat principal, de dessert et de café crème. Les titres proposés sur cet opus sont tous savoureux, et ne le doivent à rien d'autre que leur sensibilité cumulée à une incroyable diversité. Tour à tour énervés, rythmés (Sex on channel #4), lancinants (Dig a hole), aériens (rotten throat / sweating pores) et toujours intelligents, les morceaux proposés par Cornflakes Heroes sonnent terriblement juste. Rock inspiré ou pop énervée ? Aucune idée, les styles musicaux me fuient comme la peste. Difficile, en même temps, de cataloguer des compositions aussi hétéroclytes, où tout ((post-)rock/pop/mélancolie) se mélange, se rencontre, s'entrechoque avec une classe folle. Et ces compositions accomplissent un exploit non négligeable, celui de souvent laisser penser à quelque chose de connu sans qu'on ne puisse jamais mettre la main dessus. A l'heure où moult personnes se voulant bien pensantes - mon cul - s'extasient devant des pseudos-formations prétendument originales (non non, pas de nom), l'effort réussi ici est bien plus remarquable : un hommage perceptible et élégant à des influences diverses et variées (Good morning naked city, incroyable), tout en ajoutant une touche indélébile, marque d'une personnalité forte et d'une inspiration incontestable.
Le 13 août sortait le nouveau Batman (monstrueux, soit dit en passant). Le 29 octobre marquera le retour sur nos écrans de Hellboy. Nos amis de Greed Recordings ne pouvaient pas choisir meilleur moment que le 11 septembre pour nous présenter leurs héros à eux, dont les armes secrètes ne sont rien d'autre que des guitares affutées et une désinvolture dandyesque. Dire qu'on est conquis est un putain d'euphémisme que l'on va s'autoriser, histoire de rester modérés.
We rarely hear that many French underground pop bands lately. Not sure why this is...? As a result, we were pleasantly surprised to receive a package from the Greed Recordings label in France. Dear Mr Painkillers is the second full-length release from this nifty and obscure little band. Cornflakes Heroes tunes are a bit difficult to pigeonhole. The music definitely fits within the realm of underground pop...and the songs (and most certainly the vocals) remind us of some of the early recorded work of Howard Devoto and Pete Shelley. These songs have a nice, loose feel that is a refreshing change of pace from pop bands whose music sounds entirely too perfect for words. The band's sound is a bit of an acquired taste (i.e., it takes more than a couple of spins to begin to get into the music). Cool inspired tunes include "Sex on Channel #4," "Bloody Valentine," "Dig A Hole," and "Shabu Shabu." Funny, quirky, and melodic.
guernica : who are your songs for? (2008)
A l’heure où les groupes d’une belle contrée nommée Belgique confondent pop music et shopping sur l’avenue de la Toison d’Or, il est réjouissant de constater que des artistes du pays de Tom Barman et Jos Steen résistent à la tentation de la participation aux concours annuels du plus bel hennissement. Autant notre aversion pour les MonteMalibuPonstars de tout poil ne cesse de grandir avec le temps, implacable juge arbitre du bon grain et de l’ivraie, autant le quatuor Guernica s’est glissé sans coup férir dans nos cœurs, déjà conquis par les magnifiques Français de Papier Tigre. D’abord paru dans son pays d’origine sur le minuscule label courtraisien Vlas Vegas, Who Are Your Songs For? connaît l’honneur d’une sortie française, grâce au dynamisme du label Greed Recordings (Cornflakes Heroes, Action Dead Mouse). Et c’est plus que mérité, les six morceaux du disque se servant du dynamisme grégaire des Fugazi pour mieux personnaliser des tonalités post pop d’une vélocité assouvie à coups de guitare basse. Difficile aussi de ne pas craquer sur le chant mi-moqueur mi-détaché du gars Michael au micro, dont la verve – ralentie ou furieuse – n’est pas sans évoquer le toujours fondamental Stephen Malkmus. Autant dire que ça vaut le coup de marteau sur l’enclume.
Guernica est un combo Belge qui révèle un down-tempo contemplatif qui mue en machine rampante et pointilleuse. Le monochrome décomplexé de ce six titres s'explique de plusieurs façons. Tout d'abord par cette musique volumineuse et céleste qui symbolise l'essence du post rock, là où le tourment et la sérénité planent par de petits traits serrés en exprimant une douleur universellement compréhensible. Placé au centre de la composition les guitares s'entrelacent dans une suite d'arpèges élégants et profondément émouvants, la nébuleuse musique de Guernica s'exprime par ses arpèges en forme de larme, tout en elle exprime la souffrance et le désarroi. Cette supernova sonique trouve autour d'un jeu pénétrant, tout en diplomatie et en explosions brusques un entrelac vertigineux de sonorités aériennes. Le groupe révèle la cohérence dans son indépendance, souvent en plein paradoxe entre puissance rythmique et légèreté instrumentale. [Bir]
Benzine / i left without my hat
Si j’osais, pour chroniquer cet album, j’aurais évoqué mon voyage à Madrid en mai 2005. J’aurais parlé de cette ville formidable, de son architecture, de ses grandes artères, et de ses musées. Notamment celui de la Reina Sofia, un des plus grands musées qu’il m’a été donné de visiter. Et pas seulement parce qu’on y trouve le plus tableau du monde, le Guernica de Pablo Picasso.Certes, c’est un peu cliché de dire cela. Mais le problème c’est que c’est vrai. Sa taille imposante, ses vérités cachées dans tous les coins, la souffrance qui en ressort, tout ceci m’avait soufflé, scotché, perturbé. J’étais resté un long moment stoïque à essayer d’en admirer les moindres recoins et d'en comprend tout le sens.
J’aurais pu dire tout ça pour parler de la première sortie discographique de Guernica, groupe belge responsable d’un petit buzz Outre-Quiévrain en début d’année lorsque leur premier mini-album ‘Who Are Your Songs For?’ avait suscité bien des commentaires élogieux.
Et à l’écoute il y a de quoi. Post-punk teinté d’avant-rock, la musique de Guernica est du genre explosive, nerveuse, acérée, avec cette voix qui rappelle tantôt Tom Smith (Editors) tantôt Tom Barman (dEUS). ‘Who Are Your Songs For?’ tient vraiment la route, mené tout du long par une volonté mélodique implacable, comme souvent avec les groupes du plat pays qui n'est pas le nôtre.
Ce disque se veut à l’image du tableau dont il reprend le nom, distordu mais cohérent, chaotique mais pertinent. Le dernier titre de ‘Who Are Your Songs For?’ en est peut-être la meilleure preuve. Concluant l’album, ce n’est rien de moins qu’un chef d’œuvre belge de post-punk. Et je n’ai pas abusé de substance illicite avant de dire cela : que ce soit dans sa construction – et ses multiples renversements de riffs – ou dans sa mélodie imparable, Conscientiously Escaping The Chains Of Western Civilization I Am What You Could Call A Postmodern Houdini est un titre grand, très grand, capable de retourner le cerveau des plus blasés d’entres nous.
Quelques mois après sa sortie chez Vlas Vegas, c’est au tour de Greed Recordings de sortir le disque en France. En espérant le même succès pour le petit label parisien, qui une nouvelle fois illumine mes journées de par ses choix discographiques. La France a toujours réservé un accueil très chaleureux aux groupes Belges. Je ne vois pas comment elle pourrait passer à côté de ce mini-album là. (sortie française : 10 septembre 2008)
A l'heure où les groupes de nos belles contrées confondent pop music et shopping sur l'avenue de la Toison d'Or, il est réjouissant de constater que des Belges résistent à la tentation de la participation aux concours annuels du plus bel hennissement. Implacable juge arbitre du bon grain et de l'ivraie, le quatuor Guernica s'est glissé sans coup férir dans nos cœurs, déjà conquis par les magnifiques Papier Tigre.
D'abord paru en notre plat pays sur le label courtraisien Vlas Vegas, 'Who AreYour Songs For?' connaît l'honneur d'une sortie française, pour revenir chez nous par la même occasion.
Et c'est plus que mérité, les six morceaux du disque se servant du dynamisme grégaire des Fugazi pour mieux personnaliser des tonalités post pop d'une vélocité assouvie à coups de guitare basse. Difficile aussi de ne pas craquer sur le chant mi-moqueur mi-détaché du gars Michael au micro, dont la verve – ralentie ou furieuse – n'est pas sans évoquer le toujours fondamental Stephen Malkmus.
Diantre! Guernica est un groupe belge! En voilà un qu’on voudrait pourtant bien s’approprier en France, tant ce jeune quatuor impose avec classe et maturité une ligne musicale héritée des groupe qui ont forgé notre passion pour la musique pendant les années 90…
Voici un mini LP (6 titres) qui a pourtant déjà tout d’un grand. Pour une fois on va mettre de côté les habituelles comparaisons à dEUS, voire Girls In Hawaii, lorsqu’il s’agit d’un groupe belge, car les guitares de Guernica pointent déjà bien plus loin le bout de leur manche, de l’autre côté de l’atlantique…
A mi-chemin entre Post-Rock et Lo-Fi, le groupe rappelle à nos bons souvenirs le temps des vieux (ou plutôt des jeunes) Pavement, avec en ligne de mire la même créativité qu’un ‘Slanted & Enchanted’ (la ressemblance est frappante sur des titres tels que ‘Conscientiously Escaping the Chains of Western Civilization I Am What You Could Call a Postmodern Houdini’), la même fougue, la même envie d’essayer beaucoup de choses, sans se soucier des modes et du qu’en dira-t-on, et tout cela avec la même réussite.
‘I Wish I Was American’ pose ainsi les bases de ce mini album noisy et habité, avec une pointe de mélancolie palpable dans les ambiances que l’on ressentira encore plus sur ‘I Cried The Day Marlon Brando Died’. ‘In De Wolken’ illustre quant à lui l’aspect ‘Post rock’ du projet, avec ses deux guitares qui remplacent ici le chant, se répondant l’une à l’autre sur deux gammes différentes.
La seule déception qui ressort de cette écoute, c’est la frustration de ne pas en avoir entendu assez ! On ne doute pas un instant que Guernica est capable de nous offrir bien plus que 6 titres de cette trempe ! Un ‘petit’ album qui a déjà tout d’un grand !
Titres conseillés: I Wish I Was American, Far From Sound, In De Wolken, Conscientiously Escaping the Chains of Western Civilization I Am What You Could Call a Postmodern Houdini
Venant de Belgique et "abrité" par l'excellent label GREED RECORDINGS, GUERNICA nous offre là un EP de toute beauté et vingt-sept minutes de plaisir musical intense. Habile dans la structuration de ses morceaux, le groupe évoque le plus souvent BLONDE REDHEAD de par ce savoureux mélange de délicatesse et d'une tension sous-jacente qui souvent menace mais jamais n'explose de façon réelle. Une émotion certaine se dégage du chant, ceci étant perceptible dès "I wish i was American", magnifique titre d'ouverture dont la tonalité m'évoque également les compatriotes Belges de GUERNICA nommés Deus. Autour, une trame sensible et ornée d'envolées plus colériques vient envelopper de belle manière des vocaux qui parfois, proposent eux aussi des embardées plus rageuses. Cette tendance prévaut sur les six morceaux de ce EP et à l'occasion, les Belges nous gratifient de duels vocaux, comme sur "Far from sound", réjouissants et qui s'accompagnent d'une batterie très présente ainsi que de guitares dont l'inspiration impressionne et porte les titres de ce disque vers les sommets.
Sur "In de wolken", un rock abrasif, riche, donc, en guitares volubiles et inspirées, nous est proposé et sur ce morceau, GUERNICA nous apporte la preuve de son savoir-faire dans le domaine instrumental, dotant cette compo de touches post-rock bienvenues.
On pourrait d'ailleurs s'arrêter à chaque titre tant chacune des chansons charme l'oreille et captive irrémédiablement, à l'image de "I cried the day Marlon Brandio died" et ses vocaux à la Stephen Malkmus sur fond de six-cordes brouillones et torturées, parfois cristallines aussi, qui nous remet en mémoire les meilleurs moments de PAVEMENT. Ou encore "This is the age of too much", massif et belliqueux mais qui se termine de façon apaisée, et pour finir un "Conscienciously escaping.." au tempo alerte, superbe conclusion d'un EP qui d'emblée place nos Belges parmi les espoirs de cette année 2008 et pour les années à venir.
Imparable et irréprochable sur tous les plans, une découverte à faire impérativement et toute affaire cessante.
Guernica est un groupe belge, ce qui n'est finalement pas étonnant si l'on observe que le patronyme qu'ils se sont choisis et quelques titres de ce premier mini-album (Conscientiously escaping...) forment un ensemble un brin absurde et surréaliste.
Sorti il y a plusieurs mois en Belgique dans une certaine confidentialité, "Who are your songs for ?" est vite devenu un petit épiphénomène, au point que le disque est aujourd'hui difficilement trouvable là-bas. Il faut dire que Guernica a quelques atouts dans sa manche, à commencer par une vraie capacité à faire honneur à son nom. Car les morceaux du groupe semblent évoluer sans cesse, chercher à former un ensemble à la fois cohérent et chaotique. On songe parfois à Pavement comme modèle plausible, pour le son spontané et bancal, notamment sur I cried the day Marlon Brando died et sa mélodie catchy qui laisse ensuite place à un longue divagation sonore.
Sur l'ensemble des six titres, ce qui retient l'attention est la capacité à laisser parler un jeu instinctif et spontané, de faire pointer une urgence et une tension (Conscientiously escaping...) sans paraître désordonné ni emphatique. Un premier effort qui apporte une preuve de plus de la vitalité de la scène belge, qu'on apprécie de voir relayée par chez nous, et dont on espère encore beaucoup à l'avenir.
Le rock, en Belgique, se porte bien, on le sait. Guernica apporte encore de l'eau au moulin avec ce premier EP de 6 titres.
Cependant, plutôt que de choisir d'être le énième groupe sur les traces de dEUS, Guernica choisit les chemins de traverse pour aller visiter les grands espaces urbains des Etats-Unis d'Amérique.
La bande à Michael ira donc rendre visite à Pavement et à Interpol, réunissant le temps de ce Who are your songs for ? l'essentiel des uns et des autres dans ce qui pourrait, par instant, ramener le groupe vers des références post-rock que leur coquetterie leur interdit de revendiquer.
Pour rester dans l'idée de post-rock, démuni de texte, on citera "In de wolken", instrumental venant partager le disque en deux, composé de guitares qui semblent n'en faire qu'à leur tête jusqu'à la quasi-indigestion.
Pour le reste, le chant est là et bien là et le charisme de Michael est au rendez-vous, aussi à l'aise sur des titres lents dont la mélancolie n'est pas sans rappeler celle de Arab Strap (ndlr : merci Eric de cette remarque) comme sur "I cried the day Marlon Brando died" par ailleurs très proche de Pavement, que sur des titres plus rock comme "Far from sound". On retrouve ce côté faussement bancale des mélodies à la Pavement sur "This is the age of too much" sur lequel une belle maîtrise du son s'associe à un chaos sonore débordant d'une énergie communicative.
Mais le vrai tube de ce mini album est peut-être "Far from sound", synthèse parfaite de leurs influences, à la frontière de Interpol, Pavement ou encore Arcade Fire pour le côté foutraque et pour cette "joyeuse noirceur" qu'alimentent des guitares en roue libre au rythme saccadé et une scansion très en place.
Le dernier titre, quasi-épique, jusque dans la longueur de son nom et qui termine l'album, laisse une grande envie d'en écouter beaucoup plus. Pour l'heure, seule la touche repeat sera votre amie mais gageons que ce jeune groupe n'en restera pas là et à l'image de son chanteur ne manque pas d'ambitions.
Dès la petite présentation qui entoure cet EP, Guernica prévient de suite : il paraît qu'on ressemble à tel ou tel truc, en citant des noms du rock indé, noisy, d'un peu partout dans le monde occidental. Autant vous le dire, le Who Are Your Songs For ? du groupe bruxellois n'est ni à affilier avec les Pavement ou autres formations du genre, il est tout simplement excellent.
Parce qu'avant tout il est personnel. Ca sent à plein nez la démarche musicale originale, le bon rock audacieux, approprié, digéré, recraché. Avec une montée incessante vers le haut, depuis un I Wish I Was American plutôt posé, jusqu'au Conscientiously Escaping The Chains..., dont la qualité musicale est à l'échelle du titre complet de la chanson (c'est à dire très grande), en passant par l'instrumental aux guitares diaboliquement croisées In De Wolken, ce disque ne se différencie pas tant par la prod, par les sonorités de guitares, mais justement de la façon dont les quatre belges les ont réinventé, avec un mépris des barrières jouissif (This Is The Age Of Too Much part dans un crescendo de notes planant qui n'a plus rien à voir avec les références terre-à-terre infligées).
Difficile d'en dire plus sur ce premier six titres, déjà très abouti. Alors je n'en rajoute pas, je vous laisse aller gratter et découvrir un groupe qui remet les choses simples et franches à leur place.
Loin d’être aussi fou et décousu que l’œuvre de Picasso, le rock de Guernica s’avère plutôt sain et vigoureux. Malgré son enregistrement limité à quatre jours, cet album délivre un son net et bien ficelé, frisant habilement les frontières à la fois du hard rock et du post rock. Ici, les guitares s’affolent lourdement, manifestant la colère de métalleux. Là, elles s’élancent, soudainement poétiques et légères, vers des envolées instrumentales contemplatives. Le nerveux des Bloc Party flirte avec le crissant des Unwound et le céleste des Do Make Say Think. Mais le résultat n’est pas juste un compromis à la belge voué au tiraillement éternel. La formule s’énonce plutôt sous une forme naturelle et innovatrice, rappelant que la scène belge ne se cantonne pas aux couplets refrains ‘girl-hawaïens’. Plutôt dans la lignée des Blonde Redhead, la guitare est bien aiguisée (surtout sur le très ‘strokesien’ « This Is The Age Of Too Much »), parfois saturée, et le chant légèrement étouffé. De plus, l’instrumentation aérée permet de faire parler chaque musicien sans donner l’impression d’une lutte sans merci pour libérer du son. Mélodique et déterminé, « I wish I was American » détient toute l’énergie nécessaire pour un single et caractérisé par une batterie pleine de caractère et un crescendo jouissif, « Far from sound » le suit de près. Si d’autres titres sont moins surprenants, ce premier E.P. laisse en tout cas entrevoir le potentiel de quatre passionnés débridés. Précieux pour éveiller un brin de fierté envers ce plat pays en mal de patriotisme.
Ce n’est pas faute d’avoir dans les mains des moyens de parler du disque de nos quatre belges. Des vacances au pays basque non loin de Guernica et l’almanach de Desproges et ses 52 définitions du tableau de Picasso. Sorti il y a déjà plus d’un an outre Quiévrain (la période ORTF a laissé des traces dans nos esprits) nous devons le bonheur d’écouter ce disque aux oreilles expertes du label Greed recordings, label qui se fait un devoir de rendre à la guitare la place de numéro un dans la musique pop rock. Guernica est donc un quatuor qui se présente comme le pire des boys band en photo, et qui sur disque fait une jonction entre le Sebadoh le plus direct, le plus électrique, le Sonic Youth de la washing machine (album injustement laissé de côté) et enfin celles en spirales de GYBE à Mogwaï ou même des Pixies ou Breeders (in de wolken) le tout portant un chant qui oscille entre effacement de circonstance, et ironie furieuse mais jamais vulgaire. A l’image de la pochette du disque, sorte de clin d’œil à la toile du maître, la musique de Guernica est explosée autour d’un sens pour la peinture, mais ici d’une ligne mélodique pour la musique. Entre avoir pleuré le jour de la mort de Marlon Brando, le fait de vouloir être un compatriote de John Mc Cain, Guernica fait acte de civilité tout en nous mettant en garde contre tous nos a priori et nos jugements tous faits. En brouillant les pistes à grand coup de guitares intelligentes, quatre Belges viennent de bouleverser une fois de plus l’échiquier diplomatique du rock indépendant, le vrai.
Le 6 titres débute sur une indie-pop tout en beauté, avec ses guitares en arpèges qui se croisent, son chant posé, et ses vagues dérives noisy. Avec ce premier titre, sans doute l'un des plus pop, les quatre gars de la banlieue de Bruxelles nous rappellent un peu certains travaux de Hood. Mais en général, c'est plus souvent Pavement qui vient à l'esprit. Oh oui, cette voix vaguement distante, ces montées noisy, cette pop bien remontée, ces mélodies sinueuses, c'est sûr il y a du Pavement là-dedans ("i cried the day marlon brando died" par exemple). Il parait que le chanteur-guitariste n'aime pas Pavement, c'est ce qu'il écrit dans la bio qui accompagne le disque. Dommage car c'est la référence la plus visible pour moi (mais moi, j'aimais bien Pavement!). Bon, c'est vrai que plus on s'enfonce dans l'album, plus les guitares s'aiguisent, plus la pop laisse la place à son côté noisy… toujours autant d'arpèges, de notes qui se croisent et se percutent, mais avec plus de force et d'énergie. C'est sans doute pour ça que certains les comparent à Unwound ou Fugazi ? Mais ce serait la version des beaux quartiers alors, parce que l'école punk ou post-punk a complètement disparue. Donc c'est vrai que derrière leur aspect bien peignés, bien soignés, les gars de Guernica savent aussi déboutonner la chemise, avec quelques bons passages noisy, tout en tension, mais les guitares cristallines et les mélodies aigre-douces restent tout du long la clé de voûte de ce disque. Et si je reste sceptique sur le côté trop bien éduqué des Belges (j'espère que la photo d'eux à l'intérieur du boîtier est une blague !!! Parce qu'on croirait un boys band !!!), il est évident que les guitares, et certaines mélodies ont de quoi retenir l'attention.
[mg]
This Belgian band mixes indie melody and harmonies with more drone-y, angular guitar work, which makes "Who Are Your Songs For?" both accessible and challenging.
"In De Wolken" shimmers with a jagged, Gang of Four-ish rhythm; "This is The Age of Too Much" slogs along at Pavement speed, while the tongue in cheek "I Wish I Was American" is the most straight ahead indie tune of the six track EP.
There is even an attempt to stretch out even more. The final song, "Conscientiously Escaping The Chains Of Western Civilization I Am What You Could Call A Postmodern Houdini" doesn't quite live up to its great title, but is still a powerful, at times daring, piece that plays with traditional rock forms and tries to escape from them.
Guernica are one of those bands that at first spin sound like too many other bands but, in each song, drop melodic ideas that keep you listening. Then you hear what original meat they have to offer. "Who Are Your Songs For?" has passion and purpose, and at times asks a lot of the band as well as the listener. They have made a record worthy of such an obvious investment of thought and sweat.
Premier coup d'œil sur le cd, et ce qui frappe d'abord, c'est la pochette, très belle, reprenant des dessins à la Picasso, donnant dès le début une bonne impression.
Impression confirmée lors de l'écoute, où les six morceaux (pour un total de 26 minutes) font mouche. Jouant une pop raffinée et douce, à l'instar de leur compatriote de Girls In Hawaï, les Guernica ont le sens de la mélodie qui s'initie doucement dans votre tête. Ca commence par le léger et aérien "I Wish American" et ses paroles un brin second degré, quelques saturations sur la fin laissent penser que le groupe apprécie le noise rock. Impression confirmée sur la fin de "Far From Sound", titre sonnant post-punk anglais, un brin revival donc, Interpol et compagnie ne sont pas loin. "In de Wolken" se la joue instrumental, toute guitares en avant au son très Curien, mais sans oublier des passages plus saturés et saccadés. Le doux et ironique "I Cried The Day Marlon Brando Died" sonne un peu comme du Joy Division en moins drogué, pour un final plus enjoué et lumineux. L'album se clôture sur le très délicat "Conscientiously Escaping…", débutant par une voix posée, accompagnée de guitares cristallines distillant de doux arpèges, pour un final en apothéose où les instruments s'emballent dans une douce gaieté noisy orchestrée de mains de maître.
Une agréable surprise, pleine de fraicheur que ce premier album. Sonnant très anglais, Guernica rappelle les meilleurs moments de la musique anglaise des années 70 à 80. Réunissant la douce ironie et la classe d'un Morrissey et la mélancolie de Joy Division et des Cure le tout sur des sonorités post-punk et pop. Un mini cd parfait pour débuter l'année de bonne humeur.
Si vous aimez : Sonic Youth, Bloc Party, Circa Survive...
Ben voilà, je viens de me prendre une grosse baffe. Moi qui pensais que le post-rock avait disparu après les années 70-80 et que l'Indie Rock se résumait maintenant à The Dodoz, je peux vous dire qu'avec les quatre belges de Guernica, on retrouve vite du baume au coeur. J'étais habitué à recevoir de la Belgique ses frittes-friacandelles sauce bonsaï et sa bière blanche, maintenant je sais que nos voisins peuvent produire autre chose qui monte à la tête ou qui vous fait prendre 20 kg en un weekend.On a à faire ici à un rock indé bien ficelé, sans jamais de perte de souffle (I wish I was american), parfois tiré aux limites du post-rock avec ses expérimentations diverses et variées (I cried the day Marlon Brando Died), avec une voix typée pour le genre, tantôt parlée tantôt posée délicatement en chant clair sur une guitare axée aïgus et médiums. Les arrangements musicaux sont très efficaces et n'étouffent jamais le son des instruments. La production laisse respirer le mélange, typé et avec son caractère indé sans prétentions. Une belle découverte.
action dead mouse : revenge of doormats and coasters (2009)
Les petites flèches tournantes imprimés sur la pochette et derrière l'emplacement du CD ne sont pas là par pur hasard. Elles sont même une indication de ce à quoi Action Dead Mouse est prêt à faire endurer à nos conduits auditifs : des idées à foison, des structures échevelées, d'intenses bouillonnements sont au rendez-vous. Pour faire court, le quatuor est l'exact opposé d'une soupe pop mal réchauffée, mièvre à l'excès et tendrement sirupeuse.C'est plutôt sur les terrains tourmentés (trop, diront certains) du post-rock et du math-rock qu'il faut chercher Action Dead Mouse. Plus précisément dans les parages de leurs compatriotes d'Aucan, l'aspect électronique en moins, ou en pleine continuité des références que sont Battles et Don Caballero. Et pourquoi pas dans celle de Mogwaï lors de leurs flamboyantes excursions ou de Fordilem à l'apparition de cuivres sur les titres de cet album. Mais c'est que Action Dead Mouse ne se laisse pas encarter si facilement puisqu'il confère à ses compos (on y revient !) l'aspect de la pop, le goût de la pop et l'odeur de la pop sans qu'il en s'agisse par l'intermédiaire de subtils arrangements, d'une couleur pastelle donnée à l'ensemble par la production alors que le chant reste anecdotique. Architecte d'un labyrinthe pharaonique (où l'on risque de se perdre si l'on est mal accompagné) et secondé par plusieurs invités (aux cuivres et cordes), Action Dead Mouse signe un dédale d'effluves successivement hypnotiques, lyriques ou contemplatrices, mais toujours millimétrées, au milieu desquelles s'immiscent tendresse ("Room 121"), grandiloquence ("Tom Cruise told me Dan Savio is not dead") ou encore une fièvre d'une rare intensité (les extrémités de "Consequences glasses : 3$ a pair !").
Poursuivant sa croisière vers l'étrange jusque dans l'appellation de ses morceaux ("Concerto for one hand clapping" en est le plus bel exemple), Action Dead Mouse donnera peut-être le tournis aux néophytes mais devrait convaincre les amateurs de musique cérébrale, voire même magistrale dans le cas présent.
Ils n’en font pas mystère : les Italiens de Action Dead Mouse cherchent à s’approcher du son Constellation. Et leurs compositions sont pleine d’un souffle épique, d’un esprit de liberté qui est bien celui que l’on trouve généralement sur les productions de l’excellent label montrealais (Fly Pan Am, Godspeed You Black Emperor, Do Make Say Think, etc.).
"Revenge of DooRmats and Coasters" les voit pratiquer un rock tendu, incisif, rempli de dynamiques... Tempétueuse et savante, voilà une musique sur le fil du rasoir, qui se plait à entrelacer les couches d’instruments pour notre plus grand bonheur... Gorgé de guitares tranchantes, ce math-rock n’oublie pas que quelques grammes de finesse font souvent la différence dans un monde de brutes.
****
Ayant parlé de « Du surréalisme un rien bestial » pour le premier LP du groupe, j’ai dû me résoudre à reprendre le travail pour écouter ce disque, ma maison étant habité depuis peu, par un être fait de douceur de gentillesse, de grâce, mais aussi d’une ouïe fine rétrécissant sensiblement les nuits de ses parents.
Mais l’idée était elle bonne, car reprendre le travail après six semaines, avec comme bande son une probable déflagration sonore et nerveuse. La simple vue de mes collègues pouvait me hérisser le poil, comme si je triplait d’un coup d’un seul ma caféine sonore, le pire était à craindre.
Déjà sous ces stridences, ses répétitions diluviennes, ses manifestations d’une énergie en surabondance, se cachent des rondeurs, des gros nounours sympathiques. Quand les violons sonnent les cavalcades, ce sera la basse qui proposera une pause câline. Quand les voix décideront de manifester leur existence, c’est une guitare tout en relâchement, mais aussi en précaution quasi parentale, qui veillera au grain pour ne pas réveiller le monstre. Quand ces mêmes guitares se prendront pour Gaudi, là on laissera nos oreilles rêver.
Ensuite, et surtout, ce qui fascine c’est cette façon de rendre le math rock digeste, de lui retirer sa lactose possible, de lui déboucher soigneusement le nez pour qu’il respire le grand air, qu’il sorte de sa pièce étriquée, et de le recouvrir d’une turbulette de douceur. Ceux qui trouvent cette étiquette musicale tout juste bonne à faire les soldes devraient revoir leur jugement, le math rock est à un virage, il se nomme « Revenge Of Doormats And Coasters »
Pour finir, alors que Goodspeed semble parti dans une autre constellation pour y exploser comme une super nova, Action Dead Mouse reprend le flambeau, avec un semblant d’onirisme, un brin d’humour et un sens de l’épopée caractérisé par un « Dancing Paper Solo » qui fera date.
Jamais extravagant, toujours juste dans ses choix, Action Dead Mouse signe un monstre gentil, un disque gardant ses griffes, tout en laissant entrevoir un œil légèrement humide et des envies de gambader à se rouler dans l’herbe. On ne croise pas souvent ce genre de disque, qui en choisissant l’adversité parvient à donner à tout le monde l’envie d’aimer. Quel bel été 2009.
Le quatuor italien Action Dead Mouse arrive avec son nouvel album Revenge Of Doormats And Coasters sur le label Greed Recording, qui accueille notamment Guernica et Cornflakes Heroes.
Les Action Dead Mouse mélangent avec goût un son et une culture post-rock, des titres à rallonges pour tout un tas de morceaux instrumentaux ou peu bavards, en y incorporant un jeu de guitare tendue qui rappelle Foals, en plus abrupt. Ils rajoutent au mélange des rythmiques complexes, hypnotiques et saccadées, non sans rapport avec les ahuris géniaux de Battles. Certains trouveront une filiation avec Shellac ou encore Mogwaï.
Il n’y a pas de tube particulier à mettre en avant, l’album est à savourer tout entier. Comme sa construction en couches de samples y invite, chaque écoute apporte son lot de découvertes et donne souvent l’envie irrépressible d’effleurer la touche replay.
Recommandé !Curieux sons que ceux proposés par les Italiens d'Action Dead Mouse. Ce deuxième album fait suite à "Pets and Nerds Attack Planet Earth" sorti en 2007. J'ai eu un peu peur lorsqu'on me les a présentés comme un groupe de "Math" : je m'attendais à des rythmiques et des arrangements purement arithmétiques et sans logique aucune. Ce n'est pas le cas et je dois dire que le post-rock de ce combo n'est pas mal fait même si un tantinet répétitif.
Côté du rythme, la batterie semble nerveuse et infatigable. Les guitares sont très propres et font l'objet de nombreux samples. Le groupe insiste sur la redondance des thèmes, ce qui a tendance à lasser. Il y a des instrumentistes en guest pour les violons et les cuivres notamment. Malheureusement, ils sont parfois perdus au loin dans le mix alors que justement ils apportent une contribution originale à l'ensemble.
Hermétique, aseptique, froid ? Peut-être un petit peu de tout ça, mais pas déplaisant pour autant si c'est dosé. Rien ne dérange, pas de dissonances, pas de fautes de goût, mais à réserver à un public branché et averti. Si l'album est principalement instrumental, il y a parfois quelques interventions vocales dont certaines me font penser au ton torturé d'Arcade Fire. Curieux lorsqu'on sait que ces deux groupes n'ont pas grand-chose en commun.
Avec Action Dead Mouse on évolue dans l'art rock et dans un concept aussi bien visuel que musical. L'album pourra nécessiter plusieurs écoutes avant de passer, mais malgré les répétitions, il n'est cependant pas dénué d'intérêt. Parmi les morceaux les plus intéressants, citons "Consequences Glasses : 3$ a pair!" (en tout cas les titres ce n'est pas leur fort) qui est un condensé de tout ce que fait le groupe en fait.
Action Dead Mouse est un quatuor italien. Après un premier album paru en 2007 (Pets and nerds attack planet Earth, Greed recordings), paraît aujourd'hui Revenge of Doormats and Coasters (Greed recordings encore), véritable leçon de math-rock.
Le math-rock est un genre indistinct. Certainement le nom lui-même vient-il d'une boutade : il se serait initialement agi de se moquer de la complexité de structures rythmiques qui, au 4:4 traditionnel aurait préféré d'aberrants 7:8 ou 11:8, les compositions ainsi construites gagnant une certaine abstraction, une aridité mathématique et une dissonance qui les éloignaient assez sûrement du commun des oreilles. Pour autant, le math-rock peut prendre des allures assez diverses : de l'électro bidouillage de Battles aux hurleries enfiévrées de Hella en passant par la puissance heavy-jazzy d'un Rumah Sakit. Action Dead Mouse, sans rien renier de la complexité des structures (rythmiques atypiques et changeantes, composition "à tiroir", absence de refrains, de couplets et même, souvent, de paroles), s'inscrirait plutôt dans la veine la plus "écoutable" du genre. Ici point de dissonances, point de fascination pour l'abstraction sonore ou la répétition à outrance.
Autre figure de style imposée du math-rock : l'humour. Jeux de mots, références plus ou moins confidentielles, images absurdes... Les formations prennent souvent un malin plaisir à donner des appellations caustiques à leurs morceaux. Certainement parce que, souvent majoritairement instrumentales, elles doivent trouver à exprimer et / ou évoquer beaucoup de choses dans les quelques mots d'un titre. On pourrait sans peine multiplier les exemples : "Careful with that fax machine" (Rumah Sakit), Sucre ma bête ou Dimanchemartin (Sincabeza), "In the absence of strong evidence, to the contrary, one may step out of the way of the charging bull" (Don Caballero)... Là encore, Action Dead Mouse s'en tire honorablement avec des titres comme "Concerto for one hand clapping" ou "2nd world warhol".
Longueur des morceaux (près de onze minutes pour "Incrediblecrazyranetotale") ; pistes exclusivement ou majoritairement instrumentales, répétitions et patientes montées en puissance ; paroles rares, concises, vaguement évocatrices ("I've never felt so pop before") et tenues en place secondaire ; name-dropping ("Tom Cruise told me Dan Savio is not dead", proclame le titre d'ouverture de l'album) ; introduction d'instruments inattendus (l'utilisation très rock du violon mais aussi de cuivres discrets sur quelques pistes) ; proximité au post-rock, autre genre indistinct... Action Dead Mouse réalise ainsi l'intégralité du cahier des charges.
Mais le véritable tour de force est celui-là : avec ses allures de parfaite et appliquée formation math-rock, Action Dead Mouse parvient à faire émerger une authentique et réjouissante personnalité, loin de l'élève exemplaire et besogneux que l'on pourrait craindre.
L'album se présente comme "un conte sur le sens, l'ineptie, être nerd et la vengeance". Tout un programme. C'est surtout une excellente heure de musique, jamais ennuyeuse, inventive, réjouissante, accessible, qui évite les tics faciles de la violence et du fracas ou du jusqu'au-boutisme.
On reproche souvent au math-rock sont inaccessibilité, on se désole souvent de devoir conclure ses chroniques en en réservant les nouveautés aux seuls amateurs avertis. On sera heureux, pour une fois, d'en conseiller un disque au plus grand nombre. Revenge of Doormats and Coasters, c'est tout simplement le plus démocratique du math-rock, à défaut d'être le plus extrême ou le moins supportable – ce qui ne veut certainement pas dire : le plus fade. Il y a là une certaine intelligence de la modération. Action Dead Mouse, math-rock pour tous !
Cedric Chort
Le label Greed Recordings m'avait fait découvrir ce groupe italien avec son premier album, "Pets and nerds attack Planet Earth", inégal mais plaisant. Depuis, même si la France semble toujours avoir du mal à retenir leur nom, ces Bolognais, sont passés jouer par chez nous, et reviennent avec un second album tout aussi riche que le premier. Partisan d'un indie rock complexe et émotionnel, Action Dead Mouse aime brouiller les pistes sans pour autant radicaliser son propos. Si le label cite l'école math-rock,de Battles à Don Caballero, c'est sans doute parce que les italiens lui empruntent l'utilisation de boucles et de structures à tiroirs souvent instrumentales. Mais la comparaison s'arrête souvent là. Action Dead Mouse se veut plus émotionnel, guitare claire, trompette et violon à l'appui. Les quelques apparitions de trompette fonctionnent d'ailleurs à merveille. Parfois quelques vocaux tendus rapprochent le groupe d'une scène emo (du moins ce que ce terme signifiait dans les 90s). Et si ADM joue la carte de la répétition, il n'oublie pas une certaine approche mélodique, quelques ambiances très post-rock, ou quelques déluges plus noisy. Contrairement à beaucoup de leurs contemporains, ADM s'évertuent au final à faire survivre une vision plus émotionnelle, et plus ouverte, des musiques noisy. Et si l'auditeur pourra décrocher à quelques occasions, il devrait se retrouver dans ce mélange sucré / salé qui sait être du plus bel effet.
[mg]
L'auditeur un tant soit peu défricheur
n'étant pas sans savoir que
le label Greed Recordings est l'auteur de nombreuses sorties
significatives, on ne s'étonnera guère de
trouver, en ce nouvel album
des Italiens d'Action Dead Mouse, une
pièce de choix.
Sur ce disque en effet, on erre entre math-rock et post-rock aux motifs
obsédants et à l'ambiance prenante, changeante
dans ses humeurs. En
outre, un violon et d'autres instruments à cordes, de
même qu'une
trompette, viennent donner à Revenge of
doormats and coasters une coloration inédite (2nd
world warhol).
On pense aux parisiens de Warehouse pour le côté
indomptable, même si
la formation de David Alderman évolue dans un registre plus
noise, et
les plans math doublés de plages sereines assez post
captivent tout en
se voulant résolument vifs et en certaines occasions
vocalement rageurs
(Concerto for one hand clapping).
De plus, le groupe parvient à
séduire sur la longueur, les morceaux
dépassant souvent les cinq minutes, sans lasser, ceci du
fait d'une
inventivité constante et d'une variété
indéniable. Sur Dancing paper solo,
une jolie alternance vocale se fait entendre et l'on remarque que tous
les titres sont dotés d'un pouvoir d'attraction important.
Et sur les
formats très courts (Another sad messiah pt. I:
last night I thought about motivations),
l'allant d'Action Dead Mouse et son énergie
conjuguée à une certaine
sensibilité séduisent aussi facilement. L'instant
d'après, on excède
les dix minutes (Incredibilecrazyranetotale) sans
que nous puissions manifester le moindre signe d'ennui tant les climats
développés s'avèrent
envoûtants.
Aucune faute de goût ne vient donc ternir le tableau et celui-ci s'accompagne, c'est un atout, d'une instrumentation étoffé sans être excessive, ce qui au final nous donne un sacré bon disque, un de plus à l'actif du label, qui pourrait venir bousculer la hiérarchie math en dépit d'une démarche complètement individuelle et ne s'en tenant pas au format de départ du genre.
La rentrée sera instrumentale ou ne serra pas. Sortez vos livres et entamons le premier chapitre. Le sujet du jour, les italiens de Action Dead Mouse et leur deuxième album, Revenge of doormats and coasters.
Les Action Dead Mouse, ce sont donc quatre italiens, Luca,Michele, Filippo et Emanuele qui n’ont jamais pu choisir entre les guitares et les sampleurs … Ils sont à l’origine d’une musique à la fois nerveuse et contenue qui s’inscrit dans la ligné des plus grand groupes de Math Rock. On sent d’ailleurs nettement l’influence de groupes tels que Don Caballero ou celle de Battles dans leurs compositions.
“Tom Cruise told me Dan Savio is not dead” est une excellente introduction à cet univers sous pression qui est le leur. C’est un titre à la fois planant et noisy, composé de guitares un peu sales, d’une batterie au ton sec et de map de violon qui situent l’ensemble aux environs de Nashville. Les accords martelés par le sampler semblent gronder d’envie de voir monter le volume et c’est finalement un peu ça le principe. A la manière du Dub le son va monter de fil en aiguille et atteindre une apogée sonore pour redescendre et recommencer.
Dans l’ensemble ce que je vais dire s’applique à tous les bon disques de Math Rock. Cette musique correspond à une volonté de casser les structures établies par une musique finalement très métrique … et oui le rock est une musique métrique (couplet refrain, belotte et rebelotte) … Elle joue sur une rythmique syncopé à la limite du jazz et elle brise justement le fameux, couplet refrain couplet, si facile à assimiler. Une intélectualisation qui risque de rebuter les moins curieux d’entre nous, quant aux autres si vous aimez le free-jazz ou le rock dans l’esprit de At the Drive In vous serrez servis !
Most of you out there will probably guess from the name of this band that they aren't playing music that sounds even remotely similar to Michael Jackson or Taylor Swift (heh heh heh...). This is the second full-length release from Italy's Action Dead Mouse...and it's a peculiar spin indeed. The first thing that caught our attention about this release is that on the inside insert the band introduces themselves by saying that "semi-instrumental bands lyrics need little space to be written..." and they then proceed to prove this by including all the lyrics to this album (of which there aren't many)...on a tiny 4 inch by 4 inch sheet of paper. Accordingly and as you can guess, most of the music on the strangely-titled Revenge of Doormats and Coasters is instrumental. To be even more precise, these are guitar instrumentals...somewhat math-rock-ish in nature...but definitely driven by rhythms that inspire movement. Some of the pieces involve violas and trumpets, some were recorded with a more straightforward rock sound. It would be hard to categorize this music in one specific genre...so we just opted to describe it as progressive pop. Plenty of good, obtuse cuts here including "Tom Cruise Told Me Dan Savio Is Not Dead," "Room 121," and "Another Sad Messiah Pt. 1." Strange and puzzling stuff...! (Rating: 4+++++)
La Vie d'Un Chroniqueur, par Georgio Filippo Del Palem.
Etape n°1 : Le chroniqueur est chroniqueur. Il travaille pour un webzine de qualité et écrit les plus belles chroniques qu'il peut, de sa belle plume de chroniqueur. Bénévole. Parce que faut pas déconner.
Etape n°2 : Le chroniqueur reçoit un CD chez lui. Comme souvent dans la semaine. Gloire.
Etape n°3 : Le chroniqueur ouvre l'enveloppe. A l'intérieur : le dernier disque de Action Dead Mouse : Revenge Of Doormats And Coasters. Le chroniqueur ne connaît pas du tout, même de nom. Curieux, il fouille dans le dossier de presse accompagnant le CD. Le papier décrit le quatuor comme un superbe penchant italien inventif aux ricains de la scène math-rock. Différents groupes sont cités à cet effet. Le chroniqueur sourit. La maison de disque savait très bien à qui envoyer ce type d'album. Hasard ou effet voulu ?
Etape n°4 : Le chroniqueur écoute le disque. Une fois. Comme ça, pour vérifier. Puis deux. Puis trois. Les onze titres du disque passent en boucle au bout de quelques jours. Sourire extatique. Quelques mélodies restent en tête très longtemps, même une fois la porte de l'appartement claquée et les pieds mis dans une bouche de métro.
Etape n°5 : Le chroniqueur, décidé, rédige sa chronique. Il ne sait pas où commencer : Revenge Of Doormats And Coasters est un beau labyrinthe où le mieux à faire, c'est se perdre. Il pense aux Battles, certes, mais de loin. Il pense parfois à quelques envolées post-rock, façon Rome Buyce Night (25 Hours In A Day). Il pense beaucoup à Mrs Chan // Mr Chow // Miss (o), pour les violons traîtres et prenant à la gorge (2nd World Warhol, Room 121). Il pense aux guitares de Shellac et aux voix de Fordamage (Another Sad Messiah Pt.1...). Ca claque sous les tympans, ça fusionne en tous sens, ça tourne et ça tourne, ça rebondit, s'arrête, le tout sans la moindre nausée et avec la sensation d'être emporté, emmené, pris par la main, poussé, catapulté.
Etape n°6 : Le chroniqueur est content. Il va pouvoir, avec ses faibles mais hargneux moyens, filer un coup de pouce à un groupe qui transcende les codes du math et du post. Au point de les faire passer pour des institutions ringardes. Même après sa chronique, le chroniqueur continuera d'écouter Action Dead Mouse. Ses fins du monde minimalistes (Incredibilecrazyranetotale). Ses envolées cinématographiques puissantes (Concerto For One Hand Clapping).



