Débats autour de l'ACT et de la TCR/RFT PDF Imprimer Envoyer

Tout le monde n'est pas d'accord pour dire que l'ACT représente un progrès en matière de pratique clinique ni pour dire que la Théorie des Cadres Relationnels apporte vraiment du nouveau dans notre compréhension de la cognition. Ici vous trouverez les références des articles des principaux critiques de l'ACt et de la TCR/RFT ainis que les répionses qui ont pu y être apportées. Les articles librement téléchargeables sont indiqués par la mention (téléchargeable) en violet et disponibles en cliquant sur le titre. Les autres articles sont téléchargeables pour les membres de l'ACBS, que nous vous encourageons à rejoindre.

ACT, critique et éthique scientifique

écrit par Steven C. Hayes le 9 septembre 2009

Certaines critiques et méta-analyses de l’ACT concluent qu’elle n’est ‘pas plus efficace’ que les autres thérapies empiriquement validées. Leurs auteurs semblent considérer qu’un tel verdict veut dire qu’il n’y a aucune raison d’adopter l’ACT. Mais cela veut aussi dire qu’il n’y a pas aucune raison de ne pas l’adopter…

La communauté de chercheurs ACT/TCR est basée sur une éthique très importante. Toutes les critiques rationnelles seront prises en compte sérieusement ; nos critiques écoutés avec attention et courtoisie et invités à s’exprimer à nos congrès ; et nous leur répondrons rationnellement et publiquement. Jusqu’à présent, cela a toujours été le cas. à ce jour nous avons répondu à chacun.

Je ne veux bien sûr pas dire par là que tous nos critiques ont tort et auront toujours tort. Parfois les discussions, par exemple sur les méta-analyses, peuvent sembler un peu obscures au lecteurs qui ne sont ni chercheurs ni statisticiens. Mais nous prenons la science sérieusement et la bonne science veut que les critiques fassent l’objet de considération et de réponses détaillées et argumentées. Parfois les corrections que nous apportons à ces articles critiques ne ‘changent rien au résultat’, comme on nous l’a fait remarquer. Parfois, comme dans la réponse à la méta-analyse de Powers (2009), nous proposons même des corrections qui compte 'au détriment' de l’ACT et font, qu’après cette correction - et les autres que nous apportons - la taille d’effet de l’ACT passe d’importante à moyenne. Là n’est pas la question. Nous développons et soutenons l’ACT mais pas de manière partisane. Nous sommes partisans de la bonne science, de nous laisser guider par les données ; d’examiner nos postulats ; de clarifier notre stratégie de développement – tout ça au service des vies de ceux et celles que nous servons.

Le but n’est pas d’arriver à une conclusion comme à un score en fin de match. C’est un voyage que nous avons entrepris. Il n’y aura pas de score final. Nous disparaitrons tous et notre travail, sous cette forme particulière, disparaitra aussi. Mais le travail ça n’est rien de tout cela. L’enjeu c’est l’évolution culturelle de l’humanité. Nous essayons d’apprendre à vivre avec nous-mêmes et les uns et les unes avec les autres. Jusqu’ici, en tant qu’espèce, nous n’avons pas brillé. Des guerres aux addictions en passant par la discrimination et le suicide, nous ne brillons pas en tant que société humaine. Et si – et simplement si - la science comportementale pouvait contribuer à changer cela ? Cela n’arrivera pas si nous nous endormons, ni si nous nous coulons dans le moule aux seules fins d’obtenir des financements de recherche et de refaire toujours les mêmes études, toujours de la même manière.

Des choses aussi ‘simples’ qu’une lettre à l’éditeur d’un journal scientifique répondant à un article critique ou à une méta-analyse prennent un temps fou. Pour la réponse à Powers (2009) Mike Levin a dû réanalyser toutes les données et apprendre un nouveau logiciel statistique. Nous avons trouvé des erreurs dans leurs feuilles de calcul qu’ils n’avaient pas repérées. Tout ça pour une réponse sous forme de lettre d’une page (Levin 2009). Pour la réponse à Öst (2009) Brendan Gaudiano a contacté les promoteurs de chacune des études citées et ré-éxaminé toutes les données (Gaudiano 2009). C’est un énorme travail et qui n’est possible qu’avec l’appui de notre communauté de recherche. Personne ne peut le faire seul. Tout ça pour voir si ce que ces personnes ont affirmé était bien comme il l’affirmait. Au final, nos critiques ont adopté la position que nos corrections justifiées et qu’ils ont reconnues comme vraies ne changeaient pas leur conclusions...

Nous faisons tout cela car il en va de notre conception de la science. Nous n’utilisons pas d’arguments d’autorité, de tradition, ou d’expérience professionnelle. Les traditions non-empiriques n’ont pas ces principes, mais les traditions empiriques se doivent de les incarner, ou nous en payerons tous le prix. Il est important que toute critique raisonnable fasse l’objet d’une réponse considérée.

Ces arguties autour de chiffres et de résultats n’ont pas une énorme importance. Nos analyses montrent que l’ACT est plus efficace, les analyses de nos critiques qu’elle est au moins aussi efficace. Nous avons donc franchi la premier obstacle et les gens peuvent à présent se dire « c’est au moins aussi efficace que les autres thérapies qui marchent » et se focaliser sur d’autres choses, comme l’étendue impressionnante des problèmes que l’ACT peut traiter sur la base d’un modèle unique, sa facilité d’apprentissage et sa flexibilité d’utilisation, ou encore l’écho et l’importance que le modèle a dans la vie personnelle des cliniciens). Mais il nous reste un obstacle à franchir : des cliniciens dans le monde entier se voient encore dire qu’ils ne peuvent utiliser l’ACT car elle manque de preuves empiriques. Est-ce ce que disent les données ? Quand on les examine de près la réponse est non. Les données empiriques disent que l’ACT marche. Mais nous ne menons pas ce combat pour prouver que ça marche, mais pour étudier si ça marche et comment, et pour partager notre vision du développement de la science clinique. C’est pour cela que nous nous devons de ne pas accepter aveuglément ce que nos critiques avancent, et aussi pour cela que nous nous devons de les prendre très au sérieux et de leur répondre point par point. C’est important. Et, lentement, ça devient important pour la vie des gens.

(traduit et adpaté par Benjamin Schoendorff)

Méta-analyses et articles de débat critique autour de l'ACT :

Débat critique autour de la TCR/RFT :

 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

Copyright © 2018 Faire face à la souffrance. Tous droits réservés.
Joomla! est un logiciel libre sous licence GNU/GPL.

visiteurs

 

La Thérapie d'Acceptation et d'Engagement, Guide Clinique

Assistez à la prochaine conférence ACT Internationale